vendredi 4 novembre 2011

Close up sur.... Konrad Witz

Le peintre Konrad Witz (env. 1400 – 1446) compte parmi les artistes les plus radicaux de la peinture dans la première moitié du XVe siècle.

Fichier:Konrad Witz 004.jpg

Saint Christophe par Konrad Witz (c.1435), au Kunstmuseum de Bâle


Pour en savoir plus: http://konradwitz.over-blog.com/

C'est à l'historien d'art bâlois D. Burckhardt que revient le mérite d'avoir tiré Konrad Witz de l'oubli (1901).

Originaire de Rottweil (Bade-Wurtemberg), K. Witz fut admis en 1434 au sein de la corporation des peintres de Bâle. Quelques mois plus tard, il devint bourgeois de cette cité, où se déroulaient depuis 1431 les sessions d'un important concile visant à la réforme générale de l'Église. C'est dans ce contexte que Witz peignit v. 1435 le Retable du Miroir du salut. À la demande de l'évêque François de Metz, le peintre bâlois se rendit en 1444 à Genève, où il exécuta les deux volets d'un retable destiné au chœur de la cathédrale Saint-Pierre (signé et daté de 1444 sur le cadre ; Genève, musée d'Art et d'Histoire). Un document rédigé entre 1445 et 1447 désigne la femme de Konrad Witz comme veuve.
L'œuvre conservé de Witz est fort réduit. Outre les deux retables de Bâle et de Genève, on compte un panneau représentant Saint Christophe (Bâle, Öffentliche Kunstsammlung). La critique s'accorde pour situer à la fin de la carrière du peintre l'Annonciation (Nuremberg, Germanisches Nationalmuseum), avec son ancien revers, où sont peintes la Rencontre à la porte Dorée (Bâle, Öffentliche Kunstsammlung) et les Saintes Madeleine et Catherine (Strasbourg, musée de l'Œuvre Notre-Dame). L'attribution à Konrad Witz de la Pietà (New York, The Frick Collection), de la Sainte Famille dans une église (Naples, Capodimonte) et du Calvaire avec un donateur cardinal (musées de Berlin) est sujette à caution. Ch. Sterling (1986) a donné ces trois tableaux à Hans Witz, disciple et probablement parent de Konrad, travaillant en Savoie entre 1440 et 1475.

l'Annonciation

Saint Christophe

La Crucifixion

Le Retable du Miroir du salut fut vraisemblablement commandé pour le chœur de la collégiale Saint-Léonard de Bâle, où séjournaient un certain nombre de prélats siégeant au concile. L'œuvre est conçue suivant un savant programme iconographique, centré sur l'idée de l'unité de l'Église par le salut chrétien. L'une des sources littéraires utilisées pour son élaboration semble avoir été le Speculum humanae salvationis, un traité dominicain du XIVe s. Revenant sur la reconstitution peu satisfaisante proposée par H. Wendland (1924), A. Châtelet (1987) a résolu de façon fort convaincante le problème de la disposition originelle du retable, restituant à cet ensemble son caractère tout à fait novateur pour l'époque.
La caisse centrale du retable, comportant un décrochement dans sa partie supérieure, renfermait probablement une Adoration des mages sculptée, à laquelle correspondaient des scènes de l'Ancien Testament et de l'histoire profane peintes sur les trois registres de la face intérieure des volets (Auguste et la sibylle de Tibur, Dijon, musée des Beaux-Arts ; Salomon et la reine de Saba, musées de Berlin ; David et Abisaï, Sabothaï et Benaja, Esther et Assuérus, César et Antipater, Abraham et Melchisédech, Bâle, Öffentliche Kunstsammlung). Fermé, le retable se présentait comme une superposition de boîtes (toujours sur trois registres) dans chacune desquelles se tenait un personnage isolé (seuls subsistent : Saint Augustin, Dijon, musée des Beaux-Arts ; Saint Barthélemy, l'Église, la Synagogue, l'Ange de l'Annonciation, Bâle, Öffentliche Kunstsammlung).
Insérées chacune dans un cadre étroit et sévère qu'elles dominent par leur densité plastique, les figures de l'extérieur du Retable du Miroir du salut font l'effet de statues polychromes, disposées dans une sobre architecture de pierre. Non moins sculpturaux, les personnages de l'intérieur des volets sont groupés par deux au sein de chaque panneau, devant un brocart d'or. La connaissance par Witz de la nouvelle peinture flamande, et notamment de l'œuvre de Robert Campin, est sensible dans ce traitement plastique de la figure humaine, comme dans le savoir-faire que décline le peintre souabe sur les compartiments de la face interne du retable. Les riches vêtements (velours, soieries, brocarts), les fourrures, les pierreries et les armures sont rendus avec une précision analytique qui s'attache également aux effets de la lumière sur ces objets. Le fond d'or, la préciosité des matières et l'éclat des quelques couleurs saturées employées par Witz (rouge, bleu, vert) contribuent à la somptuosité de l'intérieur des volets.

