mardi 9 août 2011

The Nahmad Collection


Henri Matisse, Portrait au manteau bleu, 1935 Nahmad Collection, Switzerland, © 2010 ProLitteris, Zürich
Le Kunsthaus Zürich présente en exclusivité et en première des chefs
d'œuvre de la collection privée de la famille Nahmad – The Nahmad Collection. On pourra y voir quelques 125 tableaux de Picasso, Matisse, Modigliani, Kandinsky, Monet et de bien d'autres encore. Une première mondiale. 

Du 21.10.2011 - 15.01.2012

La famille Nahmad, installée à Monaco avec des ramifications jusqu'à Londres et New York, collectionne le grand art pour la deuxième génération. Pendant des décennies, ces marchands d'art originaires de Syrie ont acheté, avec détermination et le regard du connaisseur, mais aussi vendu, des peintures et des sculptures, consolidant ainsi une collection de premier plan en marge d'un commerce d’art international florissant.

PREMIÈRE EXPOSITION AU MONDE DE CETTE COLLECTION PRIVÉE
Les chefs d'œuvre de cette collection unique n'ont encore jamais pu être vus dans leur ensemble. Les prêts généreux envoyés au Kunsthaus pour l'exposition Picasso, qui vient de se terminer et a reçu un franc succès, ont attiré l'attention d'un large public sur la qualité de ce trésor privé. Picasso en est l'un des principaux artistes avec quantité d'œuvres de toutes ses périodes de création; Matisse, Modigliani et Kandinsky sont représentés par des séries d'œuvres majeures brillantes, de même que Claude Monet en tant que père des modernes avec des tableaux aux couleurs chatoyantes, rapportés de ses voyages dans le sud.

LISTE D'ŒUVRES EN COURS D'ÉLABORATION: IMPRESSIONISME, SURRÉALISME, ABSTRACTION
La famille disposant de plusieurs milliers d'œuvres, une sélection cohérente est nécessaire. Helly Nahmad (Londres), chargée de la préparation du côté de la famille, et Christoph Becker (directeur du Kunsthaus Zürich) ont fait leurs premiers choix, plutôt surprenants. Des œuvres de grande valeur de Mark Rothko, Alberto Giacometti ou Salvador Dalí restent dans les réserves. La sélection suit d'autres critères. Elle obéit au canon de l'histoire de l'art, tout en présentant des traits très particuliers: l'éventail s'étend de l'impressionisme tardif, avec Renoir et Degas à la fin du 19ème siècle, au surréalisme, en passant par le cubisme et l'abstraction. Magritte, Léger et Max Ernst y côtoient le groupe exceptionnel de Joan Miró. Les «Canotiers à Argenteuil» (1874) de Monet, la «Étude pour improvisation 3» de Kandinsky ou la remarquable «Composition suprématique» (1916) de Kazimir Malevich ont été choisis pour Zürich. Avec le «Portrait au manteau bleu» de Matisse et le portrait du marchand d'art Paul Guillaume de Modigliani, ces œuvres offrent un parcours véritablement étonnant reliant les temps forts des modernes. Entre temps, le nombre d'œuvres initialement proposé pour l'exposition est passé de 100 à 125.



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Ce qu'écrivait le  Le Journal des Arts - n° 53 - 30 janvier 1998

 À Londres, le marchand ouvre une luxueuse galerie
Londres semble garder la confiance de ses antiquaires puisque qu’Helly Nahmad, de la célèbre famille de marchands, vient d’y ouvrir une galerie. Il y présentera une sélection des chefs-d’œuvre de la fabuleuse collection impressionniste et moderne rassemblée par son père et ses oncles.
À l’instar des Wildenstein, la famille de marchands Nahmad est célèbre pour les chefs-d’œuvre que la rumeur attribue à sa collection. Les Londoniens vont pouvoir en admirer quelques-uns dans la luxueuse galerie qu’Helly Nahmad vient d’ouvrir dans Cork Street. Son grand-père, un banquier syrien, s’était installé au Liban, puis, quand le Moyen-Orient devint trop dangereux, en Italie. Ses fils, Joseph, David et Ezra se sont fait une place sur le marché de l’art et posséderaient, toujours d’après la rumeur, des milliers de tableaux impressionnistes et modernes, dans les entrepôts du port franc de Genève. Pendant vingt ans, les Nahmad ont su utiliser avec talent le jeu des ventes aux enchères, achetant et vendant, utilisant au maximum les différences de prix d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre. Dans les années quatre-vingt, ils ont très bien exploité la frénésie d’achats des Japonais, sans pour autant éviter des pertes au moment de l’effondrement du marché. Le marchand new-yorkais Jeffrey Deitch a dit à leur propos qu’ils jouaient sur le très long terme. Ce qu’Helly, fils d’Ezra, exprime ainsi : “Ma famille n’est pas une famille de marchands. Quand on traite avec des œuvres de ce calibre, ce n’est pas le terme approprié. Notre activité relève de l’investissement à long terme – sur plusieurs décennies parfois – et associe les métiers d’investisseur, de marchand et de collectionneur.” Il souligne que la nouvelle galerie londonienne est une entreprise personnelle, même si sa famille le soutient. Parmi les tableaux de très grande qualité de l’exposition qui ouvre le 12 février, figure le portrait de Madame Fabre peint par Toulouse-Lautrec en 1891, acheté par l’un des oncles d’Helly Nahmad chez Sotheby’s à Londres en 1991. Il pense organiser trois expositions par an, la prochaine, en mai, étant consacrée à Picasso. Alors que depuis quelques années, la fin de Londres en tant que centre mondial du marché de l’art est annoncée, l’ouverture de cette galerie est un réel signe de confiance dans la capitale britannique. L’une des raisons du choix d’Helly Nahmad, à en croire le compliment adressé à ses nouveaux confrères : “Londres a les marchands les plus honnêtes du monde, surtout Lefevre et Marlborough.”

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