mercredi 27 avril 2011

Chapelier fou "darling, darling, darling"

Une découverte totale de la révélation du Printemps de Bourges 2008 : 
une rencontre mélodique entre electro et post classicisme évoquant Wax Tailor et Yann Tiersen Louis Warynski est un musicien de 24 ans qui a commencé le violon à l'âge de six ans. Après avoir fait le conservatoire de Metz et une fac en musicologie, il est aujourd'hui malgré son jeune âge professeur de musique. Louis a joué dans plusieurs groupes, souvent en tant que violoniste, avant de découvrir au lycée la musique sur ordinateur. Influencé par l'électro allemande de groupe tels To Rococo Rot ou Kraftwerk, il se passionne alors très vite pour le sampling et le collage. Il compose une multitude de morceaux constitués presque exclusivement de samples piochant allègrement dans le répertoire classique du vingtième siècle (Debussy, Ravel, Stravinsky, Bartok...), dans le vieux jazz, mais aussi dans les musiques du monde entier. C'est en samplant des enregistrements d'Alice au Pays des Merveilles qu'il emprunte le pseudonyme de Chapelier Fou. Ne désirant pas entrer dans la catégorie des artistes qui appuient sur la barre espace de leur ordinateur pour lancer un morceau et qui ensuite tournent des boutons, Louis a du trouver une solution alternative. Sur scène il boucle ses instruments (violon, mandoline, guitare et claviers) en direct et séquence ses morceaux à la main, sur le vif, avec une machine qu'il a fabriqué à cet effet. Sacré découverte electro du Printemps de Bourges 2008, la formule fait mouche. Ce processus a depuis influencé sa méthode de composition. A mi-chemin entre Pierrot lunaire et savant fantaisiste, Chapelier Fou invente des formes nouvelles à partir d'un matériau tout en sensibilité. A renfort de violons, ordinateurs et claviers, ce solitaire mêle avec habilité electro et post classicisme et crée des ambiances propices à la rêverie évoquant autant Wax Tailor que Yann Tiersen. 


artiste - 3C Tour - Chapelier Fou




Impossible de résumer Chapelier Fou par le seul chapeau feutre qu’il porte sur scène puisque ce jeune homme est la définition même d’une tête à chapeaux. Avec pour seuls bagages de départ un parcours classique en tant que violoniste au conservatoire, Louis Warynski comprend rapidement que la musique offre des possibilités infinies lorsque l’on s’aventure dans les métissages. Ainsi familier avec la « théorie », il n’a plus qu’à tenter les expériences et venir picorer dans le rock et se goinfrer d’électro. Le voici donc artisan d’une potion dont lui seul a le secret, entouré d’un ordinateur, un séquenceur maison, un clavier, une guitare et… un violon soigneusement installé dans son étui, prêt à bondir. Autant de fioles et tubes à essais, pour que le pseudonyme emprunté à Lewis Carroll prenne tout son sens et que l’artiste puisse offrir ses déclamations de poésie insensée.
Avec cette foultitude de matériel, le français revisite les travaux manuels comme ceux auxquels on est habitué petit. Il bidouille ses samples, les menuise, les agence, les ajuste, les malmène… Fait des collages et des montages qui empilent les rebondissements pour entretenir des contes passionnants et virevoltants. Le chapelier ne manque pas d’ingrédients entraînés par son aisance à manipuler les textures et les volumes, portant tour à tour électro et classique sur son chef. Ajustés à chaque fois au millimètre. Les essayages s’enchaînent du beat décharné à la zébrure ultime de violon pour que chaque morceau donne place à une rencontre unique : le bourdonnement cyclothymique de « Trèfle » croisant une myriade de pizzicati, la mélodie Nintendo soupe au lait de « Superstitions » cabossé, ou encore l’orage électronique spasmodique cajolant les pleurs de son instrument fétiche le temps d’un « Capitaine Fracasse » effusif et efficace. Et pour ce qui est du rythme et de la dynamique, le messin dessine autant d’entrelacs et de syncopes pour ponctuer ces morceaux dont les sens se voient alors décuplés.
Virtuose des affiliations en tout genre, le violoniste dépose bel et bien une musique riche dans chacun de ses tours de passe-passe. Les ficelles qu’il tient sont d’or mais elles le sont d’autant plus grâce à son sens aiguisé de la composition. Que le chapelier fasse ses collages en analogique ou en numérique, avec une ou plusieurs pistes, le résultat est à chaque fois le même. Ca nous explose à la gueule, s’empare de nos sens qui sont autant triturés qu’un de ses samples perdus dans ce travail de composition hors pair. L’artiste n’officie pas dans le fouillis mais dans une recherche inspirée, transcendée, qui conduit à un travail d’une clarté et d’une intelligence remarquables. Qu’il soit courbé sur son ordinateur ou en train de plier durant une étreinte avec son violon, on s’émeut d’autant d’humanité dans cette électronique de haute volée
Avec dix shillings et six pences (étiquette laissée sur le chapeau du personnage Carroll), Chapelier Fou a largement assez pour faire fonctionner sa machine à chapeaux et dépeindre de longues heures de fresques sonores. Même sans grand moyen elles sont toujours merveilleuses et intarissables

Chapelier Fou - Concert L'Antipode (Rennes) 2009 Chapelier Fou - Concert L'Antipode (Rennes) 2009
Chapelier Fou - Concert L'Antipode (Rennes) 2009 Chapelier Fou - Concert L'Antipode (Rennes) 2009
Chapelier Fou - Concert L'Antipode (Rennes) 2009 Chapelier Fou - Concert L'Antipode (Rennes) 2009
PS:
Le chapelier fou est un personnage dans Alice au Pays des merveilles...


Johnny Depp en Chapelier Fou pour Tim Burton une premiere photo du film closer news xlarge Johnny Deep nous parle dAlice
Johnny Deep, Chapelier Fou dans Alice aux pays des merveilles de Tim Burton.



alice au pays des merveilles it s tea time11 A lavant première dAlice aux pays des merveilles

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