dimanche 7 août 2011

Close-up sur.....

Johannes Vermeer, La Lettre d’Amour, 1669-1670
Huile sur toile, 44 x 38,5 cm
Rijksmuseum,Amsterdam



Signé sous la main de la servante à gauche. L'histoire est située comme dans la partie centrale d'un triptyque, vue dans l'ouverture d'une porte. Le grand rideau retombe sur la parte droite où se trouve une grosse chaise avec des partitions de musique sur le siège. Dans la partie gauche une carte vue de biais.
La dame est en grande toilette, hermine et beaucoup de bijoux. Elle tient un luth.


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Johannes Vermeer, tout comme Pieter de Hooch fait partie des peintres les plus célèbres de l’école de Delft de la seconde moitié du XVIIè siècle. Nous ne connaissons qu’une trentaine de toiles lui ayant été attribuées, la plupart étant des scènes d’intérieur comme celle-ci. Son titre, La Lettre d’amour, nous indique d’emblée qu’elle comporte un message sous-jacent.

La clé de l’interprétation réside dans la combinaison des motifs: une femme avec une lettre à la main et un tableau représentant un bateau sur la mer. La dame est assise sous le tableau et tient un luth. Elle a apparemment interrompu son jeu pour prendre la lettre que lui tend sa servante. Au XVIIè siècle, l’image du bateau prenant la mer était un thème récurrent de la poésie amoureuse, le navire incarnant le galant et l’océan, l’amour. Pour les contemporains de Vermeer l’allusion était évidente.
La porte entrebâillée, révélant un intérieur meublé avec goût occupé par une dame et sa servante, renforce le réalisme de la scène. Les pantoufles oubliées sur le sol et la pile de papier posée sur la chaise à droite, sous la lourde tenture, animent la composition. Comme c’est souvent le cas avec Vermeer, le spectateur est placé dans une situation où il a l’impression de surprendre les sujets dans un moment d’intimité.

Vermeer était fasciné par l’illusion spatiale et le jeu de la lumière sur les surfaces, intérêt qu’il ,partageait avec Pieter de Hooch, venu s’installer à Delft en 1652. Il n’est d’ailleurs pas impossible que les intérieurs peints par de Hooch aient inspiré Vermeer qui, à partir de 1658, se consacra exclusivement à ce genre de scènes. Comme souvent chez Vermeer, la lumière entre par un seul côté ( à gauche) puis se concentre sur un segment de l’espace ne comportant pas plus de deux personnages, souvent placés près d’une fenêtre. Dans les intérieurs de De Hooch, au contraire, les pièces sont spacieuses, vues en enfilade, et éclairées par un jeu de lumière complexe qui ajoute de la vie à la composition. (source Ruud Priem)



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«La Lettre d'amour» de Vermeer décryptée

La Lettre d'amour de Johannes Vermeer, crédit photo : Amsterdam Rijksmuseum (détail)
La Lettre d'amour de Johannes Vermeer, crédit photo : Amsterdam Rijksmuseum (détail)

La plupart des toiles de Johannes Vermeer représentent, comme celle-ci, des scènes d'intérieurs, plus communément appelées scènes de genre. Avec ses contemporains, l'artiste partage cette façon de scruter l'intimité, le quotidien le plus banal, pour lui rendre toute sa noblesse et sa grandeur, l'ériger au rang de sacré. Les peintres hollandais du 17e siècle, s'efforcèrent de montrer leurs pays et leurs habitants avec un souci naturaliste inconnu jusque-là. La méticulosité exceptionnelle des œuvres de cette époque demandait une technique raffinée et complexe, d'une précision presque scientifique. Vermeer n'échappa pas à cette tendance, n'hésitant pas à utiliser des instruments d'optique tel un physicien. Il devînt le maître de la lumière et de la perspective.

Avec La Lettre d'amour, réalisée en 1669, nous sommes dans les dernières années de la vie de Vermeer (mort en 1675). Elle réunit la plupart des motifs utilisés dans l'ensemble de son parcours artistique.
En collaboration avec Marc Restellini, historien de l'art et directeur de la Pinacothèque de Paris, lefigaro.fr apporte un éclairage sur cette oeuvre à part.
Cliquez sur le décryptage : La Lettre d'amour» de Vermeer décryptée




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Les six tableaux de Vermeer représentant une femme lisant ou écrivant une lettre.

















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