mardi 4 octobre 2011

Matisse, Cézanne, Picasso . . . L’aventure des Stein

Matisse, Cézanne, Picasso . . . L’aventure des Stein

Matisse, Cézanne, Picasso . . . L’aventure des Stein
Pablo Picasso, Nu à la serviette, 1907 - © Succession Picasso 2011
Un ensemble exceptionnel d'œuvres des différentes collections des Stein est présenté du 5 octobre 2011 au 16 janvier 2012, au Grand Palais
**************
Ils s'appellent Léo, Sarah, Michael et Gertrude, Ils sont américains et s'installent à Paris au début du XXème siècle. Collectionneurs d'art, ils ont su flairer les artistes importants d'art moderne au point de posséder l'une de plus importantes collections de l'époque. A travers huit sections, l'exposition propose de retracer le parcours de ces quatre collectionneurs hors pairs qui ont su imposer une nouvelle norme en matière de goût dans l'art moderne.

Si l'exposition raconte d'abord comment Léo Stein a été l'un des premiers à déceler le talent chez Manet, Degas, Renoir et Cézanne, artistes fondateurs de l'art moderne et à être sensible à une œuvre emblématique du courant fauviste « La Femme au chapeau » de Matisse (qui a fait scandale à l'époque), elle revient ensuite sur leurs habitations dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés abritant des œuvres d'artistes contemporains tels que Matisse, Picasso ou Man Ray attisant la curiosité et la convoitise du tout Paris.

L'exposition revient ensuite sur le flair de Sarah et Michael Stein qui ont été les premiers à défendre l'art de Matisse et à le soutenir pour dévoiler son art au grand public. De la même manière, Gertrude s'était liée d'amitié avec Picasso et l'a accompagné pendant la genèse des Demoiselles d'Avignon.

Dans les années 20, les Stein ont même encouragé le Post-Cubisme et les Néo-Romantiques. Gertrude Stein, notamment, a défendu un groupe de jeune peintres, appelés les Néo-humanistes et à soutenir les peintres hyperréalistes.
*******

"Deux femmes au bar", tableau de Pablo Picasso (1902).


Leo Stein (1872-1947) et sa sœur Gertrude (1874-1946) d’origine américaine, font partie des millions de touristes qui se rendent à l’Exposition universelle à Paris au cours de l’été 1900. Ils décident d’y rester. En janvier 1904, Michael le frère aîné (1865-1938) et sa femme Sarah, les rejoignent.
Cultivés, sensibles, peu soucieux des normes sociales, plus proches de la bohème artistique que de la grande bourgeoisie américaine, les Stein vont se révéler être des collectionneurs audacieux et atypiques. Ils développant un mécénat qui se double d’une complicité artistique et intellectuelle.

Présentation de l’exposition

Jusqu’au 16 janvier 2012, les Galeries Nationales du Grand Palais à Paris, proposent aux visiteurs des œuvres des différentes collections des Stein : Renoir, Cézanne, Picasso, Matisse, Manguin, Bonnard, Vallotton, Laurencin, Juan Gris, Masson, Picabia…


Le parcours de l’exposition, articulé en huit sections, permet d’apporter un éclairage sur chacun des membres de la famille.

Salle 1 - L’art moderne et ses sources

De 1900 à 1902, Leo Stein s’installe à Florence, où il découvre des collections qui le guideront pour construire la sienne selon une esthétique spécifique : Manet, Cézanne, Renoir et Degas constituent le socle fondateur de l’art moderne.
Lorsqu’il décide de vivre à Paris pour apprendre la peinture, il loue une maison-atelier, rue de Fleurus et achète ses premiers tableaux de Cézanne ainsi que des lithographies de Renoir et Degas.

