samedi 16 juillet 2011

Paroles...



Et pourtant, n'y a-t-il pas beaucoup de gens qui sont ainsi faits, qui ne possèdent rien sauf au moment où ils le montrent aux autres, qui ne saisissent que l'apparence des choses et non pas la substance, qui perdent tout au moment où celle-ci désire se montrer, exactement comme ce miroir perdrait son image si par un seul souffle elle désirait lui ouvrir son cœur.


Sören Kierkegaard 1813-1855
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Le journal du séducteur


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Søren Aabye Kierkegaard, fils d’un riche bonnetier de Copenhague, naît en pleine crise financière danoise. La prévoyance de son père, excellent homme d’affaires, le préserve de la crise et lui permet de vivre sans travailler.
Élevé dans la foi piétiste, Kierkegaard grandit dans la crainte de Dieu et développe très tôt un tempérament fortement mélancolique. De 1819 à 1834, sa mère, puis ses trois sœurs aînées et deux de ses frères meurent tour à tour. Après la mort de son père en 1838, il est à 25 ans, avec son frère Peter, le seul survivant d’une famille de sept enfants.
En 1841, il achève des études de théologie en soutenant une thèse de doctorat sur Le Concept d’ironie constamment rapporté à Socrate. La même année, il rompt brutalement avec Regine Olsen qu’il avait demandée en mariage un an plus tôt et, le cœur brisé, il s’exile à Berlin pour suivre les cours de Friedrich von Schelling. Affirmant n’avoir « pas le temps de se marier », il publie en 1843 son premier grand livre, Ou bien… Ou bien…, et, renonçant à être pasteur, s’engage dans une intense production littéraire. Après avoir atteint l’âge inattendu pour lui de 34 ans, il donne à son œuvre d’écrivain un tour plus religieux et entre dans de violentes polémiques avec l’Église (Crainte et Tremblements, 1843 ; Le Concept d’angoisse, 1844). Il meurt à l’hôpital à l’âge de 42 ans, après s’être effondré dans la rue au cours d’une promenade.

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