jeudi 7 juillet 2011

Nous sommes tous des passagers

Chris Marker, nous sommes tous des passagers

 


Chris Marker, série Passengers, 2008-2010, tirages couleur montés sur Sintra blanc.

Un des événements majeurs des Rencontres d’Arles est une rétrospective, montrée pour la première fois en France, de l’œuvre de Chris Marker, grand photographe et cinéaste documentaire connu comme étant l’auteur du film de science-fiction La Jetée réalisé en 1962. Rencontre avec Peter Blum, galeriste et éditeur à New York, grâce à qui cette exposition voit le jour.

 

Chris Marker (Christian Bouche-Villeneuve) est né le 29 juillet 1920 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Licencié en philosophie, écrivain, éditeur-il crée la collection « Petite Planète » aux éditions du Seuil en 1954-, auteur d'une trentaine de documentaires, il est aussi scénariste, producteur, monteur, photographe. Co-auteur avec Alain Resnais des Statues meurent aussi (1953), vibrant réquisitoire contre l'impérialisme culturel, il exprime « sa sympathie à toutes les formes de révolutions dans le monde entier » en créant le concept du documentaire subjectif, mêlant les images d'archives à ses propres photographies, faisant de l'image fixe et du texte les axes centraux de son oeuvre.
Cet intellectuel engagé, féru d'informatique et d'Internet interroge le monde dans un langage qu'il réinvente sans cesse et qu'il dégage de l'artificiel et du conventionnel. Guy Gautier, auteur d'un ouvrage sur Chris Marker, écrivait à son propos : « Parcourir la filmographie de Chris Marker, c'est lire en accéléré l'histoire de la seconde moitié du XXe siècle, celle des idéologies, des mouvements intellectuels, mais surtout des techniques audiovisuelles. De la photographie au CD-Rom, en passant par tous les formats cinématographiques, la vidéo, la télévision, l'image virtuelle, il a exploré dès leur apparition, les innovations qui ont bouleversé et perpétué l'art des images. »


La rétrospective de Chris Marker à Arles présente plus de trois cents oeuvres, créées entre 1957 et 2010.

 Coréennes est un projet réalisé en 1957, alors que Chris Marker est l'un des seuls journalistes autorisés à explorer la Corée du Nord. Les photographies qui en résultent offrent un regard non censuré sur la vie quotidienne du pays, quatre ans après la fin d'une guerre dévastatrice. Fait amusant, le produit de ses promenades est condamné des deux côtés du 38e parallèle : au nord, parce que l'auteur ne parle pas de Kim Il-sung ; au sud, simplement parce que l'oeuvre a été créée de l'autre côté de la frontière.
Nul rejet de ce type pour Quelle heure est-elle ? (2004-2008) même si Marker vole ici des portraits « comme un paparazzo bien intentionné », selon ses propres termes. Inspiré par le court mais inoubliable poème d'Ezra Pound (« L'apparition de ces visages dans la foule / Des pétales sur une branche noire humide »), il se met à prendre des photographies dans le métro parisien. En collectionnant ces « pétales », son intention est de restituer ses sujets sous leur meilleur jour, souvent imperceptible dans le flux du temps, afin qu'ils soient en accord avec eux-mêmes et leur vraie nature. Il commence l'expérience avec un appareil dissimulé dans une montre, d'où le titre. S'il passe ensuite à d'autres appareils, le titre reste inchangé, pour nous rappeler que l'instant volé du visage d'une femme révèle quelque chose du temps lui-même
Il développe la même idée avec la série PASSENGERS (PASSAGERS, 2008-2010). « Cocteau disait que, la nuit, les statues s'échappent des musées pour se promener dans la rue », explique Marker, qui affirme tomber parfois sur les modèles de grands maîtres de la peinture dans le métro parisien, des figures fantomatiques, s'effaçant dans un hors-temps. Ces images en couleur illustrent les diverses manières dont les gens bâtissent des frontières invisibles autour d'eux, afin de supporter la vie dans la ville moderne. Cette modernité rencontre enfin la tradition artistique dans une autre série, After Durer (Après Durer), dans laquelle Marker s'approprie et revisite certaines estampes du graveur allemand. Silent Movie (Film muet) et Les hommes creux (From the Hollow Men) mettent également en question la linéarité narrative et historique. Si la première installation présente un regard profondément personnel sur le centième anniversaire du cinématographe, la seconde est une réflexion sur l'état de l'Europe, dévastée après la Première Guerre mondiale. La Jetée (1963), le film le plus connu de Chris Marker, est projeté à Arles, accompagné d'une présentation de son récent travail sur Second Life, une plate-forme virtuelle accessible sur Internet récemment explorée par l'artiste.


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Chris Marker s'infiltre dans le métro parisien





Entre 2008 et 2010, le célèbre photographe et réalisateur Chris Marker s’est rendu dans le métro parisien pour saisir furtivement la vie privée des usagers. Une exposition lui est consacrée, jusqu'au 4 juin, à Londres et New York.
« Les gens créent des murs invisibles et des frontières afin de faire face à la vie urbaine moderne ». L’exposition présente 200 images prises sur le vif, aux couleurs criardes et dégageant une présence presque surnaturelle.

© Chris Marker, Passengers 

© Chris Marker, Passengers 

© Chris Marker, Passengers 

© Chris Marker, Passengers 

© Chris Marker, Passengers 
« Passengers », l'exposition de Chris Marker à Londres et New York, capte de nombreuses actions privées et des gestes qui ont lieu chaque jour dans la sphère publique : des mères berçant leurs enfants, des couples chuchotant intimement, des femmes regardant par la fenêtre avec nostalgie, absorbées par leurs propres pensées.


© Chris Marker, Passengers 

© Chris Marker, Passengers 

© Chris Marker, Passengers 

© Chris Marker, Passengers 

© Chris Marker, Passengers

www.chrismarker.org 

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