Salle 2 - Le Paris des avant-gardes

Leo découvre pleinement l’impressionnisme à travers le legs Caillebotte au Musée du Luxembourg. Il découvre l’œuvre de Picasso à une exposition et lui achète, dès lors, dessins et toiles

Il réunit un ensemble autour du thème du nu allongé – parmi lesquels le chef d’œuvre de Matisse le Nu bleu (souvenir de Biskra). Au Salon d’Automne de 1905, Leo acquiert l’œuvre qui fait le scandale de la salle des Fauves, la Femme au chapeau, toile de Matisse.

Salle 3 - "Les samedis" des Stein
Michael et Sarah habitent au 58 de la rue Madame tandis que Gertrude et Leo sont installés au 27 rue de Fleurus.
Ces deux lieux deviennent des salons prisés du Tout-Paris artistique qui s’y réunit afin de voir la plus belle collection de tableaux de Cézanne de Paris, les dernières œuvres de Picasso et surtout de Matisse, commentés par Leo ou par Sarah.

Salle 4 - Michael et Sarah Stein, premiers "matissiens"

Le couple se lie à Matisse et seront les premiers grands défenseurs de son art. Ils réunissent avant guerre une collection exceptionnelle
Vers 1907, la collection des Stein s’organise exclusivement autour de Matisse, avec des toiles majeures achetées directement à l’artiste, comme ou Le Madras rouge ou, en janvier 1912, Intérieur aux aubergines.

Salle 5 - L’Académie Matisse

En janvier 1908, Sarah Stein qui, tout comme Leo, pratique la peinture et bénéficie des corrections occasionnelles de Matisse incite ce dernier à ouvrir une académie (1908-1910).
L’académie Matisse prend place au Couvent des Oiseaux, rue de Sèvres, à côté de l’atelier de Matisse puis, au printemps 1908, au Couvent du Sacré-Cœur.

Salle 6 - Le Corbusier : une villa pour les Stein (1928-1935)

Sarah et Michael Stein décident en 1926 de faire construire une villa, ils font alors appel à Le Corbusier, choix moderniste, digne de collectionneurs de l’avant-garde
Avec l’irruption de la guerre en août 1914 et après de nombreuses vicissitudes, ils se voient contraints de vendre leurs tableaux en 1920-21, dispersant ainsi une collection exceptionnelle. Devant la montée des périls fascistes, ils rentrent définitivement aux Etats-Unis, en 1935.
Salle 7 - Gertrude Stein et Picasso
L’amitié de Gertrude Stein et de Picasso est scellée par le portrait qu’il réalise en 1906 et qui fixe à jamais les traits de l’écrivain. Elle et son frère acquièrent vers 1907-08 un ensemble de quatorze études pour les Demoiselles d’Avignon et le Nu à la draperie.
Après la guerre, alors que les prix des œuvres de Picasso ne sont plus à sa portée, elle soutient toutefois la production "post-cubiste" et se tourne dans les années 1920, vers Juan Gris et André Masson, deux artistes défendus par le galeriste Kahnweiler.

Salle 8 : Gertrude Stein, portraits et hommages

Alors que Léo s’est installé en Italie, Michael et Sarah sont rentrés à San Francisco, Gertrude Stein partage son temps entre Paris et sa maison dans l’Ain. Elle défend un groupe de jeunes peintres, les Néo-romantiques.
Depuis son engagement auprès de la Croix rouge américaine pendant la guerre, avec sa compagne Alice Toklas , Gertrude est devenue une figure populaire. Ses portraits sont nombreux et contribuent à la construction d’un mythe.
Elle disparaît en 1946 non sans avoir assisté à l’émergence d’une nouvelle abstraction informelle, avec les toutes premières œuvres de Jean-Michel Atlan (1913-1960)

Les éditions numériques et audiovisuelles autour de l’exposition

e-catalogue de l’exposition : cette application permet de retrouver sur iPad l'intégralité du catalogue d'exposition dans une interface simple et ergonomique qui tire pleinement parti de capacités graphiques de la tablette tactile.
e-album de l’exposition : la collection e-album est la première collection de livres d'art pour iPad.

