mercredi 31 août 2011

La 68 ème Mostra de Venise


La Mostra internazionale d'arte cinematografica di Venezia (Festival international d'art cinématographique de Venise) est un festival de cinéma qui se déroule annuellement dans la cité lagunaire, habituellement entre la fin du mois d'août et le début de septembre, dans l'historique Palais du cinéma, sur le lungomare Marconi, au Lido de Venise.

 

C'est le plus ancien festival cinématographique au monde - la première édition s'est tenue en 1932 - et, avec le festival de Cannes créé à l'origine pour le concurrencer, le festival de films le plus connu.

Parvenue en 2006 à sa soixante-troisième édition, la manifestation s'inscrit dans le cadre de l'organisation plus vaste de la Biennale de Venise, festival culturel d'art contemporain dont elle constitue la section cinéma.


La première édition de la Mostra s'est déroulée lors de la XVIIIe Biennale.



Depuis 2004, les films sont présentés à la Mostra dans le cadre de trois sections : en compétition, dont l'enjeu principal est le Lion d'or de saint Marc, hors compétition et Horizons.

La principale récompense attribuée est le Lion d'or, qui doit son nom au symbole de la cité (le lion de la basilique Saint-Marc).

Elle est considérée comme l'une des plus importantes du point de vue de la critique cinématographique, à l'égal de celles accordées dans les deux autres festivals du film européens, la Palme d'or du Festival de Cannes et l'Ours d'or de la Berlinale. Ce sont tous trois des prix convoités pour leur impact international et leur prestige, souvent de tendance opposée aux Oscars du cinéma américains qui se déroulent habituellement au printemps.

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La première Mostra

Née dans les années 1930, la première Mostra de Venise, dénommée Prima Esposizione Internazionale d'Arte Cinematografica (en français : Première Exposition internationale d'art cinématographique) se déroule du 6 au 21 août 1932. Le festival naît d'une idée du président de la Biennale de Venise, le comte Giuseppe Volpi di Misurata, du sculpteur Antonio Maraini, secrétaire général, et de Luciano De Feo, le secrétaire général de l'Istituto internazionale per il cinema educativo (en français : Institut international pour le cinéma éducatif), émanation de la Société des Nations dont le siège se trouve à Rome, d'accord avec l'idée d'organiser le festival dans la cité lagunaire, et qui fut le premier directeur-sélectionneur.

La Mostra, à juste titre considérée comme la première manifestation internationale de ce type, reçoit un appui important de la part des autorités. La première édition se déroule sur la terrasse de l'Hôtel Excelsior du Lido de Venise. Il ne s'agit pas encore d'une compétition. Les titres sont simplement présentés au public. Malgré cela, les films projetés sont devenus de véritables « classiques » de l'histoire du cinéma dont certains sont encore dans toutes les mémoires : Amour défendu du grand réalisateur américain Frank Capra, Grand Hotel d'Edmund Goulding, Le Champion de King Vidor, le premier et inimitable Frankenstein de James Whale, The Devil to Pay! de George Fitzmaurice, Les Hommes, quels mufles ! de Mario Camerini et À nous la liberté de René Clair et autres œuvres de grands metteurs en scène comme Raoul Walsh, Ernst Lubitsch, Nikolaï Ekk, Howard Hawks, Maurice Tourneur, Anatole Litvak.

Les vedettes de ce premier festival sont les acteurs, apparaissant sur grand écran au travers des films projetés, qui garantissent à la Mostra un succès encore plus grand que celui attendu et attirent dans les salles plus de 25 000 spectateurs. Ce sont les plus grandes stars de l'époque : Greta Garbo, Clark Gable, Fredric March, Wallace Beery, Norma Shearer, James Cagney, Ronald Colman, Loretta Young, John Barrymore, Joan Crawford, sans oublier la gloire italienne Vittorio De Sica et le grand Boris Karloff, entré dans l'histoire pour son rôle de monstre dans le premier Frankenstein.

Le premier film de l'histoire de la Mostra est projeté le soir du 6 août 1932 : il s'agit de Docteur Jekyll et M. Hyde de Rouben Mamoulian ; après le film un grand bal est donné dans les salons de l'Excelsior. Le premier film italien, Les Hommes, quels mufles ! de Camerini, est présenté dans la soirée du 11 août 1932.

En l'absence d'un jury et de l'attribution de prix officiels qui ne seront introduits que plus tard, un référendum extérieur au comité organisateur, présidé par Attilio Fontana de l'ICE (Institut international du cinématographe éducatif), organisé parmi le public accouru à la manifestation, décrète meilleur réalisateur le soviétique Nikolaï Ekk pour le film Le Chemin de la vie, pendant que le film de René Clair À nous la liberté est élu comme le plus amusant ; Helen Hayes est primée meilleure actrice, Fredric March meilleur acteur, le film « le plus émouvant » étant le film américain La Faute de Madelon Claudet de Edgar Selwyn.

