vendredi 29 avril 2011

Lux Feminae par Monserrat Figueras



Lux Feminæ
900 - 1600
HOMMAGE A LA LUMIERE DE LA FEMME
Conception et réalisation :
Montserrat Figueras

INTRODUCTION :

Dans cet enregistrement unique en son genre, Montserrat Figueras, en sept portraits couvrant sept siècles (900-1600), rend hommage à la femme en partant de ses sept aspects dans l?ancienne Hespérie, tout au long d'un voyage intérieur qu'elle présente en ces termes : Lux Feminae est une agora musicale, un espace où, à partir de la musique, est invoquée la féminité : son message, sa force, sa souffrance, sa sacralité, sa lumière. 
Il s'agit de musiques et de textes concernant temporellement le Moyen Âge et la Renaissance, qui ont pour protagonistes des femmes appartenant au monde culturel hispanique qu'il soit de tradition chrétienne, juive ou musulmane, et qui montrent les différentes facettes du mythe riche et profond de l'univers féminin. 
Qu'elle soit auteur, sujet d'inspiration ou destinataire, la femme enrichit un patrimoine musical dont le parcours va du Chant de la Sybille, des jarchas, des poèmes arabo-andalous et des Cantigas d'Amigo jusqu'aux poèmes mystiques de Sainte-Thérèse de Jésus, aux berceuses populaires, aux saetas et aux romances séfarades. Ce disque permet de nous transporter hors du temps, de nous recueillir, de nous retrouver dans un monde de spiritualité, de mystère, d'harmonie, de méditation et de plénitude, d'intimisme et de lumière, où la femme est constamment sublimée. Montserrat Figueras a puisé dans le riche patrimoine musical de ces siècles pour illustrer les sept portraits de femmes (Femme antique, Femme nouvelle, Femme ludique, Femme mystique, Femme amante, Femme mère, Femme éplorée).

Lux Feminae est aussi une histoire en musique sur la femme, puisque c'est elle qui nous permet d'accéder au monde spirituel. 
Lux Feminae part de sept aspects de la femme de l?ancienne Hespérie, entre le Moyen âge et la Renaissance. Le 7 est un numéro sacré estimé des sages et des mystiques de toutes les époques : c?est l'union du 4 (les quatre éléments, les quatre couleurs à partir desquelles on obtient toute la palette de l'Art...) et du 3 (la Trinité, la Pyramide...), qui symbolisent l'union de toutes les choses de l'esprit et de la terre, union incarnée également dans la figure de la femme. Sept sont les climats, les mers, les cieux, les jours de la création... mais le caractère sacré du sept est également présent dans la musique, dans la poésie, ainsi qu'en nous-mêmes, qui pouvons sacraliser ou donner de la profondeur à ce que nous vivons et à ce que nous faisons .

Au delà de la musique sacrée, il y a une forme sacrée de faire de la musique. 
Lux Feminae est un instant d'intimité, la description d'un délicat espace intramuros, que l'on doit protéger, d'un jardin intérieur au centre duquel se trouve l'âme, la lumière, la Beauté. C'est pour cette raison que la façon de chanter se nourrit, elle aussi, de cette intimité, sans pour autant rien céder de la force, du rythme, de la danse et du dramatisme des mots. Les diverses traditions chrétienne, juive et musulmane ont ressenti le besoin d'exprimer cette intimité à partir d'une même symbolique : le jardin intérieur, le cloître, le château des 7 Demeures, en tant qu'espaces de recueil, de connaissance et de méditation.

RÉPERTOIRE :

O Lux Codex de las Huelgas (s. XIII) : Prosa Flavit auster I. Femina Antiqua Anonimus Córdoba (s. X) : Sibila latina Judicii Signum II. Femina Nova al-Andalus (s. XII) : Jarcha Gar kom lebare Beatritz de Dia (x. XII) : Cançó Estat ai en greu cossirier III. Femina Ludica Bartomeu Cárceres : Villancico Soleta so jo aci Anonyme : Villancico Niña y Viña Anonyme (Calabre) : Villancico Yo me soy la morenica IV. Femina Mistica Teresa de Jesús / Mus. Anonyme : Alma, buscarte has en Mi V. Femina Amans Um Al Kiram (al-Andalus) : Hal sabil likhalwa Martin Codax (s. XIII) : Cantiga d?Amigo Ondas do mare VI. Femina Mater Bartomeu Cárceres : Villancico Soleta i Verge estich Anonyme (País Vasco) : Nana Aurtxo txikia negarez VII. Femina Gemens Anonyme Sefardi / Texte M. Forcano : Plany d?Estel-lina Anonyme (Andalousie) : Saeta antigua O Lux Codex de las Huelgas : Prosa Flavit auster Montserrat Figueras, soprano Tina Aagaard
  



