vendredi 5 août 2011

“Titus”

“Titus” de Julie Taymor avec Anthony Hopkins, Jessica Lange 



Synopsis

Titus Andronicus, général romain sanguinaire, rentre victorieux à Rome après de longues batailles contre les Goths. Seuls quatre de ses vingt-et-un fils sont encore en vie. Le rituel de la victoire exige le sacrifice d'un prisonnier ennemi. Titus choisit de faire exécuter le fils aîné de Tamora, la reine des Goths, elle aussi captive à Rome en compagnie de ses trois enfants et du Maure Aaron. Malgré ses prières, Titus accomplit le rituel avec cruauté, Tamora exige une vengeance...




Sorti en 2001 dans une ou deux salles en France et en DVD de nombreuses années plus tard, “Titus” est un film flamboyant mais pas facile d'accès.


Il faut rentrer dans cette histoire comme pour toute pièce de théâtre adaptée d'un grand classique, Titus Andronicus de Shakespeare.



Julie Taymor, la réalisatrice, est avant tout un metteur en scène au sens le plus noble qui soit. Bien évidemment, Anthony Hopkins en rôle principal est bluffant, lui qui a si souvent interprété du Shakespeare sur scène.
Mais ici, la réalisatrice choisit un parti pris fort intéressant.

Elle décide de donner à Rome un aspect totalement anachronique voir uchronique.
En effet, les individus se baladent en toges mais en voitures des années 20.
Un gamin lit un journal mais on dîne à des banquets.
On chasse à cheval mais avec des fusils.

Dès lors, l'ensemble de la pièce est situé dans une Rome antique avec son empereur et son parlement, avec toutes ses joutes politiques mais une Rome parallèle, une Rome qui n'a jamais existée et pour laquelle on ne cherche absolument pas à donner une véracité quelconque.

On est loin des reconstitutions et peplums à la Cécil B Demille (Cléopatre, Les dix commandements) . 

En effet, nous ne sommes pas dans un film classique mais dans un spectacle filmé avec la fluidité et la richesse de mouvement qu'offre le cinéma. Ou “comment” utiliser ce média à bon escient pour adapter une pièce. Une expérience bien plus percutante que le théâtre filmé.
Voilà toute la prouesse de cette oeuvre même si ce n'est pas la première fois que l'on utilise ce type de procédé cinématographique.




Toute la cruauté et l'absurdité des croyances de la Rome antique se confrontent aux drames les plus sanglants....une excellente façon de faire vivre Shakespeare.

J'ai vraiment apprécié ce film, ayant vu par ailleurs d'une manière plus conventionnelle, et en anglais de Shakespeare, cette pièce que j'aime particulièrement pour son vision des raisons de la chute d'un empire.....

.itus Andronicus a retrouvé sa justification au XXe siècle, grâce par exemple à la mise en scène marquante de Peter Brook en 1955, avec Laurence Olivier et Vivien Leigh. Cette pièce, dit Peter Brook, parle des émotions les plus modernes – de la violence, la haine, la cruauté, la souffrance.

Shakespeare, j'aime.....

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