mardi 9 août 2011

Bellor, un artiste hors du commun

Bellor artiste belge, décédé en 2000.
Bellor est le pseudonyme du peintre symboliste belge René Miessen (1911 - 2000).
 
Un site à visiter réalisé par son fils: http://www.bellor.be/






















L'insolite et l'inquiétant

Le peintre Bellor a fait une apparition relativement tardive sur la scène de l’art. Personnage secret, peu communicatif, il a surgi brusquement du néant pour venir nous surprendre et nous intriguer. Il travaille avec soin et lenteur, aussi le nombre de ses œuvres est-il très limité. Ce qui leur donne un caractère de rareté qui doit séduire les collectionneurs.

Pour les simples amateurs, que les prix atteints par les œuvres de l’artiste laissent muets, signalons seulement la qualité aristocratique d’un art qui sort totalement de l’ordinaire et qui fait songer au plus étrange, au plus ambigu des spectacles. S’il est un art qui se prête peu à descendre dans la rue, c’est bien celui de Bellor dont les personnages insolites et inquiétants appartiennent à cet « élitisme » de la pensée et du beau métier qui fait grincer des dents à ceux qui affectent de mépriser le caviar.

Bellor est né, si on en croit une rumeur peu précise (car il est lui-même très discret à son propos), quelque part dans le sud de notre province du Luxembourg, Arlon peut-être, aux environs de 1910. Il a vécu de nombreuses années à l’étranger, ne donnant son adresse à personne et paraît vivre dans une sorte de temps « faustien » qui défie la classification et la comparaison.

Etait-il architecte à Rome, à Paris, à Londres, à Florence, ou guérisseur comme Cagliostro ou mage venu de la République de Venise, ou personnage issu à l’avance d’un film encore à naître de Fellini ?

On est devant l’homme et l’œuvre, tenté d’affabuler et l’on songe au mystérieux chevalier de Saint-Germain.

Acceptons cette convention et occupons nous de l’œuvre présente de ce magicien passé à la peinture, qui veille jalousement sur ses secrets, qui peaufine ses tableaux et fait montre d’un perfectionnisme qui frise une exigence non exempte de cruauté. Dans son univers peuplé de mannequins, de poupées, d’automates, d’instruments de musique, de femmes portant coquillage de polyèdre de cristal en guise de tête, règnent une inquiétude, un malaise et une sorte de crainte dont le spectateur, malgré lui, ressent les effets. Se noue donc, entre celui-ci et le créateur d’illusions, une étrange connivence, un peu théâtrale, qui ne va pas sans alarme ni heureusement sans plaisir.

Ce qui donne toute son éloquence à cet art où l’on perçoit par instant une ironie glacée, c’est l’apparition, tout à fait originale, de ces grands personnages méphistophéliques, drapés de rouge, légers comme des flammes, élégants comme des danseuses, qui nous introduisent au mystère d’une autre dimension. De telles toiles appartiennent à la grande peinture de tous les temps et sont marquées d’un signe qui pourrait être la griffe du Malin. Car celui-ci se manifeste plus dans la discrétion que dans le tintamarre.

Il semble que Bellor, avec son allure innocente d’agent secret, sa politesse de diplomate, son œil bleu trop pur, son sourcil blanc interrogateur, doive avoir, en quelque matière, commencé avec lui…

A fréquenter donc avec circonspection.



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Bellor dessinateur, caricaturiste.  Sa biographie, ses talents de dessinateur, caricaturiste et affichiste
 
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René Miessen est né à Arlon le 30 juillet 1911 ou il vécu sa jeunesse et son adolescence. Vers 14/15 ans un copain l'entraîne aux cours du soir de dessin à l'académie où après quelques semaines son professeur lui déclare qu'il n'a plus rien à lui apprendre.
Les parents de ce surdoué l'inscrivent à St-Luc à Tournai en architecture. Ses professeurs en première année le place immédiatement, pour la section dessin, avec les élèves de 7ème année. Après 4 ans, sa famille ne sachant plus assumer les frais de ses études, il vient vivre à Bruxelles ou il pratique l'étalage, la décoration et le dessin publicitaire. Il se marie.
En 1944 il crée pour l'agence Rossel la fameuse affiche "Le fürher teutonicus" diffusée en 20m² sur tous les murs de Bruxelles (voir ci-contre).
Il prend ses distances au moment de l'offensive Von Rundstedt du fait de cette affiche.
Il crée ensuite la fameuse carte postale de McAuliffe : "NUTS" (22.12.1944, voir infra) qui fut vendue à Bastogne pendant de nombreuses années.
Ancien chasseur ardennais il est sollicité pour participer à la réalisation du Monument des Chasseurs Ardennais dont il dessine les bas reliefs et le projet du sanglier.
A la mobilisation,comme arlonnais, il intègre le corps des chasseurs ardennais. Nous avons retrouvé dans ses archives une série de planches et croquis de cette période. Ceux ci seront exposés du 15.12.2004 au 05.01.2005 à la MIESSENGALLERY rue Lebeau 18 à 1000 Bruxelles pour le 60ème anniversaire de la bataille des Ardennes.
Carte postale de Bellor vendue pendant des années à Bastogne.
Inscrit au verso :
“Surrounded in Bastogne by Marshall von Rundstedt’s forces and ordered to surrender, General Anthony Mac Auliffe, commander of the 101st. Airborne U.S. Army Divisions handed to the Nazi emissary a note containing symply the one word “NUTS” (22nd. Dec. 1944). His resistance decided the German defeat in the Ardennes. Mac Auliff’s word, like the one of Cambronne at Waterloo, now belongs to History.”
Après la guerre il continue à gagner exclusivement sa vie de son dessin, toutes les campagnes d'affiches de la malle Ostende-Douvres, les bas Du Parc, affiches de cinéma, en-tête de lettre, livres pour enfants, costumes pour le cabaret "Le Boeuf sur le Toit" etc.... Au début des années 50 il s'établi à Paris ou il vit de son dessin. Puis sur la côte d'Azur. Il voyage en Italie et partout en Europe en visitant les Musées et tous les centres artistiques. Il revient à Paris puis à Bruxelles ou il se consacre exclusivement à la peinture.
Dans les années 70 (à 60 ans) il se présente enfin sur le marché de l'Art ou il est d'emblée accueilli par les amateurs et les critiques comme un artiste exceptionnel, en dehors de toutes les normes à la mode tel la peinture pour les masses, la diffusion, les relations publiques pratiquées par les plus grands noms de l'art au détriment de la seule qualité dont il avait fait son crédo.
Bellor a peint jusqu'à 88 ans, moment de sa maladie. Il refusait d'exposer depuis 1983. Depuis son décès en 2000, certaines de ses oeuvres ont participé à d'importantes expositions ou il continue à étonner tous les amateurs et professionnels par une qualité unique, par la connaissance approfondie de la technique des glacis que plus aucun artiste n'a les qualités requises et pour lequel il a souvent été comparé aux grands peintres flamands du 15ième siècle. Le journal LeSoir/Victor titrait lors d’une exposition de ses œuvres en décembre 2001 : NON, BELLOR N'EST PAS MORT.
Liens utiles :
* La page de Bellor sur notre site.
* Le site de Bellor, par son fils.
* Le site sur la Bataille des Ardennes d'où cette page est tirée.

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