samedi 27 août 2011

Art, culture et élégance et Willy Maywald

Art, culture et élégance
La Haute Couture sous l'objectif de Willy Maywald

Musée de l'Impression sur étoffes (Mulhouse)

>


Exposition Art Culture et Elegance

Wilhelm, dit Willy Maywald, compte parmi les principaux photographes du 20e siècle. Né à Clèves en Allemagne en 1907, il fréquente l’Académie de l’Ouest à Berlin, et s’installe en 1932 à Paris. D’abord assistant de Harry Meerson, il rencontre dans son atelier de Montparnasse de nombreux artistes, tels Brassaï et Dora Maar. Il se met à son compte en 1933 et se fait connaître par des reportages sur les jardins de Renoir, Van Gogh et Monet. Il réalise de nombreux portraits d’amis artistes comme Arp, Braque, Chagall, Le Corbusier, Picasso, Matisse, Miró, Rouault ou encore Utrillo.

Interné au début de la guerre, il s’enfuit en Suisse. Revenu à Paris dès 1946, il devient l’un des photographes attitrés de Christian Dior et met en scène l’année suivante sa célèbre collection « New Look ». Il travaillera jusqu’en 1966 avec la Maison Dior. Il réalise des clichés de mode pour d’autres grands noms de la Haute Couture française, comme Robert Piguet, Elsa Schiaparelli, Pierre Balmain, Jacques Fath, Jeanne Paquin, Hubert de Givenchy, Pierre Cardin, Coco Chanel ou encore Nina Ricci. A partir de la fin des années 1940, W. Maywald devient ainsi le témoin de ce mouvement de reconstruction de l’élégance à la française.

Son style a fait date par sa subtilité dans le choix du cadrage, de la pose des mannequins, des effets de lumière. Il est l’un des premiers à faire sortir les mannequins dans la rue et à les faire poser dans des mises en scène inédites. Pour réaliser ses prises de vue, il affectionne les lieux romantiques, prestigieux ou discrets, les grandes places de Paris, les jardins du Luxembourg, les rives de Seine ou la devanture d’un bouquiniste anonyme. Dans ses clichés en noir et blanc, les lignes d’une voiture de luxe, la perspective d’un escalier d’honneur, les décors somptueux d’un palace engendrent une ambiance particulière d’une discrète élégance. Doué d’un sens aigu de la lumière, de la grâce et du raffinement, Maywald donne le premier rôle à son sujet dans un souci de rigueur liée à ses exigences esthétiques. Jouant avec les effets de drapés des grandes robes du soir, les ombres géométriques des colonnades, les regards mutins des mannequins, l’artiste magnifie les formes féminines. Il en va de même lorsqu’il photographie des accessoires, chapeaux ou parfums de Christian Dior dans ses mises en scène épurées.


.



  • le communiqué de presse de l’exposition « Art, Culture et Élégance »

  •  livre de l’exposition



  • Willy Maywald (1907-1985), artiste d’origine allemande (Clèves) et parisien d’adoption.
    Willy Maywald                                                    
                      
    « Vivre ici, vivre ici et voir tout ça... Oui, c'est ici que je veux vivre ! En remontant les Champs Elysées, je ne marchais pas, je volais ! ». Ainsi se souvient avec émotion Willy Maywald de sa première venue à Paris, à l'âge de 24 ans, alors qu'il était étudiant allemand aux Beaux-Arts.
    Allemand d'origine, Willy Maywald adopte pourtant Paris où il décide de s'installer en 1931. Il entame sa carrière de photographe peu après. Précurseur à maints égards, il l'est surtout pour avoir fait descendre les mannequins dans la rue. Avec lui, la photographie de mode acquiert une dimension plus moderne. Il travaille dès 1946 avec Christian Dior.
    Bien connu pour ses collaborations avec de grands couturiers comme Jacques Fath, Schiaparelli ou Jacques Heim, on le connaît également pour ses photographies, inédites, du Paris d'avant-guerre, ses instantanés aux terrasses de café le Dôme, la Coupole, le Sélect, la Rotonde, etc.
    Plus tard, il rencontre des personnalités extravagantes comme l’affichiste Cassandre ou le coiffeur Antoine, et d’autres plus sérieuses tel le physicien Frédéric Joliot-Curie. ainsi que ses clichés de quelques amoureux ravis de prendre la pose.
    Il se balade dans le quartier Montparnasse où il habite, et laisse un témoignage très vivant de ce que furent les ateliers d'artistes au début du XXe siècle.
    C’est à ce moment là que se scelle son destin. Willy Maywald fournit les images de mode des célèbres magazines Harper’s Bazaar, Vogue, Vanity Fair, pour lesquels travaillent les grands photographes, respectivement le Baron de Meyer, Georges Hoyningen-Huene, Edward Steichen, et plus tard, Erwin Blumenfeld. Mais aywald reste surtout fidèle à l’héritage des oeuvres en noir et blanc chères à Brassaï.
    En 1938, Robert Piguet lui commande un reportage pour sa nouvelle maison du Rond-Point des Champs-Elysées.
    Un an plus tard, la galerie Berton, rue Bonaparte (sixième arrondissement parisien) expose ses portraits d’artistes et ses photographies de mode.
    Ses photographies possèdent une valeur historique sûre - en témoignent ses images de l'Exposition universelle de 1937. A cela, s'ajoute un humanisme non loin de celui que l'on associe souvent à Willy Ronis et un art de la composition parfaitement maîtrisé.
    Ses portraits du Corbusier, de Tamara de Lempicka ou Fernand Léger sont célèbres et nourrissent encore l'imaginaire collectif.
    En 2007, le musée Carnavalet a proposé une rétrospective de l'intégralité de l'oeuvre, puissante et abondante - plus de 250 photographies  - de l'artiste.
    Willy Maywald offre une démarche originale et poétique que beaucoup comparent à un pari  de la création.

    Aucun commentaire:

    Enregistrer un commentaire