lundi 4 avril 2011

Chat studieux



via [info]carabaas

La photo du jour de Randy


Geranium photographed in my orangerie today.

Frank Whipple

Frank Whipple  est un artiste américain né en 1900 très connu pour ses peintures pleines d'humour et de tendresse des "cornettes" des "Soeurs de la Charité", souvenir de son passage en Italie et en France en tant que journaliste de guerre dans l'armée américaine.


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...No country for old men...

William_Butler_Yeats
Sailing to Byzantium, William Butler Yeats, 1926
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1
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That is no country for old men. The young
In one another’s arms, birds in the trees
- Those dying generations – at their song,
The salmon-falls, the mackerel-crowded seas,
Fish, flesh, or fowl, commend all summer long
Whatever is begotten, born, and dies.
Caught in that sensual music all neglect
Monuments of unaging intellect.
.
2
.
An aged man is but a paltry thing,
A tattered coat upon a stick, unless
Soul clap its hands and sing, and louder sing
For every tatter in its mortal dress,
Nor is there singing school but studying
Monuments of its own magnificence;
And therefore I have sailed the seas and come
To the holy city of Byzantium.
.
3
.
O sages standing in God’s holy fire
As in the gold mosaic of a wall,
Come from the holy fire, perne in a gyre,
And be the singing-masters of my soul.
Consume my heart away; sick with desire
And fastened to a dying animal
It knows not what it is; and gather me
Into the artifice of eternity.
.
4
.
Once out of nature I shall never take
My bodily form from any natural thing,
But such a form as Grecian goldsmiths make
Of hammered gold and gold enamelling
To keep a drowsy Emperor awake;
Or set upon a golden bough to sing
To lords and ladies of Byzantium
Of what is past, or passing, or to come.
.
———————————————
.
Traduction en français
.
1
.
Ce pays-là n’est pas pour les vieillards. Les garçons
Et les filles enlacés, les oiseaux dans les arbres
- Ces générations de la mort – tout à leur chant,
Les saumons bondissants, les mers combles de maquereaux,
Tout ce qui marche, nage ou vole, au long de l’été célèbre
Tout ce qui est engendré, naît et meurt.
Ravis par cette musique sensuelle, tous négligent
Les monuments de l’intellect qui ne vieillit pas.
.
2
.
Un homme d’âge n’est qu’une misérable chose,
Un manteau loqueteux sur un bâton, à moins
Que l’âme ne batte des mains et ne chante, et ne chante plus fort
A chaque nouvelle déchirure qui troue son habit mortel,
Mais il n’est qu’une seule école pour ce chant, c’est l’étude
Des monuments de sa propre magnificence ;
Et c’est pourquoi j’ai traversé les mers pour m’en venir
Jusqu’à la cité sainte de Byzance.
.
3
.
Ô vous, sages dressés dans les saintes flammes de Dieu
Comme dans l’or d’une mosaïque sur un mur,
Sortez des flammes saintes, venez dans la gyre qui tournoie
Et soyez les maîtres de chant de mon âme.
Réduisez en cendres mon cœur ; malade de désir,
Ligoté à un animal qui se meurt,
Il ignore ce qu’il est ; et recueillez-moi
Dans l’artifice de l’éternité.
.
4
.
Une fois hors de la nature, je n’emprunterai plus
Ma forme corporelle à nulle chose naturelle, mais
A ces formes que les orfèvres de Grèce
Façonnent d’or battu ou couvrent de feuilles d’or
Pour tenir en éveil un Empereur somnolent ;
Ou qu’ils posent sur un rameau d’or pour qu’elles chantent
Aux seigneurs et aux dames de Byzance
Ce qui fut, ce qui est, ce qui est à venir.
.
Traduction J.-Y. Masson,
in, Anthologie bilingue de la poésie anglaise, La Pléiade, Gallimard, 2005

Camera obscura... Lillian Bassman

Lillian Bassman née en 1917 est une photographe et artiste peintre américaine.
Ses parents étaient des intellectuels juifs émigrés de Russie en 1905.
Elle est très connue pour ses photographies de mode dans













[fotos: Lillian Bassman]

Tamara de Lempicka



Naissance à Moscou (et non pas, comme on l'a longtemps cru, à Varsovie), le 16 mai 1898, de Tamara Gurwick-Gorska, dite Tamara de Lempicka, la peintre la plus emblématique des années « Art Déco ».