LE RETABLE DU MIROIR
Salomon et la reine de Saba

Saint Barthélemy

Esther et Assuérus

Pour expliquer l'assimilation par Witz des nouveautés picturales des Pays-Bas, J. Van Miegroet (1986) a émis l'hypothèse suivant laquelle le peintre aurait subi l'influence d'enlumineurs originaires d'Utrecht travaillant à Bâle à l'époque du concile.
Du retable de la cathédrale Saint-Pierre de Genève ne subsistent que deux volets, peints sur les deux faces (face extérieure : l'Appel de saint Pierre et la Délivrance de saint Pierre ; face intérieure : l'Adoration des Rois et la Présentation du cardinal de Metz à la Vierge, Genève, musée d'Art et d'Histoire). Ces panneaux sont les chefs-d'œuvre de la maturité de K. Witz. Les figures sont toujours massives et sculpturales, mais l'artiste fait cette fois preuve d'un sentiment profond de la nature. Dans l'Appel de saint Pierre apparaît le premier paysage réel de la peinture occidentale, celui de la rade de Genève. Dans cette transcription biblique, les pêcheurs relèvent leurs filets et manœuvrent une barque à fond plat, comme on le fait encore aujourd'hui. Les pieux qui surgissent de l'eau sont les pilotis du faubourg du Temple de Genève. Sur la rive opposée, le coteau de Cologny est dominé par les Voirons, la pointe du Môle, le Petit-Salève et, au fond, le mont Blanc ; au loin, une escorte de cavaliers est précédée de l'étendard aux armes de la maison de Savoie. Le paysage remplit tout le tableau, absorbant en quelque sorte l'action. Le sens de la composition générale s'allie au sentiment de la nature, à l'art de rendre la perspective aérienne. Il y a dans cette œuvre un naturalisme, une vérité historique qui représentaient au milieu du XVe s. une puissance novatrice et une hardiesse inconnues jusque-là.

L'Appel de saint Pierre

La Présentation du cardinal de Metz à la Vierge

La libération de Pierre

L'Adoration des Mages

L'art de K. Witz rejoint celui du Maître de l'Annonciation d'Aix, lui aussi imprégné de l'exemple de Robert Campin, par sa force synthétique, le rôle simplificateur donné à la lumière et la calme monumentalité de l'expression plastique. Son influence fut importante dans le Rhin supérieur, et en particulier dans la région de Bâle (Maître bâlois de 1445, Maître de Sierenz) ainsi qu'en Savoie (tombeau de Philibert de Monthouz, 1458, église Saint-Maurice d'Annecy).



Sainte-Madeleine et Sainte-Catherine

Le panneau Sainte Madeleine et Sainte Catherine, sans doute fragment d'un retable, est une œuvre de sa période de maturité. L'artiste y manifeste un intérêt très neuf pour l'organisation d'un espace réaliste et le rendu de la monumentalité des volumes et des corps.




Les deux saintes sont assises sur un dallage gris dans la galerie d'un cloître ou un bas-côté d'église. A gauche se trouve une sorte de chapelle abritant un autel. Celui-ci est surmonté d'un candélabre doré et d'un retable figurant un Christ en croix entre la Vierge et saint Jean. Les deux saintes sont richement vêtues et leurs robes, bordées de fourrures et brodées d'or et de perles, occupent tout le bas du panneau. Largement étalées, elles sont animées par un étonnant système de plis cassés en étoile qui semble indépendant du corps des deux femmes. Près de sainte Catherine, la roue, symbole de son martyre, est figurée avec ses reflets et son ombre portée. Sainte Madeleine à gauche présente le vase de parfum qui lui sert d'attribut. Les noms des saintes sont inscrits dans leurs nimbes dorés.

L'espace est ici construit et cohérent, la perspective assurée et l'air semble circuler autour de personnages conçus comme des formes en trois dimensions. Mais ceux-ci restent néanmoins raides et peu expressifs.

Par la porte ouverte au fond du cloître, on découvre l'éventaire d'un artiste (peut-être Witz lui-même) sur lequel sont exposés des panneaux peints et des sculptures polychromées. On peut aussi remarquer la notation des reflets dans la flaque d'eau et le rendu des ombres des personnages qui renforcent encore l'illusion de la réalité.


