mardi 8 novembre 2011

Paroles




Il y a des mains qui sont mortes et d’autres pas.
Il faut de l’expérience pour se rendre compte.
Quand l’homme tend sa main la première fois, elle est chaude et blanche avec cinq doigts bien distincts.
La deuxième fois comme il insiste davantage, on a le temps de remonter un peu le long du bras mais ça n’est pas suffisant.

La troisième fois alors qu’on espère le contact de la main prolongé, il présente une autre portion de lui-même, la bouche ou le sexe, cela dépend de son tempérament.
Quand l’homme me serre dans ses bras la quatrième fois en disant « je t’aime », c’est à ce moment-là que la main se décide.
Soit elle reste accrochée aux mots de l’homme, soit elle tombe comme une feuille morte.

       coldleaves by ~deckchairs


C’est curieux toutes ces mains par terre en automne.

Isabelle Pinçon

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