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O lux feminae (900-1600). Sept portraits de femmes dans l'ancienne Hesperia


C'est une évocation, par la musique, de la féminité, une sorte d'agora musicale dans lequel sont explorés le message, la force, la souffrance, la sacralité ou la lumière de le féminité au cœur de l'histoire et tout particulièrement, ici, durant le Moyen Âge et la Renaissance. Montserrat Figueras, réalisatrice de cet album, nous brosse ainsi, à partir de la musique, des textes et du chant, des portraits de femmes appartenant au monde culturel hispanique, qu'il soit de tradition chrétienne, juive ou musulmane, mais qui portent toutes les diverses facettes du mythe riche et profond de l'univers féminin. « Qu'elle soit auteur, sujet d'inspiration ou destinataire, la femme enrichit un patrimoine musical dont le parcours va du chant de la Sibylle, des "jarchas", des poèmes arabo-andalous et des "cantigas d'Amigo" jusqu'aux poèmes mystiques de sainte Thérèse de Jésus, aux berceuses populaires, aux "saetas" et aux romances séférades. » Un véritable chemin intérieur qui va au-delà du temps et du siècle et qui porte au recueillement en plongeant dans un monde d'harmonie, de méditation, de plénitude et d'authentique spiritualité. O lux feminae nous livre ainsi à la lumière de la femme un instant d'intimité de vie féminine quasi monastique du monastère de Las Huelgas (Burgos) autour de textes mariaux inspirés du Cantique des cantiques.
Sept séquences nous entraînent dans un voyage spirituel autour de la féminité : Femina antiqua ou la « Femme antique » sur l'ancien chant de la Sibylle ; Femina nova ou la « Femme nouvelle » dans le monde arabo-andalou ; Femina ludica ou la « Femme ludique » dans les Villacicos ; Femina mystica ou la « Femme mystique » sur un poème de sainte Thérèse d'Avila, le sommet du mysticisme chrétien de la Castille du xvie siècle, « cette femme de lumière par excellence » ; Femina amans ou la « Femme amante » avec le cantiga d'Amigo, une femme qui chante l'absent ; Femina mater ou la « Femme mère » avec le Villancico du compositeur catalan, du xvie siècle, Bartomeu Carceres avec les berceuses de tradition basque qui chantent toutes les beautés du jardin intérieur ; Femina gemens ou la « Femme éplorée » inspirée d'un planctus médiéval, une admirable lamentation d'une juive convertie soupçonnée par l'Inquisition de « fausse conversion » qui réunit, dans son chant, toutes les victimes de l'intolérance religieuse…
La voix claire, lumineuse et profonde dans son timbre de soprano de Montserrat Figueras met admirablement en lumière les moindres impulsions des accents de ces poèmes chantant, avec une belle ferveur, la dignité et la noblesse de la femme. Elle est entourée par les soprani Arianna Saval et Tina Aagard, la contralto Laurence Bonnal, et la mezzo Begona Olazvide avec des membres de l'Hesperion XX de Jordi Savall.
Un instant précieux d'intimité et de lumière tout à la gloire de la féminité.

Esprit et Vie n°151 - juin 2006 - 1e quinzaine, p. 30.


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Montserrat Figueras est une chanteuse lyrique (soprano), née le 7 mars 1948 à Barcelone  dans une famille de mélomanes (son père joue du violoncelle).


Très jeune, elle étudia le chant et le théâtre. Elle rejoint l'ensemble de musique ancienne Ars Musicae, où elle chante les œuvres des grands polyphonistes espagnols du XVIe siècle. Au sein de cette formation, elle rencontre Jordi Savall qu'elle épousera en 1968 et avec lequel elle aura deux enfants Arianna et Ferran Savall, tous deux chanteurs et musiciens.

En 1968, le couple part à Bâle en Suisse étudier à la Schola Cantorum Basiliensis et à la Musik Akademie. Le couple séjournera en Suisse jusqu'en 1986. Outre des études vocales générales avec Kurt Widmer et plus tard avec Eva Krasznai, elle développe son goût pour la musique ancienne. Six ans plus tard, en 1974, le couple fonde en compagnie de Lorenzo Alpert (instrument à vent et percussion) et Hopkinson SmithHespèrion XX qui se consacrera à l'interprétation et à la revalorisation du répertoire musical hispanique et européen d'avant 1800. En 1987, elle participe à la fondation par son mari Jordi Savall du chœur La Capella Reial de Catalunya.  (instruments à corde pincées) l'ensemble
À l'aube de ce siècle l'ensemble prend le nom de Hespèrion XXI
Montserrat Figueras a, entre autres, reçu le Grand Prix de la Nouvelle Académie du Disque et le Grand Prix de l'Académie Charles-Cros
Elle est chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres depuis 2003.

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