Source

http://www.framemuseums.org/jsp/fiche_oeuvre.jsp?STNAV=&RUBNAV=&CODE=1153936390584&LANGUE=0&RH=GALERIEs&OBJET_PROVENANCE=GALERIE&PAGE_NAVIGATION=1http://www.larousse.fr/encyclopedie/peinture/Witz/154955Nicolas de Leyde
Buste d'homme accoudé de Nicolas de Leyde, Avant 1467Musée de l'Oeuvre Notre-Dame, StrasbourgPiero della FrancescaVirgin and Child Enthroned with Four Angels, c. 1460-70Sterling and Francine Clark Art InstituteAndrea MantegnaLe Christ au jardin des Oliviers, 1459
Musée des Beaux-Arts de ToursAndrea MantegnaLa Resurrection, 1459Musée des Beaux-Arts de ToursConrad Witz (vers 1400-1447)Sainte-Madeleine et Sainte-Catherine, Vers 1440Musée de l'Oeuvre Notre-Dame, StrasbourgPISANO, Antonio, dit PISANELLOMédaille de Jean VIII Paléologue, Vers 1438/9Musée des Beaux Arts de LyonLe Christ et saint Jean, Vers 1430Musée de l'Oeuvre Notre-Dame,StrasbourgDONATELLOLe festin d'Hérode, 1430Palais des Beaux-Arts de LilleMaître strasbourgeoisLe Doute de saint Joseph, Vers 1410-1420Musée de l'Oeuvre Notre-Dame, StrasbourgGiotto (1267 – 1337)Crucifixion,, Vers 1319 –1320Musée des Beaux-Arts / Palais Rohan, Strasbourg


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Catalogue anglais de l'exposition "Konrad Witz" présentée au Kunstmuseum de Bâle, Suisse (6 mars - 3 juillet 2011).
L’exposition se donnait pour objectif de partir sur les traces des témoignages qui sont restés de la propre main de Konrad Witz à l’exemple du célèbre retable du Miroir du Salut dédié à Saint Léonard de Bâle.
Plus de 80 objets, parmi lesquels de nombreux prêts, comprenant des tableaux de grand format aussi bien que des œuvres sur papier, sur verre ainsi que des exemples de la peinture murale, permettront de mesurer l’influence qu’il a exercée sur ses contemporains. A cet effet, l’analyse technologique des tableaux d’après les méthodes les plus récentes ont apporté des découvertes précieuses.

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Konrad Witz (um 1400-um 1446)
Der Heilige Christophorus, um 1434/1445. Kunstmuseum Basel, Geschenk von August la Roche-Burckhardt
Autour de son œuvre, l’exposition cherchait à examiner la question de son héritage pictural et de sa place dans l’histoire de la peinture de son temps.
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Depuis sa redécouverte par Daniel Burckhardt-Werthemann en 1901, Konrad Witz a fasciné des générations de chercheurs qui se sont penchées sur lui. Avec l’exposition bâloise un rêve qu’on évoque depuis des décennies de manière récurrente se réalise pour la première fois, l’oeuvre de cet artiste pionnier est présentée à un large public.
Witz s’installe à Bâle, vers 1434, attiré sans doute par l’atmosphère internationale entourant le grand concile de l’Église catholique accueilli par cette ville pendant ces années. En 1447 il est déjà mort. Pendant cette courte période d’à peine plus d’une décennie, il crée une série de grands retables, dont quelques panneaux seuls ont survécu. A cela s’ajoutent des fragments qui témoignent de son activité dans le domaine de la peinture murale.
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Konrad Witz (um 1400-um 1446)
Die Helden Sibbechai und Benaia aus dem Heilsspiegel-Altar, Um 1435. Kunstmuseum Basel
Les oeuvres de Witz révèlent un intérêt à la fois sensationnel et nouveau pour la réalité concrètement perceptible. Le rôle donné au jeu de la lumière et de l’ombre, aux reflets, à la profondeur de l’espace et des paysages indiquent sa connaissance de la peinture flamande de son époque.
Au centre de l’exposition, on trouve le célèbre retable du Miroir du Salut, probablement réalisé pour l’église bâloise de Saint Léonard. Après une restauration de plusieurs années, les neuf panneaux de la collection du Kunstmuseum peuvent enfin être présentés dans toute leur splendeur et à la lumière de récentes découvertes en matière de technologie picturale. De plus, ils seront temporairement réunis avec les autres panneaux qui ont survécu de ce retable singulier dans la collection du Musée des Beaux-Arts de Dijon.

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