jeudi 23 juin 2011

La frottole Italienne



Anonimo - Un Cavalier di Spagna - Frottola - Micrologus *** Giacomo Jaquerio 



Aux carrefours des Ages moyens, des troubadours du XIIème à la frottole Italienne du XVème siècle

illustration
Avec Brigitte Lesne, harpe et chant, Vivabiancaluna Biffi, vièle et chant, Hélène Descarpignies et Emmanuel Vistorky, chant.

Les frottole sont des « petites miniatures musicales qui chantent les passions humaines avec noblesse et retenue ». On a vu apparaître ces petites pièces au tournant du 15e siècle au cœur des cours lombardes (Mantoue, Venise, Vérone, etc.); en réaction au contrepoint très élaboré de la « chansons française », bon nombre de compositeurs italiens vont composer ces frottole à la ligne mélodique simple, pour voix seule et luth ce en qui en rend l’exécution facile et populaire. Le luth était l’instrument roi de l’époque, et les musiciens les plus chevronnés, souvent compositeurs et chanteurs, avaient coutume de se faire accompagner d’un duo de luths, dont le luthiste ténor (tenorista) assurait l’élaboration du contrepoint, souvent improvisé. Dans les formes les plus développées, on retrouve des traces de quatuors de luths dont la voix principale est jouée au luth au plectre. Le cornet à bouquin est également un instrument ayant fait partie de ses formes élaborées d’interprétation de ces frottole. Côté textes, si la frottola est souvent réduite à la tradition populaire, on en retrouve également sur des vers de Pétrarque, de Michelangelo ou des grands poètes de cour.
Mais ces frottole vous touchent directement au cœur, grâce à leurs forces expressives. Accordone a choisi pour cet hommage un large éventail de pièces, des plus simples aux plus savantes. On ne s’ennuie pas une seconde : chaque frottola est différente, a sa propre personnalité musicale et véhicule sa propre émotion. Marco Beasley, on le connaît, c’est bien entendu cette voix unique, fraîche, aérienne, lumineuse, d’une étonnante souplesse et au timbre d’une incroyable pureté ; seul ou accompagné d’un véritable tapis de luths, à la fois voluptueux, riche et d’une redoutable précision. Et avec le cornet de Bruce Dickey, c’est un régal !


Longtemps, la poésie fut liée au chant et à la danse : le rythme du vers épouse alors le mouvement du corps, l'élan d'un geste et d'une voix. Longtemps aussi la musique et la poésie furent deux arts jumeaux, conçus l'un par rapport à l'autre, l'un pour l'autre : dans le chant, le poème devient une parole partagée, indéfiniment reprise et variée.

A la Renaissance, les humanistes, cherchant à retrouver les pouvoirs de la lyrique antique, ont rêvé le "mariage de Musique et Poésie". La collaboration unique des musiciens et des poètes a alors permis la floraison de "chansons nouvelles" fort appréciées et chantées tant à la cour qu'à la ville.

A l'aube du Grand Siècle, pourtant, ce dialogue si fécond a cessé : la musique et la poésie prennent peu à peu des chemins séparés...


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