lundi 4 avril 2011

Tamara de Lempicka



Naissance à Moscou (et non pas, comme on l'a longtemps cru, à Varsovie), le 16 mai 1898, de Tamara Gurwick-Gorska, dite Tamara de Lempicka, la peintre la plus emblématique des années « Art Déco ».




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Tamara de Lempicka
Image, G.AdC






LES ANNÉES JAZZ


« Rien n’est plus évocateur des années jazz que ces portraits glacés de femmes à la mode et d’hommes séduisants qui jouent au polo dans la journée et boivent des cocktails jusqu’à l’aube », rapporte le critique d’art Frank Whitford, qui rajoute que c’est au cours de ces soirées folles « données par les riches et les décadents, où drogues et alcools étaient servis par des domestiques à moitié nus », que Tamara de Lempicka « sniffait de la cocaïne avec Gide et draguait hommes et femmes », et qu’elle a aussi fait la connaissance de Colette, d'Isadora Duncan, de Jean Cocteau, ou encore de James Joyce.




GLAMOUR ET INGRISME PERVERS


Née dans une famille très fortunée, Tamara de Lempicka a vécu à Saint-Péterbourg une existence dorée jusqu’à l’arrestation par les bolcheviks, en 1918, de son mari Tadeusz (de Lempicki), dont elle finit (après beaucoup d’acharnement) par obtenir la libération. Le couple fuit tout aussitôt la Russie et s’installe en France. À Paris où, après une courte période de misère, elle fréquente la Haute société européenne et s’affiche femme émancipée et bisexuelle. Tamara étudie la peinture à l’Académie de la Grande-Chaumière (un institut privé). Elle est l’élève d’André Lhote et de Maurice Denis (mouvement nabi) et se passionne pour l’art de la Renaissance italienne et du maniérisme (notamment florentin : Le Pontormo), et pour les grands maîtres italiens (Bronzino, Botticelli et Michel-Ange en particulier).

En 1925, elle participe à la première grande Expo Arts Déco (Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels de Paris) et tient à Milan sa première exposition personnelle (Galerie Bottega di Poesia, Via Montenapoleone, dirigée par le comte Emanuele Castelbarco). C’est à partir de là qu’elle se fait un nom et devient une véritable icône et diva de l’Art Déco et des Années folles. Avec un style glamour unique, d'un hédonisme raffiné tout à fait reconnaissable. « Une lumière à la manière d'Ingres, du cubisme à la Fernand Léger, avec du rouge à lèvres Chanel », résume un critique d'art de l’époque. Le critique Arsène Alexandre ira jusqu'à utiliser l'expression (devenue fameuse) d'« ingrisme pervers » (La belle Rafaëla en vert, v. 1927). Une expression qu'il désavouera toutefois en 1929.



En 1928, Tamara de Lempicka se sépare de Tadeusz, s'installe en 1929 dans son atelier du 7, rue Méchain, conçu par l'architecte Robert Mallet-Stevens et décoré par la sœur de Tamara, Adrienne Gurwick-Gorska. En février 1934, elle épouse l'un de ses collectionneurs, le très riche baron Raoul Kuffner de Dioszegh. Tous deux émigrent en 1939 pour les États-Unis (New York, puis Los Angeles) où elle se consacre exclusivement à son art, exposant dans de nombreuses galeries de renom, mais sans plus jamais obtenir le succès qui l'auréola durant l'entre-deux-guerres. Dans les années 1960, elle se tourne vers l’art abstrait. Artiste prolifique, c’est surtout pour ses portraits d'un érotisme stylisé et peaufiné (cadrage serré sur un arrière-plan de drapés ou de gratte-ciels) qu’elle est aujourd’hui reconnue. Portraits dont beaucoup ont été récemment acquis par des stars du show-biz et/ou de la jet-set.

Elle s’est éteinte à Cuernavaca (Mexique) le 18 mars 1980, dix-huit ans après le décès du baron Kuffner. Sa fille Kizette, née de son premier mariage, a dispersé ses cendres au sommet du Popocatépetl. 


Source et suite de l'article sur  l'excellente biographie d'Angèle Paoli sur son blog Terres de Femmes


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Jeune Fille Vert

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Dormeuse, c.1932

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Femme a Colombe

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1972

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"Maternite", 1928
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" Mother and Baby"
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