vendredi 7 octobre 2011

Sonnet de l’absinthe

File:Oliva.jpg
Czech artist Viktor Oliva’s “The Absinthe Drinker” (Buveur d’absinthe) which hangs in Prague’s famous Cafe Slavia on Narodni Street.



Absinthe, ô ma liqueur alerte,
Il me semble quand je te bois
Boire l’âme des jeunes bois
Pendant la belle saison verte.

Ton frais parfum me déconcerte
Et dans ton opale je vois
Des cieux habités autrefois
Comme par une porte ouverte.

Qu’importe, ô recours des maudits,
Que tu sois un vain paradis,
Si tu contentes mon envie;

Et si, devant que j’entre au port,
Tu me fais supporter la vie,
En m’habituant à la mort



(Le Courrier Français, 1886)
Fichier:Ponchon - La Muse gaillarde.djvu

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire