mardi 1 novembre 2011

Close up sur...."Le Mariage Arnolfini"

Les Époux Arnolfini est le nom donné à une peinture sur bois (82 x 60 cm) de Jan van Eyck datant de 1434. Il représente Giovanni Arnolfini, riche marchand toscan établi à Bruges et son épouse Giovanna Cenami.

Le sujet exact du tableau est un sujet de discussion pour les historiens de l'art. Selon Erwin Panofsky, il s'agirait du mariage des deux personnages, célébré en secret, mais dont Van Eyck témoignerait ici. Cependant, cette théorie est aujourd'hui largement abandonnée. Il n'en reste pas moins que cette peinture est considérée comme une des œuvres majeures de l'artiste. Il s'agit de l'un des plus anciens portraits non hagiographiques conservés. En outre, par son réalisme, la peinture livre de nombreux détails sur les conditions de vie matérielle de l'époque.

Le tableau représente le couple en pied dans sa chambre, l'homme tendant sa main à la femme. La pose est hiératique et solennelle, ce qui se comprenait lorsque l'hypothèse du mariage avait cours ; certaines critiques y ont plutôt vu une marque d'ironie de la part du peintre.

Ce portrait est une peinture à l’huile sur panneau de bois de chêne. La peinture à l’huile utilise des pigments naturels, minéraux ou végétaux réduits en poudre, comme colorants, de la térébenthine comme solvant et de l’huile de lin comme liant. L’avantage de la peinture à l’huile est sa résistance et sa facilité d’utilisation.
Les frères van Eyck perfectionnèrent cette technique souple dont Jan démontre ici toute la richesse chromatique, créant de grandes surfaces de couleurs vives, notamment les tentures et le dessus de lit ou le manteau vert de l’épouse. L’huile présente plusieurs avantages sur la peinture à l’eau ou à tempera utilisée jusque là par les peintres. Étant plus lumineuse et transparente, elle permet un meilleur rendu de la perspective, de l’air et de la lumière; plus consistante, elle permet une finition plus minutieuse; séchant plus lentement, elle peut se travailler de façon plus méticuleuse.



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L’œuvre est le fidèle reflet des caractéristiques stylistiques des primitifs flamands, mais surtout illustre parfaitement le style de son auteur. On notera particulièrement
  • La minutie : dans cette peinture à usage privé, qui permet une vision très rapprochée, les détails sont rendus avec une précision microscopique, permise par l’utilisation de la peinture à l’huile et de pinceaux spécialement adaptés. Par exemple, dans le miroir suspendu sur le mur du fond, dont le cadre est décoré de médaillons représentant la passion du Christ, toute la pièce, avec son mobilier, le couple des époux vus de dos et le peintre lui-même, se reflète à l’envers dans une mise en abîme qui a rendu le tableau célèbre. On y aperçoit également deux autres personnages qui n’apparaissent pas dans le premier plan du tableau et une vue de Bruges à travers la fenêtre.
  • La richesse de la représentation des objets qui composent le décor : les Flamands s’enorgueillissaient du confort de leurs intérieurs, de leurs meubles et de leurs bibelots, et ils n’hésitaient pas à les faire figurer dans les tableaux, comme ici le chandelier, les meubles finement sculptés et décorés, les tissus etc. D’autres objets, dont la présence est plus problématique (comme les socques en bois), apparaissent également dans le tableau et c’est sur cela qu' Erwin Panofsky s’est appuyé pour élaborer sa thèse d’une cérémonie de mariage privée.
  • Le réalisme : van Eyck souhaitait représenter la réalité le plus fidèlement possible, mais pour un spectateur moderne la scène paraît très artificielle en raison de la pose hiératique des personnages, y compris celle du chien. Aucun mouvement dans ce tableau dont les formes ont quelque chose de sculptural et dont l’atmosphère reste très théâtrale et dépourvue de spontanéité.
  • L’obsession de la perspective et de la lumière : elles caractérisent l’art de Van Eyck qui est un précurseur dans ce domaine. La lumière qui traverse la vitre modèle les formes avec délicatesse et crée la sensation d’espace ; le cadre architectonique et le recours au miroir au fond de la pièce donne l’illusion de la profondeur. Diego Velasquez saura s’en souvenir lorsqu’il peindra les Ménines.
La perspective de Van Eyck est cependant encore primitive, eu égard à la rigueur géométrique de sa mise en œuvre, par rapport à ce qui se pratiquait à la même époque en Italie. (Voir article perspective conique)
Pour anecdote, un tableau perdu faisait pendant à celui-ci ; une copie est visible au Harvard Art Museum sous le nom de Woman at her toilet

Il existe un autre portrait de Giovanni Arnolfini peint en 1438 par van Eyck à la Gemäldegalerie de Berlin.
Giovanni, fils d'Arrigo Arnolfini, né à Lucques vers 1400, s’installa à Bruges vers 1421, les archives de Bruges contiennent la trace d’une grande vente de soie et chapeaux qu’il y effectua le 1er juillet de cette année là. Vers 1423 il vendit au duc de Bourgogne une série de six tapisseries avec des scènes de Notre Dame pour un cadeau au pape. En 1431, il devint conseiller aulique de Philippe le Bon, puis chambellan et majordome de Charles le Téméraire. Il fut anobli en 1462. En 1446, il accorda un prêt au duc et celui-ci en contrepartie lui accorda la ferme des droits de douanes sur les marchandises importées d’Angleterre par la suite renouvelée pour six années supplémentaires.
Il épousa Giovanna Cenami d’une famille de banquiers de Lucques installée à Paris. Le tableau pourrait représenter les fiançailles ou le mariage et correspondre ainsi au principe du tableau de mariage.
Les Arnolfini habitaient à Paris, rue de la Verrerie, dans le quartier Saint-Jacques-de-la-Boucherie. Giovanni entretint des relations cordiales avec le Dauphin, futur Louis XI, qui s’assura la collaboration de Giovanni dès sa montée sur le trône. Louis XI nomma Giovanni conseiller et garde des finances de Normandie et accorda en 1465 la nationalité française à Giovanni, ce qui facilita les relations avec la République de Lucques, qui prêta d’importantes sommes au Roi. Il mourut le 11 septembre 1470 et fut enterré dans la chapelle des marchands lucquois à Bruges. Sa femme et lui léguèrent tous leurs biens à Jean Cename, seigneur de Luzarches, leur neveu
















  • Philippe Minguet, L'Art dans l'histoire, 1964 (réédition : Bruxelles, éditions Labor, 1987), appendice I : Le mariage des Arnolfini, p. 251-259.



  • Erwin Panofsky, « Jan Van Eyck's Arnolfini Portrait » in The Burlington Magazine, t. LXIV, 1934.



  • L. Seidel, Jan Van Eyck’s Arnolfini Portrait, Cambridge Univ. Press, 1993.




  • à mon goût.

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    Jan van Eyck : Le portrait des époux Arnolfini, 1434 - huile sur panneau en chêne 82 cm x 62 cm – Londres, National Gallery

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    « On nous dit que le miroir a été placé dans la pièce à seule fin de refléter l’image du peintre, d’attester en quelque sorte que celui-ci avait été témoin du mariage des Arnolfini. [Traduisant l’inscription au-dessus du miroir : Johannes de eyck fuit hic. 1434] Jean van Eyck était ici : le miroir le prouve. En ce cas, pourquoi ce miroir donne-t-il à percevoir deux personnages plutôt qu’un seul ? Weale, avec son aplomb coutumier, avait tranché : « Malgré les dimensions minimes de ces figures, je n’ai aucune hésitation à émettre l’opinion que ces deux personnages sont Jean van Eyck, le peintre du tableau, et sa femme. »
    Diverses propositions on été faites par la suite : pourrait-il s’agir d’un collaborateur ? d’un apprenti ? du second témoin des mariés (alors que Panofsky nous dit que la mariage per fidem n'en réclamait aucun)? de la foule des invités à la noce ? d’Hubert van Eyck, le frère de Jan (mort huit ans plus tôt !) ? d’un parent Arnolfini ? du spectateur virtuel du tableau ? Vaines subtilités… Ne conviendrait-il pas, tout simplement, d’admettre que les deux individus dans le miroir n’ont pas d’identité définie, du moins que leur rôle ne réside pas dans leur identité ? Le miroir est un trompe-l’œil destiné à dévoiler un habituel no man’s land pictural, c’est-à-dire un lieu situé en-deçà du plan du tableau. Il s’agit pour l’artiste de créer une mise en abyme déroutante pour l’esprit, de donner l’illusion que la scène se prolonge par-devant, jusqu’en lieu et place de notre domaine de spectateurs. Bref, il s’agit de faire en sorte que le tableau soit perçu comme une sorte de microcosme, de monde en soi.
    Pour obtenir l’effet escompté, Van Eyck (qui, ne l’oublions pas, n’a que quelques millimètres carrés à sa disposition) insère dans le reflet, non pas une, mais deux silhouettes humaines, une rouge et une bleue afin qu’elles soient bien perceptibles. Ainsi fait, le détail ne passera pas inaperçu. Les deux personnages n’ont d’autre vertu, pour ne pas dire d’autre raison d’être, que d’habiter l’espace pour le matérialiser. »
    Pierre-Michel Bertrand, Le portrait de Van Eyck, L'énigme du tableau de Londres, Paris, Hermann, 2006, p. 13-15.
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    Les époux Arnolfini, miroir concave, Jan van Eyck
    Les époux Arnolfini, détail avec le miroir concave, Jan van Eyck, (Londres, National Gallery). Le miroir concave reflète la chambre et le couple vu de dos, ainsi que ceux qui sont devant la porte d’entrée. Van Eyck était intensément intéressé par les effets de lumière : la technique de la peinture à l’huile lui a permis de la dépeindre avec une grande subtilité.