Informations pratiques

  • Grand palais, Galeries nationales
  • 3 avenue du Général Eisenhower - 75008 Paris (entrée Champs-Elysées par le square Jean Perrin)
  • +33 (0)1 44 13 17 17 (serveur vocal)
  • www.rmngp.fr
*************************

image1
D’origine américaine, les Stein s’installent à Paris au début du XXe siècle : Gertrude, écrivain d’avant-garde, avec son frère Léo, rue de Fleurus ; Michael, l’aîné, avec son épouse Sarah, rue Madame. Premiers acheteurs de Matisse et de Picasso, ils accueillent chez eux toute l’avant-garde artistique et constituent ainsi une des plus étonnantes collections d’art moderne.

L’exposition revient sur l’histoire de cette famille hors norme. Elle éclaire l’importance de son patronage pour les artistes et montre comment elle a contribué à imposer une nouvelle norme en matière de goût dans l’art moderne, à travers : le regard de Léo sur les sources de la modernité, ainsi que ses échanges avec les intellectuels de l’époque ; l’amitié de Gertrude avec Picasso ; son écriture poétique et le cubisme ; les liens de Sarah avec Matisse ; les collaborations entre Gertrude et les artistes dans les années 20 et 30...
Cette importante manifestation réunit un ensemble exceptionnel d’œuvres des différentes collections des Stein : Renoir, Cézanne, Picasso, Matisse, Manguin, Bonnard, Vallotton, Laurencin, Gris, Masson, Picabia....
Le parcours articulé en huit sections permet d’apporter un éclairage sur chacun des membres de la famille : Leo, Sarah et Michael et enfin, Gertrude.

I « The Big Four » : Manet, Renoir, Degas, Cézanne, piliers de l’art moderne.
Léo Stein, jeune américain fasciné par l’art européen, s’installe à Paris en 1902 et construit son regard à travers des échanges avec des théoriciens et des historiens de l’art tels que Berenson et les expositions du Paris du début du siècle - éducation du regard qui le guidera pour construire sa propre collection selon une esthétique spécifique : Manet, Degas, Renoir et Cézanne constituent le socle fondateur de l’art moderne.

II La tradition classique à l’épreuve de la modernité
Léo, rejoint par sa sœur Gertrude puis par son frère Michael et son épouse Sarah, est à l’origine de leurs premières acquisitions qui ressortent d’un goût pour une modernité classique dans la lignée de Manet et de la grande peinture italienne : Manguin, Vallotton, Maurice Denis, les Picasso de la période bleue et rose. Il rassemble un ensemble étonnant autour du thème classique du nu allongé - parmi lesquels le chef d’œuvre de Matisse le Nu bleu, souvenir de Biskra - autant de réminiscences pour Leo du schéma prégnant de la Vénus d’Urbin revisité par l’Olympia de Manet.

III La révélation « fauve », salon d’Automne 1905.
Léo achète La Femme au chapeau, toile de Matisse qui a fait scandale au Salon d’Automne de 1905. Une acquisition emblématique de l’audace de la collection Stein, placée sous le signe de l’avant-garde.

IV Les « Samedis des Stein ».
Michael et Sarah Stein habitent avec leur fils Allan au 58 de la rue Madame tandis que Gertrude et Leo sont installés au 27 rue de Fleurus. Ces deux lieux deviennent des salons prisés du Tout-Paris artistique : étrangers de passage, intellectuels et artistes parisiens s’y pressent afin de voir surtout les œuvres des deux champions de la collection - Matisse et Picasso. Braque, Apollinaire, Picabia, Duchamp, Man Ray, Gris, Laurencin, Masson, mais aussi les écrivains américains, Hemingway, Sherwood Anderson, Fitzgerald... s’y croisent et y découvrent La Joie de vivre et le Nu bleu de Biskra de Matisse, Le Garçon au cheval et Les Trois Femmes de Picasso, le Portrait de Madame Cézanne de Cézanne et les tableaux de Renoir ou de Gauguin.

