dimanche 21 août 2011

Les Lewis Chessmen


Les Lewis Chessmen ou figurines de Lewis sont des pièces d'échiquier médiévales. Elles ont été découvertes en 1831, sur l'île de Lewis dans l'archipel écossais des Hébrides, dans des circonstances un peu mystérieuses puisqu'elles étaient soigneusement cachées dans une petite chambre de pierre, sous une dune.



Au 12ème siècle, cette région étaient occupée par les Norvégiens. Les historiens pensent que les artefacts ont façonnés par un artisan de Trondheim entre 1150 et 1200 après J.C. A qui appartenaient ces pièces d'échiquier ? Pourquoi ont-elles été abandonnées dans cet endroit retiré ? Plusieurs théories ont été avancées mais aucune n'est réellement satisfaisante. Elles auraient pu appartenir à un marchand venu de Norvège ou à un noble local. Toutefois, les archéologues ont constaté que les pièces étaient en excellent état et n'avaient donc pas ou peu été utilisées. Par ailleurs, il semble qu'elles proviennent de 4 sets de jeux différents.


Chaque artefact pèse environ 245 grammes. Une partie d'entre eux sont gravés dans de l'ivoire de morse ; les autres, dans des dents de baleine. Toutes les figures humaines ont des visages contrits mais des postures différentes. Elles représentent des rois et des reines assis sur des trônes, des chevaliers sur leurs montures, des évêques et des gardiens debout ou encore des pions en forme d'obélisques.
Après leurs découvertes, les Lewis Chessmen ont été exposés à la Scottish Society of Antiquaries avant d'être revendues au prix de 80 guinées chacune. L'ensemble compte 93 pièces dont 82 rachetées par le British Museum (67 personnages et 14 pions). Les 11 autres ont été acquises par Kirkpatrick Sharpe puis revendues à Lord Londesborough. En 1888, la Society of Antiquaries of Scotland les a rachetées pour en faire don au National Museum of Scotland.
En 2010, une trentaine de pièces appartenant au British Museum ont été exposées successivement à Stornoway, Aberdeen, et aux îles Shetland. C'est la première fois, depuis 170 ans, que l'ensemble de la collection était réuni.

 

Or, un article paru récemment dans Medieval Archaeology, semble remettre en cause la provenance de ces objets.

L'expertise était dirigée par David Caldwell du National Museum of Scotland, en collaboration avec Mark Hall du Perth Museum and Art Gallery, et Caroline Wilkinson, une anthropologue de l'Université de Dundee.
Selon les chercheurs, les Chessmen auraient servi à la fois comme pièces d'échiquier mais aussi comme pions dans un jeu similaire d'origine scandinave et appelé Hnefatafl.
L'équipe du docteur Caldwell réfute également la version couramment admise selon laquelle les figurines auraient été découvertes par un habitant de l'ile de Lewis, Malcolm MacLeod, dans les dunes de sable d'Ardroil, sur la cote sud d'Uig Strand. Les statuettes auraient en réalité été trouvée à Mealasta, à quelques km au sud d'Uig Strand, où se trouvait un village médiéval. Enfin, les statuettes de Lewis ne daterait pas du 12ème mais du 13ème siècle.
Au Moyen-age, les figurines de ce type étaient très prisées et surtout très onéreuses. C'est pourquoi, les historiens pensent qu'elles auraient appartenu à un aristocrate local plutôt qu'à un marchand itinérant. David Caldwell cite un poème d'Angus Mor of Isla et écrit au milieu du 13ème siècle. Angus raconte comment il a hérité des pièces d'échiquier en ivoire qui appartenaient à son père Donald. Il s'agirait selon le chercheur du premier MacDonald connu et, peut-être du premier roi de Lewis.
Le docteur Caroline Wilkinson a réalisé une étude photogrammétrique afin de déterminer si les statuettes ont été fabriqué par un artisan unique où s'il s'agit de pièces hétéroclites. Chaque figurine se distingue par des traits, des vêtements et des postures qui lui sont propres. Des analyses plus détaillées, notamment de la composition chimique des statuettes et directement sur le terrain, devraient apporter davantage d'informations.


Les Figurines de Lewis appartiennent à un des rares échiquiers médiévaux qui existent encore.

Les pièces auraient été réalisées en Norvège, peut-être par un artisan de Trondheim, pendant le XIIe siècle.
Pendant cette période les Hébrides, avec d'autres grand groupes d'îles écossaises, étaient dirigées par la Norvège.
Des historiens pensent que les figurines de Lewis auraient été cachées (ou perdues) après un problème pendant leur transport depuis la Norvège aux colonies norvégiennes riches de la côte est de l'Irlande.

Presque toutes les pièces de la collection sont gravées dans de l'ivoire de morse, et quelques unes sont faites à partir de dents de baleine.

L'ensemble consiste de 8 Rois, 8 Reines, 16 Evêques (Fous), 15 Cavaliers, 12 Tours, et 19 Pions.

Toutes les pièces sont des sculptures à figures humaines, sauf les pions (qui sont des sculptures plus petites et simples ressemblant à des pierres tombales gravées). Les cavaliers sont présentés montés (sur des chevaux plutôt réduits) portant des lances et boucliers, et toutes les figures humaines ont des expressions contrites (sauf une seule tour, qui est présentée sous forme de berserker, au regard fou et mordant son bouclier dans une rage de bataille).

Les pièces ont été trouvées en 1831 sur une bande de sable au bout de la Baie de Uig sur la côte ouest de l'Ile de Lewis, une des Iles Hébrides.

Il n'existe aucun rapport contemporain décrivant leurs découvertes, mais il est connu qu'ils ont été trouvés dans une petite chambre de pierre sèche une vingtaine de centimètres sous la bande de sable.



 
Elles ont été présentées par Roderick Ririe à une rencontre de la Society of Antiquaries of Scotland, le 11 avril 1831. Les pièces d'échec ont été ensuite séparées, dont 10 achetés par Kirkpatrick Sharpe et les autres (67 pièces et 14 pions) ont été achetés pour le British Museum.

Kirkpatrick Sharpe a trouvé ensuite une autre pièce de Lewis ce qui a monté sa collection à 11, qui ont été ensuite vendues à Lord Londesborough. Revendus à nouveau en 1888, mais cette fois à la Society of Antiquaries of Scotland, qui en ont fait don au Royal Museum d'Edinburgh.

Les pièces données au British Museum y sont encore présentes, et peuvent être vues dans la salle 42 avec le code d'exposition M&ME 1831,11-1.

Le style unique de la cache de Lewis a inspiré la série d'animation en anglais Noggin the Nog.
En 2001 le film Harry Potter et la pierre philosophale présente un jeu d'échecs sorcier auquel Harry et Ron jouaient, présentant une reine rouge du jeu de Lewis.



NB: comme d'ordinaire, les informations et vidéos en français sur ce sujet sont plus que succintes.... Hélas, lorsqu'on aime vraiment l'archéologie antique et médiévale, mieux vaut parler et comprendre l'anglais et/ou l'allemand....

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