jeudi 21 juillet 2011

Desiderata... (ou l'histoire d'une bien belle légende urbaine)


Prenez attention et tachez d’être heureux



Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte, et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence. Sans aliénation, vivez autant que possible en bons termes avec toutes personnes.
Dites doucement et clairement votre vérité, et écoutez les autres, même le simple d’esprit et l’ignorant. Ils ont eux aussi leur histoire. Evitez les individus bruyants et agressifs. Ils sont une vexation pour l’esprit. Ne vous comparez à personne : vous risqueriez de devenir vain et vaniteux. Il y a toujours plus grands et plus petits que vous.
Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements. Soyez toujours intéressés à votre carrière si modeste soit-elle ; c’est une véritable possession dans les prospérités changeantes du temps. Soyez prudent dans vos affaires, car le monde est plein de fourberies. Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe ; plusieurs individus recherchent les grands idéaux ; et partout la vie est remplie d’héroïsme. Soyez vous-même. Surtout n’affectez pas l’amitié. Non plus, ne soyez cynique en amour, car il est en face de toute stérilité et de tout désenchantement aussi éternel que l’herbe.

Prenez avec bonté le conseil des années, en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d’esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude. Au-delà, d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l’univers ; vous avez le droit d’être ici. Et qu’il vous soit clair ou non, l’univers se déroule sans doute comme il le devrait. Soyez en paix avec Dieu, quelle que soit votre conception de lui, et quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix de votre âme.

Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau.

Prenez attention. Tachez d’être heureux.


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Desiderata

Desiderata (du latin desiderata « des choses désirées », un pluriel de desideratum) est un poème en anglais consacré à la recherche du bonheur dans la vie. Ses droits d'auteur appartiennent à Max Ehrmann qui l'a rédigé en 1927. Il a été publié à titre posthume par l'épouse d'Ehrmann en 1948, dans un recueil intitulé Desiderata of Happiness.


Au cours des années 1960, il fut largement diffusé sans être attribué à Ehrmann, avec parfois l'affirmation qu'il avait été trouvé dans l'Église de Saint-Paul de Baltimore, Maryland et écrit en 1692 (l'année de la fondation de l'église). Les héritiers d'Ehrmann ont cependant continué à le faire figurer parmi ses œuvres.

Desiderata, dont de nombreuses traductions circulent depuis 1960, a été retraduit en français par Hubert Claes en septembre 1996 sous le titre Injonctions pour une vie sereine.

L'auteur est Max Ehrmann, un poète et avocat de Terre Haute, Indiana, qui a vécu de 1872 à 1945. Il a été rapporté que Desiderata a été inspiré par le désir qu'Ehrmann décrit dans son journal : « I should like, if I could, to leave a humble gift -- a bit of chaste prose that had caught up some noble moods. » (« J'aimerais, si je pouvais, laisser un humble cadeau — un peu de prose chaste qui pourrait atteindre quelques humeurs nobles. »)

En 1959, le Révérend Frederick Kates, recteur de l'Église de Saint-Paul à Baltimore, a utilisé le poème dans une collection de matériel de piété qu'il a compilé pour sa congrégation. Au début de l'ouvrage se trouvait l'annotation : « l'église de Vieux Saint Paul, A.D de Baltimore. 1692. »
Plus le livre passait de main en main, plus sa paternité devenait obscure. Les copies avec la notation : « de l'Église du Vieux Saint Paul » ont été imprimées et largement distribuées dans les années qui ont suivi.
Il est compréhensible dans ce cas qu'un éditeur puisse interpréter l'annotation comme signifiant que le poème avait été trouvé dans cette église et écrit en 1692. Cela a sans doute ajouté du charme et contribué à l'attrait du poème, en dépit du fait que la langue employée suggère une origine plus moderne.
Le poème fut la prose populaire dans les différents mouvements spirituels des années 1960 et 1970.


Quand Adlai Stevenson mourut en 1965, un invité dans sa maison trouva une copie de Desiderata près de son lit et a découvert que Stevenson avait projeté de l'utiliser pour ses cartes de noël. La publicité qui a suivi contribua à étendre la célébrité de ce poème, aussi bien que son rapport erroné à l'Église du Vieux Saint Paul.
Une cour de justice a annulé les droits et a mis le recueil dans le domaine public, mais d'autres cours ont estimé que les droits d'auteurs appartiennent aux héritiers d'Ehrmann.

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Go placidly amid the noise and the haste,
and remember what peace there may be in silence.

As far as possible, without surrender,
be on good terms with all persons.
Speak your truth quietly and clearly;
and listen to others,
even to the dull and the ignorant;
they too have their story.
Avoid loud and aggressive persons;
they are vexatious to the spirit.

If you compare yourself with others,
you may become vain or bitter,
for always there will be greater and lesser persons than yourself.
Enjoy your achievements as well as your plans.
Keep interested in your own career, however humble;
it is a real possession in the changing fortunes of time.

Exercise caution in your business affairs,
for the world is full of trickery.
But let this not blind you to what virtue there is;
many persons strive for high ideals,
and everywhere life is full of heroism.
Be yourself. Especially do not feign affection.
Neither be cynical about love,
for in the face of all aridity and disenchantment,
it is as perennial as the grass.

Take kindly the counsel of the years,
gracefully surrendering the things of youth.
Nurture strength of spirit to shield you in sudden misfortune.
But do not distress yourself with dark imaginings.
Many fears are born of fatigue and loneliness.

Beyond a wholesome discipline,
be gentle with yourself.
You are a child of the universe
no less than the trees and the stars;
you have a right to be here.
And whether or not it is clear to you,
no doubt the universe is unfolding as it should.

Therefore be at peace with God,
whatever you conceive Him to be.
And whatever your labors and aspirations,
in the noisy confusion of life,
keep peace in your soul.

With all its sham, drudgery, and broken dreams,
it is still a beautiful world.
Be cheerful. Strive to be happy.

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