jeudi 8 septembre 2011

Découverte d'un tableau de Jean-Léon Gérôme représentant Saint Jérôme

JPEG - 117.8 ko
Jean-Léon Gérôme (1824-1904)
Saint Jérôme, 1874
Huile sur toile - 69 x 93 cm
Francfort, Städel Museum
Photo : Städel Museum - Artothek



Lors d’un travail de récollement des collections du Städel Museum de Francfort en vue de la réouverture des salles consacrées à la peinture XIXe, les conservateurs ont découvert un tableau signé Jean-Léon Gérôme représentant Saint Jérôme.

Entrée dans les collections du musée en 1935 grâce à une donation des héritiers du banquier Otto Hauck, la toile n'avait pas été inventoriée, tout juste lui avait-on donné un numéro d'identification.

Etudié et restauré, le tableau, daté de 1874, sera intégré à l'exposition permanente des nouvelles salles d'art moderne, qui rouvriront au public le 17 novembre.

Jean-Léon Gérôme, né à Vesoul en Haute-Saône le 11 mai 1824 et mort à Paris le 10 janvier 1904, était un peintre et sculpteur français membre de l'Académie des beaux-arts (fauteuil 3).
Emblématique de la peinture académique du Second Empire, il composa des scènes orientalistes, mythologiques, historiques ou religieuses. Il a réintroduit la polychromie dans la sculpture.



******

5/9/11 - Découverte - Francfort, Städel Museum - En novembre prochain, le Städel Museum de Francfort rouvrira sa section moderne (de 1800 à 1945) après des travaux qui aboutiront en mars 2012 à l’inauguration d’une nouvelle présentation de l’art ancien puis, en 2013, à celle d’une aile consacrée à la période contemporaine.
Dans le cadre de ce grand chantier, les collections ont fait l’objet de soins attentifs et de nouveaux examens. C’est ainsi que le Dr Felix Krämer, chef du département de l’art moderne, a identifié en réserves une toile de Jean-Léon Gérôme, un Saint Jérôme (ill.) que l’on pensait disparue.
Elle avait été offerte au musée en 1935, par les héritiers d’Otto Hauck, pendant la période nazie, et n’avait jamais été correctement inventoriée. Il s’agit pourtant d’un tableau important et tout à fait caractéristique de l’artiste où celui-ci a sans doute voulu jouer de l’homophonie entre son nom et celui du saint représenté, Jérôme.

Cette œuvre, qui avait notamment été montrée à Paris lors de l’Exposition Universelle de Paris en 1878, n’était jusqu’à aujourd’hui connue que par une photogravure reproduite dans le catalogue raisonné de Gerald M. Ackerman [1].
Gérôme n’a peint qu’assez peu de sujets religieux et un seul décor d’église, à Paris, à Saint-Séverin, dans une chapelle d’ailleurs dédiée à saint Jérôme. Le thème est moins fréquent au XIXe siècle que dans l’art du XVIIe siècle, et l’artiste le traite d’une manière particulièrement originale. La scène se passe dans la grotte ; le saint, émacié et presque nu, est endormi lourdement, sa tête reposant sur le corps du lion, un animal qu’il avait souvent l’habitude de peindre, qu’il s’agisse de montrer les jeux du cirque ou de peindre l’animal pour lui même, comme dans le merveilleux Lion aux aguets du Cleveland Museum récemment exposé au Musée d’Orsay (voir l’
article). La composition, réalisée dans une gamme chromatique restreinte, ne comporte aucune trace du vêtement cardinalice, pas même le chapeau rouge qui en général, au XVIIe siècle, traine dans un coin. L’œuvre constitue une belle redécouverte, quelques jours à peine avant la fin de la rétrospective Gérôme (voir l’article).


Didier Rykner, lundi 5 septembre 2011

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire