vendredi 19 août 2011

Quand Alexandre Tharaud joue Scarlatti



« La musique de Scarlatti a été écrite et pensée pour le clavecin, mais elle sonne de manière évidente sur un piano moderne. »
Alexandre Tharaud
Son site: http://www.alexandretharaud.com/


À une époque où le renouveau baroque a imposé une approche rigoureusement musicologique et un retour à l’interprétation sur instruments d’époque, Alexandre Tharaud est de ces artistes libres et singuliers qui préfèrent la musique à la philologie et s’abandonnent à leur inspiration sans se soucier des modes. “Je ne suis pas sûr que l’authenticité passe par un instrument donné, mais par la manière de redonner vie à une musique… En outre, les musiciens baroques nous ont enseigné la liberté, le culot dans les tempi et l’ornementation…” confiait-il à Télérama.

Pour ce nouveau disque, le pianiste français a sélectionné dix-huit sonates de Domenico Scarlatti. Eminent représentant de la culture baroque, Scarlatti est également un précurseur de la composition pour clavier à laquelle il a consacré l’essentiel de sa carrière : concises, marquées au sceau d’une inventivité rythmique et mélodique inouïes, traversées par des échos subtils de musique hispanique, ses quelque 555 sonates ont littéralement renouvelé le genre. En interprétant ces pièces sur un instrument moderne, Alexandre Tharaud fait ressortir la modernité de ce compositeur, tout en s’inscrivant dans une tradition très française qui n’est pas sans rappeler la carrière d’illustres devancières, telles qu’Yvonne Lefébure ou Marcelle Meyer : « J’aime l’extravagance, le feu solaire, la légèreté de Scarlatti, qui partage avec Chopin la même science de l’ornementation, la recherche du beau son et le rapport intime au public. »
Sans jamais céder à une virtuosité ostentatoire, Alexandre Tharaud illumine les humeurs variées de ces sonates, tour à tour badines, piquantes et mélancoliques. Plus « aristocratique et sensuel » que jamais, ainsi que le présentait le magazine anglais Gramophone.




 
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(Giuseppe) Domenico Scarlatti est un compositeur baroque et claveciniste virtuose italien, né à Naples le 26 octobre 1685, mort à Madrid le 23 juillet 1757.

Né la même année que Georg Friedrich Händel et Johann Sebastian Bach, Domenico Scarlatti passa la première partie de sa vie dans le sillage et à l'ombre de son père Alessandro Scarlatti, musicien très renommé et principal promoteur de l'opéra napolitain. Claveciniste virtuose, compositeur d'opéras, musicien de cour ou d'église, il ne parvint pas, cependant, à se fixer durablement et à faire carrière dans une des cités italiennes, férues de musique, où le menèrent ses pérégrinations : Naples, Rome, Florence, Venise...
Quelques années avant la mort de son père, il s'installa au Portugal pour y devenir le maître de clavecin de Marie Barbara de Bragance, princesse royale, fille aînée du roi Jean V de Portugal, qui devait épouser en 1729 l'héritier de la couronne d'Espagne, futur Ferdinand VI. Il la suivit à Séville, puis à Madrid et à Aranjuez. C'est là, au service privé de la maison de Marie-Barbara, qu'il devait terminer sa vie, ayant composé les quelque 555 sonates pour clavecin d'une originalité exceptionnelle et, pour la plupart, inédites de son vivant qui le posèrent comme un des compositeurs majeurs de l'époque baroque et de la musique pour clavier.

Portrait par Domingo Antonio Velasco
Portrait par Domingo Antonio Velasco
 
 

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