jeudi 27 octobre 2011

Paroles...



 « Je passai un jour entier à me promener dans les rues désertes de la ville engloutie. Ce tombeau, ouvert après deux mille ans et rendant au soleil ses rues, ses monuments, ses arts, me laissa aussi insensible que le Vésuve.



L'âme de toute cette cendre a été balayée depuis tant de siècles par le vent de Dieu qu'elle ne me parlait plus au cœur. Je foulais sous mes pieds cette poussière d'hommes dans les rues de ce qui fut leur ville avec autant d'indifférence que des amas de coquillages vides roulés par la mer sur ses bords.



Le temps est une grande mer qui déborde, comme l'autre mer, de nos débris. On ne peut pas pleurer sur tout.


A chaque homme ses douleurs, à chaque siècle sa pitié ; c'est bien assez. »



A. de Lamartine

(Graziella, chapitre 4, X)


Fichier:Lamartine, par Decaisne.jpg
Lamartine peint par Decaisne (musée de Mâcon)

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