mercredi 27 avril 2011

Le parfum des iris....



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Certaines espèces sont très recherchées en parfumerie pour leur rhizome, dont on extrait l'essence d'iris et son principal composant, l'irone
Ce sont les Iris germanica avec surtout la forme blanche plus connue sous le nom d'iris de Florence et Iris pallida, cultivé en Italie et au Maroc. Il semble que la mode de l'iris comme parfum ait été lancée par Catherine de Médicis.
Au XVIIe siècle, on l'utilisait en poudre pour les cheveux : le rhizome était pilé, puis tamisé, donnant une poudre qui sentait très bon la violette, propriété due à l'irone. Après avoir été un moment considéré comme démodé, l'iris entre toujours aujourd'hui dans la composition de nombreux parfums, associé aux notes florales ou comme note de fond.

Le mot « iris » est un emprunt médiéval au latin iris, iridis, lui-même emprunté au grec Iris, Iridos désignant la messagère des dieux, personnification de l'arc-en-ciel. Le terme a d'ailleurs longtemps été employé pour désigner l'arc-en-ciel. On le trouve associé à la fleur à partir du XIIIe siècle, en raison de la coloration de ses pétales, aux reflets irisés.
Déjà considéré comme sacré par les Égyptiens, l'iris est devenu, sous le nom héraldique de fleur de lys, le symbole de la royauté en France.
Aujourd'hui, l'iris des marais (Iris pseudacorus, également appelé Iris faux-acore), à la belle couleur jaune, est l'emblème de la ville de Bruxelles, tandis que l'iris versicolore (I. versicolor) est celui du Québec depuis 1999.
L'iris d'Angleterre (Iris latifolia) est en fait à l'origine une belle espèce endémique des Pyrénées.


Iris David and Rusty (3)



Iris germanica



Iris germanica (4)



Iris germanica (2)



Iris in the Morning Light


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De l'iris plein les flacons

Ses racines recèlent un trésor olfactif. Long à préparer, délicat à doser, mais unique... Les parfumeurs ne peuvent s'en passer 

Plus beau, on ne voit pas. Moins accommodant, non plus. Spartiate, voire ascétique, se contentant de peu, se méfiant des libations, l'iris florentin, dit pallida, est un condottiere arrogant et son odeur lui ressemble: froide, sourde, aristocratique. Ce fut longtemps le parfum de la poudre de riz (qu'il agrémentait) sur joue de vieille dame, la fragrance des personnes bien élevées à qui les exubérances du jasmin semblaient inenvisageables. Aujourd'hui, dans plusieurs (beaux) parfums de rentrée, le voici plus que jamais garant du savoir-vivre olfactif.
C'est sous terre, en ses rhizomes, et non dans le plissé Fortuny de ses pétales, que l'iris cache sa vérité. Ce sont eux qui, épluchés, déchiquetés, concassés, détrempés, essorés et, au total, harassés, finiront, à la dernière extrémité, par livrer la matière odorante la plus chère au monde. L'opération débute lorsque, quatre ans peu ou prou après y avoir été plantée, la plante est manuellement extraite de la caillasse, défaite de ses barbes, décortiquée de son écorce, puis lavée et séchée. A ce stade, elle ne dégage encore nulle odeur, loin s'en faut. Ce n'est qu'après trois autres années que l'iris, reclus dans des sacs de jute jusqu'à complète dessiccation, se soumettra. Trois plus trois, le compte est bon: il faudra donc patienter six ans pour que se livre la fragrance pénétrante de violette et de linge frais qui le caractérise. Reste à extirper l'essence. L'irréductible tubercule, dur comme l'os, est écrabouillé sous une meule (c'étaient, jadis, les mêmes que celles utilisées pour l'huile d'olive), réduit à pulvérulence, trempé dans l'eau froide, puis, après macération, distillé jusqu'à l'obtention d'une pâte pleine de cires et d'odeurs dite beurre d'iris. Celle-ci, purifiée au solvant, devient l'essence, qui, elle-même distillée sous vide (à 40 degrés, pas plus, sinon bouillu-foutu), produit in fine l'absolue, ultime avatar du genre. L'absolue sent le minéral, l'odeur mate des draps séchant au vent avec, plus prosaïquement, quelque chose de la carotte. Le beurre est moins perceptible mais plus poudré, et il résonne longtemps. Encore une précision: il faut 40 tonnes de rhizomes pour faire 100 grammes d'absolue.
Autant dire que tout ça coûte réellement les yeux de la tête. Pas loin de 100 000 € le kilo. Mais comment s'en passer? Depuis qu'un touilleur d'onguents néolithique comprit que, convenablement maltraité, le rhizome d'iris délivrait d'incomparables effluves, les prêtres initiés n'ont plus su vivre sans. Et depuis que, en termes modernes (disons 1906), Guerlain l'introduisit dans Après l'ondée, la parfumerie contemporaine en a fait l'outil de l'élégance pure. Par exemple, cent ans plus tard et toujours chez Guerlain, avec Insolence. Dans la maison, les choses sont simples: un parfum ne s'y reconnaît que s'il contient soit de la vanilline (Shalimar), soit de l'iris (L'Heure bleue). L'Instant précédent, déjà, jouait de cette douceur ouatée, veloutée et onctueuse, ici accompagnée d'une note de framboise, qu'on lui attribue les yeux fermés. Au point d'ailleurs que, pendant plusieurs décennies, iris = Guerlain.
La première concurrence qui osa s'y frotter, c'est Chanel, en 1970, avec N° 19, dernier jus choisi par Coco elle-même. Doublée de l'âcre et vert galbanum, l'absolue y promène sa morgue avec audace, brio et envolée. Iris total, furieusement orgueilleux. Dernier-né rue Cambon, Allure sensuelle s'habille de la même excellence ruineuse.
Dans Paprika Brasil, nouvelle Hermessence de la collection Hermès, le traitement est radicalement différent. Amère telle l'absinthe, par l'action conjuguée du paprika et de feuilles vertes, ardente comme le poivre grâce à l'apport des épices, la composition est tempérée par l'iris, qui y fait office de boussole et de civilisateur. Etonnant. Comme chaque fois que ce parangon des senteurs pour dames est employé à contre-courant. Cela nous rappelle que Dior Homme ou l'insurpassable Iris Silver Mist, de Serge Lutens, sont tous deux de «vrais» iris, mais mixtes.
Non, décidément, vous le préférez féminin? Perles, de Lalique, est, dans ce genre, parfait. Equilibré, précieux, délicat, et de surcroît sans snobisme, ce qui est la marque du vrai chic. Iris, poivre, rose, patchouli. De Parme à Florence, il n'y a guère qu'un pas, qu'Iris Nobile, d'Acqua di Parma, franchit sereinement. Cette version eau de parfum, assez soutenue, a pris la forme d'un chypre (tête hespéridée, cœur floral, fond boisé) calme et bien joli sur peau. Autre chypre, mais peut-être un peu moins surprenant, Terre d'iris, de Miller Harris. Idem: bergamote, rose et iris, mousses. Encore un? MyQueen, d'Alexander McQueen, en édition limitée: roulé dans la farine d'iris et le sucre, c'est une sorte de bonbon odorant et bien tentant


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Eau de Parfum Iris Nouveau

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Description
Un parfum floral, poudré et vert à l'huile essentielle d'Iris de Toscane En Toscane pousse une fleur magnifique dont Florence a fait son emblème: L'IRIS.
Si cette fleur est splendeur et élégance, elle n'est qu'apparence: c'est dans la terre qu'elle cache son secret - une racine (le rhizome) dont le parfum unique ne s'obtient qu'après 6 ans de lente maturation

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