 



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Le jury international de la Mostra 2011
Ce jury décernera les prix officiels aux longs métrages en compétition à la 68e édition du Festival International du Cinéma, qui se déroulera au Lido du 31 août au 10 septembre prochains. Dirigée par Marco Müller, cette Mostra 2011 est organisée par la Biennale de Venise, que préside Paolo Baratta.
Darren Aronofsky


Présidé cette année par Darren Aronofsky, le festival aura comme jury principaux André Téchiné, Todd Haynes ("I'm not there"), David Byrne (ex-leader des Talking Heads), la réalisatrice finlandaise Eija-Liisa Ahtila, le réalisateur italien Mario Martone et l'actrice italienne Alba Rohrwacher. Portraits :

  • Le réalisateur, producteur et scénariste Darren Aronofsky est une figure incontournable du cinéma contemporain. Son dernier film, "Black Swan", a fait l’ouverture de la 67e Mostra, et il a remporté le Lion d'or avec "The Wrestler" en 2008. Darren Aronofsky a fait ses débuts en 1998 avec "Pi", lauréat du prix de la mise en scène au Festival du film de Sundance. Son deuxième film, "Requiem for a Dream", d'après le roman de Hubert Selby Jr., a été présenté à Cannes en 2000, et plus tard a gagné une large reconnaissance internationale, y compris une nomination aux Oscars pour Ellen Burstyn comme meilleure actrice.
  • L'artiste finlandais Eija-Liisa Ahtila, dont les œuvres ont été exposées dans des lieux prestigieux comme le Tate Moderne à Londres ou le MoMA à New York. Cette artiste multimédia a toujours tenté de briser les « cases » de créations, en tissant des passerelles entre vidéo, peinture, technologie numérique et cinéma : c’est une des raisons pour laquelle ses travaux ont été montrés sur différents supports et dans différents lieux, comme les festivals de cinéma, la télévision (publicités) ou des musées.
  • Le compositeur et réalisateur David Byrne, connu notamment en tant que co-fondateur et leader des Talking Heads. Il travaille également en tant que photographe, réalisateur, auteur et artiste solo. Il a réalisé et joué dans "True stories" en 1987 et a participé à la bande sonore de plusieurs films, comme "Le Dernier Empereur" de Bernardo Bertolucci ou, plus récemment, de "This Must Be the Place" de Paolo Sorrentino avec Sean Penn.
  • Le réalisateur américain Todd Haynes, une figure centrale du cinéma indépendant. Il était en compétition à Venise en 2007 avec "I’m not there" (lauréat du Prix Spécial du Jury, et la Coppa Volpi de la meilleure actrice pour Cate Blanchett) et en 2002 avec "Far From Heaven" (Coupe Volpi de la meilleure actrice pour Julianne Moore). Il a remporté le Léopard d'or à Locarno et le Prix du Jury au Festival de Sundance pour son premier film "Poison" (1991).
  • Mario Martone est un réalisateur et scénariste italien, également metteur en scène de théâtre et d'opéra. Sa carrière a débuté au théâtre avec la fondation de la compagnie "Falso Movimento". Par la suite, il fonde le "Teatri Uniti" qui lui permet de poursuivre son travail au théâtre et de réaliser un certain nombre de longs métrages : "Morte di un Matematico Napoletano" (Grand Prix du Jury à Venise en 1992), "Rasoi", "L'amore Molesto" (1995) ou "Teatro di guerra" (1998). Il a également produit de nombreux œuvres dans d'autres formats : courts métrages, documentaires, ouvrages édités.
  • L'actrice italienne Alba Rohrwacher, qui s’est distinguée à plusieurs reprises à Venise : avec "La solitudine dei primi Numeri" (La Solitude des nombres premiers) de Saverio Costanzo, "Sorelle Mai" de Marco Bellocchio, ou encore "Il Papa di Giovanna" de Pupi Avati, pour lequel elle a remporté le prix David Donatello de la meilleure actrice.
  • Le réalisateur et scénariste français André Téchiné, lauréat du Prix de la mise en scène à Cannes pour "Rendez-vous" (1985). Après avoir travaillé comme critique aux Cahiers du cinéma, il fait ses débuts à Venise en 1969 avec "Pauline s'en va". Il a choisi Venise comme un lieu d’action de son dernier film, "Impardonnables" (2011), présenté à Cannes à la section Quinzaine des Réalisateurs.


Les 22 films en compétition à la 68e Mostra de Venise, à l’exception du traditionnel film "surprise" qui sera dévoilé après le coup d'envoi du festival :
"Les Marches Du Pouvoir" de George Clooney

"Les Marches Du Pouvoir" de George Clooney

  • "Les Marches Du Pouvoir" de George Clooney (Etats-Unis) - Film d'ouverture
  • "La Taupe" de Tomas Alfredson (Grande-Bretagne, Allemagne)
  • "Wuthering Heights" d'Andrea Arnold (Grande-Bretagne)
  • "Life Without Principle" de Johnnie To (Hong-Kong)
  • "The Fields de Ami" de Canaan Mann (Etats-Unis)
  • "Quando La Notte" de Cristina Comencini (Italie
)
  • "Terraferma" d'Emanuele Crialese (Italie/France)
  • "A Dangerous Method" de David Cronenberg (Allemagne/Canada)
  • "The Last Day On Earth" d'Abel Ferrara (Etats-Unis)
  • "Killer Joe" de William Friedkin (Etats-Unis)
  • "Un été Brûlant" de Philippe Garrel (France/Italie/Suisse)
  • "A Simple Life (Taojie)" de Ann Hui (Chine/Hong-Kong)
  • "The Exchange (Hahithalfut)" de Eran Kolirin (Israël)
  • "Alps (Alpeis)" de Yorgos Lanthimos (Grèce)
  • "Shame" de Steve Mc Queen (Etats-Unis)
  • "L'Ultimo Terrestre" de Gian Alfonso Pacinotti (Italie) (1er film)
  • "Carnage" de Roman Polanski (France/All/Esp/Pologne)
  • "Poulet Aux Prunes" de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud (France/Belg/Allemagne) 
  • "Faust" de Alexander Sokourov (Russie)
  • "Dark Horse" de Todd Solondz (Etats-Unis)
  • "Himizu" de Sion Sono (Japon)
  • "Seediq Bale" de Wei Te-sheng (Taïwan/Chine)

    Al Pacino et Marco Bellocchio seront honorés et présenteront chacun un film hors compétition : "Wilde Salome" pour le premier et "Nel nome del Padre" pour le seconde (une nouvelle version du film de 1972). Le cinéaste américain recevra le Prix Jaeger-LeCoultre "Glory to the Filmmake" qui honore les grands réalisateurs internationaux : il succède, entre autres, à Takeshi Kitano, Agnès Varda ou encore à Abbas Kiarostami. Le réalisateur italien Marco Bellocchio recevra un prix pour l'ensemble de sa carrière.

    Hors compétition :

  • "W.E." de Madonna
  • "Mildred Pierce", la série de Todd Haynes avec Kate Winslet
  • "Contagion" de Steven Soderbergh
  • "Au nom du Père" de Marco Bellocchio
  • "Wilde Salome" d'Al Pacino
  • "La folie Almayer" de Chantal Akerman
  • "Vivan las Antipodas !" de Victor Kossakovsky
  • "The Moth Diaries" de Mary Harron
  • "Il villaggio di cartone" d’Ermanno Olmi
  • "The Sorcerer and the White Snake" de Tony Ching Siu-tung
  • "Giochi d’estate (Summer Games)" de Rolando Colla
  • "La Désintégration" de Philippe Faucon
  • "Alois Nebel" de Tomas Lunak
  • "Eva" de Kike Maillo
  • "Scossa" de Francesco Maselli, Carlo Lizzani, Ugo Gregoretti, Nino Russo
  • "La Clé des chants" de Claude Nuridsany, Marie Perennou
  • "Tormented" de Takashi Shimizu
  • "La Meditazione di Hayez" de Mario Martone
  • "Tahrir 2011" de Tamer Ezzat, Ahmad Abdalla, Ayten Amin, Amr Salama
  • "The End" du Collectif Abounabbara
  • "Vanguard" du Collectif Abounabbara
  • "Evolution" de Marco Brambilla
  • "Damsels in Distress" de Whit Stillman (film de clôture)

    Sélection Orizonti :

  • "L’oiseau" de Yves Caumon 
  • "Heil" de Amiel Courtin-Wilson
  • "Nocturnos" de Edgardo Cozarinsky
  • "Amore Carne" de Pippo Delbono
  • "I'm Carolyn Parker: The Good, the mad and the beautiful" de Jonathan Demme
  • "Sal" de James Franco
  • "Whores' Glory" de Michael Glawogger
  • "Die Herde des Herrn" de Romuald Karmakar
  • "Stateless Things" de Kim Kyungmook
  • "Swirl" de Helvécio Marins Jr. et Clarissa Campolina
  • "Photographic Memory" de Ross McElwee
  • "Cut" de Amir Naderi
  • "The Invader" de Nicolas Provost
  • "Shock Head Soul" de Simon Pummell
  • "Two Years at Sea" de Ben Rivers
  • "Alms of the Blind Horse" de Gurvinder Singh
  • "The Orator" de Tusi Tamasese
  • "Lung Neaw Visits His Neighbours" de Rirkrit Tiravanija
  • "Verano" de José Luis Torres Leiva
  • "Kotoko" de Shinya Tsukamoto
  • "Le Petit Poucet" de Marina de Van 
  • "Swan" de Teresa Villaverde
  • "The Sword Identity" de Xu Haofeng
  • "Would you have sex without an arab ?" de Yolande Zaubermann
  • "Monkey Sandwich" de Wim Vandekeybus

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