Tamara_de_lempicka_1
Tamara de Lempicka
Image, G.AdC






LES ANNÉES JAZZ


« Rien n’est plus évocateur des années jazz que ces portraits glacés de femmes à la mode et d’hommes séduisants qui jouent au polo dans la journée et boivent des cocktails jusqu’à l’aube », rapporte le critique d’art Frank Whitford, qui rajoute que c’est au cours de ces soirées folles « données par les riches et les décadents, où drogues et alcools étaient servis par des domestiques à moitié nus », que Tamara de Lempicka « sniffait de la cocaïne avec Gide et draguait hommes et femmes », et qu’elle a aussi fait la connaissance de Colette, d'Isadora Duncan, de Jean Cocteau, ou encore de James Joyce.




GLAMOUR ET INGRISME PERVERS


Née dans une famille très fortunée, Tamara de Lempicka a vécu à Saint-Péterbourg une existence dorée jusqu’à l’arrestation par les bolcheviks, en 1918, de son mari Tadeusz (de Lempicki), dont elle finit (après beaucoup d’acharnement) par obtenir la libération. Le couple fuit tout aussitôt la Russie et s’installe en France. À Paris où, après une courte période de misère, elle fréquente la Haute société européenne et s’affiche femme émancipée et bisexuelle. Tamara étudie la peinture à l’Académie de la Grande-Chaumière (un institut privé). Elle est l’élève d’André Lhote et de Maurice Denis (mouvement nabi) et se passionne pour l’art de la Renaissance italienne et du maniérisme (notamment florentin : Le Pontormo), et pour les grands maîtres italiens (Bronzino, Botticelli et Michel-Ange en particulier).

En 1925, elle participe à la première grande Expo Arts Déco (Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels de Paris) et tient à Milan sa première exposition personnelle (Galerie Bottega di Poesia, Via Montenapoleone, dirigée par le comte Emanuele Castelbarco). C’est à partir de là qu’elle se fait un nom et devient une véritable icône et diva de l’Art Déco et des Années folles. Avec un style glamour unique, d'un hédonisme raffiné tout à fait reconnaissable. « Une lumière à la manière d'Ingres, du cubisme à la Fernand Léger, avec du rouge à lèvres Chanel », résume un critique d'art de l’époque. Le critique Arsène Alexandre ira jusqu'à utiliser l'expression (devenue fameuse) d'« ingrisme pervers » (La belle Rafaëla en vert, v. 1927). Une expression qu'il désavouera toutefois en 1929.



En 1928, Tamara de Lempicka se sépare de Tadeusz, s'installe en 1929 dans son atelier du 7, rue Méchain, conçu par l'architecte Robert Mallet-Stevens et décoré par la sœur de Tamara, Adrienne Gurwick-Gorska. En février 1934, elle épouse l'un de ses collectionneurs, le très riche baron Raoul Kuffner de Dioszegh. Tous deux émigrent en 1939 pour les États-Unis (New York, puis Los Angeles) où elle se consacre exclusivement à son art, exposant dans de nombreuses galeries de renom, mais sans plus jamais obtenir le succès qui l'auréola durant l'entre-deux-guerres. Dans les années 1960, elle se tourne vers l’art abstrait. Artiste prolifique, c’est surtout pour ses portraits d'un érotisme stylisé et peaufiné (cadrage serré sur un arrière-plan de drapés ou de gratte-ciels) qu’elle est aujourd’hui reconnue. Portraits dont beaucoup ont été récemment acquis par des stars du show-biz et/ou de la jet-set.

Elle s’est éteinte à Cuernavaca (Mexique) le 18 mars 1980, dix-huit ans après le décès du baron Kuffner. Sa fille Kizette, née de son premier mariage, a dispersé ses cendres au sommet du Popocatépetl. 