V Matisse. Une collection sensible et complète.
Sarah et Michael Stein se lient à Matisse et seront les premiers grands défenseurs de son art. Ils réunissent avant guerre une collection exceptionnelle. Sarah le convainc d’ouvrir une académie où elle suit les cours du maître aux côtés de nombreux artistes étrangers. Elle soutient Matisse dans sa volonté d’expliciter son art à travers écrits et enseignement. En 1914, les Stein acceptent de prêter dix-neuf de leurs plus belles toiles à Berlin pour une exposition dans la galerie de Fritz Gurlitt. La guerre bloquera leurs œuvres en Allemagne, qui ne seront jamais récupérées. Ils s’installent en 1928 dans une villa qu’ils font construire par Le Corbusier, à Garches, jusqu’en 1935 alors qu’ils décident de rejoindre les Etats-Unis face à la montée des périls fascistes.

VI Gertrude Stein et Picasso.
Gertrude Stein, dont Picasso se propose de faire le portrait en 1906, se découvre une véritable amitié avec le peintre. C’est à ce moment-là qu’elle commence l’écriture de son ouvrage monumental The Making of Americans, profondément marquée par la peinture de Cézanne, notamment le Portrait de Femme acheté chez Vollard, et les échanges avec Picasso. Préoccupés tous deux par la question du réalisme et de l’objet, chacun élabore une écriture relativement hermétique - l’une, littéraire, fondée sur la répétition, et l’autre, picturale, sur la décomposition des volumes. Ainsi, Gertrude et son frère accompagnent Picasso pendant l’aventure de la genèse des Demoiselles d’Avignon, acquérant un carnet d’études exceptionnel et le grand tableau, Nu à la serviette (1907). Lorsque le frère et la sœur se séparent en 1913, Gertrude continue d’acheter des toiles cubistes de Picasso.

VII Années 1920 - 1930 : le Post-Cubisme et les Néo-Romantiques.
Après la guerre, les artistes que les Stein ont soutenus sont devenus très célèbres, et leurs cotes, inaccessibles. Gertrude Stein, proche de Kahnweiler, soutient toutefois dans les années 1920 la production « post-cubiste » de Gris, Braque, Masson... Alors que Léo s’est installé en Italie, Michael et Sarah sont rentrés à San Francisco, Gertrude partage son temps entre Paris et sa maison dans l’Ain, à Bilignin ; elle défend un groupe de jeunes peintres, les Néo-humanistes, Francis Rose, Bérard, Tchelitchew, mais aussi la production tardive de Picabia, les « Transparents » et les peintures hyperréalistes. Elle disparaît en 1946 non sans avoir assisté à l’émergence d’une nouvelle abstraction informelle, avec les toutes premières œuvres d’Atlan.

VIII Gertrude Stein, Portraits et Hommages.
Depuis son engagement auprès de la Croix rouge américaine avec sa compagne Alice Toklas pendant la guerre, elle est devenue une figure populaire, célébrité qui ne fait que croître avec la publication en 1933 de L’Autobiographie d’Alice Toklas. Ses portraits (Vallotton, Cecil Beaton, Man Ray, Jo Davidson, Jacques Lipchitz, Dora Maar, Marcoussis, Picabia, Rose, Tchelitchew, Nadelman...) sont nombreux et contribuent à la construction d’un mythe.



L’exposition est organisée par la Rmn-Grand Palais, le Museum of Modern Art de San Francisco et le Metropolitan Museum of Art de New York.
Renseignements, achat de billets et téléchargement des audio guides (3 €) sur www.rmn.fr

Illustration : Femme au chapeau - Henri Matisse - San Francisco Museum of Modern Art, don d’Elise S. Haas, San Francisco, USA - © Succession H. Matisse. Photo : Moma, San Francisco, 2011

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire