mercredi 20 juillet 2011

Paroles de Torild Wardenær



« J’essaie de faire apparaître le monde en l’écrivant, rien de moins que le monde »

Torild Wardenær

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Torild Wardenær est née le 30 novembre 1951 à Stavanger, petite ville portuaire du sud de la Norvège, où elle réside toujours. Elle est souvent invitée à des lectures et des performances dans son pays, mais aussi en Suède, au Danemark, en Allemagne et en France (Paris, décembre 2005). Elle s’est également vu attribuer des résidences en Espagne (Fondation Valparaiso), à Bruxelles, et tout dernièrement en Californie. Son écriture déjoue volontiers les effrois du quotidien en les prolongeant par des interprétations rêvées, voire fantastiques, échos d’une folie joyeusement revendiquée.

Son entrée en poésie est inaugurée en 1994 par le recueil I Pionértiden (« Au temps des pionniers »), bientôt suivi de Null komma to lux (« Zéro virgule deux lux », 1995), Houdini til minne (« En mémoire de Houdini », 1997), Døgndrift (« Dérive des jours et des nuits », 1998).

Non moins riche est la dernière décennie, avec Titanporten (« La Porte du Titan », 2001), Paradiseffekten (« L’Effet de Paradis », 2004), psi (2007), et tout récemment Mens Higgsbosonet gnager (« Quand le boson de Higgs se met à ronger », janvier 2011), tous encore inédits en France excepté quelques textes parus dans des revues.

Certains de ses poèmes ont fait partie de diverses performances et expositions de land art.
Elle a également écrit des pièces pour enfants et adultes, et traduit en norvégien un choix de textes du poète américain James Tate, lauréat, entre autres, du Prix Pulitzer.

Elle-même a été couronnée en Norvège par plusieurs prix de poésie prestigieux : le prix Herman Wildenvey en 1996, le prix Halldis Moren Vesaas en 1998.

Les titres de ses recueils disent assez le vif intérêt de Torild Wardenær pour l’exploration inlassable des mythologies comme des sciences dites exactes – domaine au demeurant fort peu perçu comme « poétique » – voyages dont elle revient riche d’inépuisables tensions entre le monde physique et l’univers métaphysique.

Sorcière « aux rotules pleines de sérum et d’argent », elle va et vient dans un temps « entre l’enfance et le royaume de Dieu », reçoit tout naturellement de l’au-delà des recettes drolatiques, avale les étoiles « toutes crues », et fait assez confiance à « la toute-puissance du langage » pour haranguer des foules rétives et écrire en secret à Guillaume Apollinaire.
Sourcière secourue par sa seule intuition, elle ne s’interdit aucune époque ni aucune géographie, pourvu qu’elle y déniche des eaux vivaces, des oiseaux bavards, des éclosions inédites, de quoi nous convaincre enfin que science et poésie sont également spéculatives, et donc étrangement spéculaires.

Anne-Marie Soulier

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