Source et suite de l'article sur  l'excellente biographie d'Angèle Paoli sur son blog Terres de Femmes


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Jeune Fille Vert

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Dormeuse, c.1932

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Femme a Colombe

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1972

*****

"Maternite", 1928
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" Mother and Baby"
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Tamara de Lempicka à Rome

Tamara de Lempicka: reine du moderne

L’exposition "Tamara de Lempicka – reine du moderne" rend hommage à une femme artiste de ses œuvres autant que de son personnage extravagant et scandaleux. A voir au Complexe du Vittoriano de Rome jusqu’au 10 juillet 2011.

Avec plus de 80 tableaux et 40 dessins, l’exposition Tamara de Lempicka est une des expositions les plus complètes proposées sur l’artiste depuis sa mort en 1980. 50 photographies d’époque documentent l’image de ce "personnage" qui pose habillée et coiffée comme une diva du cinéma. 13 œuvres d’artistes polonais qui fréquentèrent eux-aussi la France et Varsovie replacent son œuvre dans les avant-gardes européennes en soulignant son rapport avec l’art contemporain polonais.

Reine du Moderne


Si Tamara de Lempicka a su, mieux que quiconque, représenter son époque, jusqu’à en être couronnée "reine", c’est parce qu’elle a su mélanger les genres et les différents langages visuels: cubo-futurismo russe et français, "retour à l’ordre" italien, "réalisme" polonais ou encore "réalisme magique" allemand. En ressort un langage éblouissant de formes et de couleurs qui explore la fusion des grands médias de l’époque: la photographie de mode, le graphisme publicitaire, le cinéma.
Née en Pologne en 1898, sa seconde patrie est la Russie dont elle fuit après la Révolution pour se réfugier à Paris. Liée aux milieux aristocratiques de Saint Pétersbourg et à la famille impériale, Tamara vit le "chant du cygne" de cette aristocratie. A Paris, elle reste en contact avec beaucoup de personnages de l’émigration russe, dont elle fait le portrait. En témoignent les "Portrait du prince Eristoff""Portrait du grand-duc Gabriel Constantinovic" (1926). (1925) et
Dès la seconde moitié des années 20 le succès de Lempicka est immense, de l’Europe à l’Amérique on admire sa capacité à allier culture "haute" et culture populaire. Dans un entretien en 1932 l’artiste explique son culte de la modernité: "Vivre et créer de façon à imprimer sur ma vie comme sur mes œuvres le tampon des temps modernes" tout en déclarant "adorer l’antique peinture italienne". Et citant Carpaccio comme son peintre préféré.

Le portrait de la femme émancipée

Si la plupart de ses chefs-d’œuvres sont des portraits de sa fille Kizette, les duos saphiques représentés indiquent un autre élément de la modernité: l’exhibition d’une femme émancipée économiquement, indépendante et libérée sexuellement qui caractérise le "Paris des années folles". Pour la première fois exposés tous ensembles, les portraits de l’amante Rafaela témoignent de cette sensualité lesbienne "La tunique rose", "La belle Rafaela", "Le rêve", "La belle Rafaela en vert", "Nu couché au livre".
Son mariage avec le baron Kuffner et son départ aux Etats-Unis en 1939 marquent une importante rupture dans sa vie comme dans son style artistique. Lempicka développe une personnalité plus spirituelle avec des portraits de vierges, des natures mortes, des intérieurs de maisons de campagne. Ce pessimisme esthétique est témoin d’une génération qui a vécu la Révolution russe, la crise économique de 1929 et la seconde guerre mondiale.

Hollywood

A Hollywood, ce génie du narcissisme et de l’extravagance – elle n’est pas adorée par Dali pour rien – se fait annoncer comme les stars de cinéma par son bureau de presse. "La baronne aux pinceaux" fait la première page des critiques mondaines avec ses allures de Greta Garbo, ses robes de reines et sa vie somptueuse. Ses expositions en revanche sont fort décriées. Lempicka a perdu l’aura des "années folles".
La "reine de la modernité" meurt en 1980 au Mexique. Selon ses souhaits, ses cendres sont jetées du haut d’un hélicoptère autour du cratère du volcan Popocatepetl. Elle laisse en héritage une culture visuelle décomplexée entre l’art et le marketing publicitaire. Et Gioia Mori, commissaire de l’exposition, de conclure que
seul un autre artiste comme Warhol, grand admirateur de Lempicka saura appliquer de façon aussi efficace quelques années plus tard".