    L'identité des époux est contestée. Il y aurait eu deux cousins Giovanni Arnolfini à cette époque, et il semble qu'aucun des deux ne se soit marié à cette date. Peut-être le tableau a-t-il été peint en mémoire d'une épouse déjà morte. Dans cette hypothèse la spéculation de Panofsky, qui l'interprétait comme une représentation d'une cérémonie privée - voire clandestine - de mariage pouvant servir de contrat, ne serait plus crédible. Mais le tableau compte plus par les commentaires qu'il a fait naître que par la scène réelle supposée, dont on n'a aucune autre trace. Rien ne prouve qu'il s'agisse d'un mariage. L'homme lève sa main droite, mais ne l'unit pas à celle de sa femme (il ne tend que la main gauche, contrairement aux usages de l'époque). Fiançailles? Tableau mémoriel? Autre genre de contrat? Autre intention mystérieuse? Quoiqu'il en soit, le peintre a signé de façon remarquable au-dessus du miroir : Johannes de eyck fuit hic 1434. Son rôle ne s'est pas limité à la peinture du tableau, il a été là. Si c'est évident, alors pourquoi le préciser? Le véritable sujet du tableau est le témoignage.
    L'utilisation de la peinture à l'huile permet de rendre les détails avec une précision microscopique. Van Eyck attachait tellement d'importance au miroir convexe suspendu sur le mur du fond qu'il lui a donné une taille supérieure à ce qu'on était en mesure de faire à l'époque. Cette mise en abyme, qui a peut-être inspiré Velasquez pour les Ménines, il fallait la montrer. On y aperçoit toute la scène inversée, et aussi deux personnages dont on suppose, sans preuve, que l'un est le peintre, c'est-à-dire l'auteur de cet exploit technique et éventuellement le témoin du mariage. Selon Damisch, il est important qu'il y ait deux témoins. Nul ne peut se prévaloir du témoignage d'un seul dit le Deutéronome. Ces deux témoins se tiennent dans l'embrasure de la porte qui fait face au miroir. Dans le tableau de Velasquez, ils sont séparés.
    Dans le cercle du miroir se concentrent les deux points de fuite du tableau. On peut se demander pourquoi ils ne sont pas confondus en un seul point. Cela est-il dû au manque de cohérence caractéristique de la peinture flamande ancienne, comme le croient certains spécialistes? Ou à un choix délibéré d'affirmer la différence perspective des sujets, qu'ils soient témoins ou spectateurs?
    Si le spectateur s'identifie au peintre, il s'établit en position de témoin, comme le voyeur de l'expérience de Brunelleschi. Il prend place au seuil de la porte. Mais s'il refuse cette identification, alors il n'a pas de lieu propre, il ne trouve pas son lieu dans la peinture.
    On est intrigué par la paire de socques qui se trouve en bas à gauche, redoublée par une seconde paire rouge devant le lit, entre les deux époux. A quoi servent-elles? Elles nous semblent aussi inutiles que les Vieux Souliers de Van Gogh! mais si rien n'est dépourvu de sens dans ce tableau, alors il faut trouver une explication. Rituel de déchaussement? Allusion au sol sacré du foyer? A une présence supplémentaire, invisible et indescriptible? Selon Panofsky, elles servent à faire foi : "Ôte tes sandales de tes pieds car le lieu que tu foules est une terre sainte" (Ex 3.5). Derrida parle d'une sacralisation de l'hymen - autre dimension de la foi.
    Autre bizarrerie : il n'y a qu'une seule bougie allumée sur le lustre. Cette unique lumière supplémentaire (qui s'ajoute à celle du jour) peut être celle du mariage, mais elle peut aussi signifier que seul l'homme est encore vivant (dans l'hypothèse d'un mariage symbolique avec une femme déjà décédée). Il ne l'a pas encore accompagnée dans la tombe.
    (Source)

    De la Liberté.....Paroles de Jiddu Krishnamurti

     
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    Auteur : Jiddu Krishnamurti -
    Jiddu Krishnamurti (1895-1986) naquit en Inde et fut pris en charge à l’âge de treize ans par la Société théosophique, qui voyait en lui « l’Instructeur du monde » dont elle avait proclamé la venue. Très vite Krishnamurti apparut comme un penseur de grande envergure, intransigeant et inclassable, dont les causeries et les écrits ne relevaient d’aucune religion spécifique, n’appartenaient ni à l’Orient ni à l’Occident, mais s’adressaient au monde entier. Répudiant avec fermeté cette image messianique, il prononça à grand fracas en 1929 la dissolution de la vaste organisation nantie qui s’était constituée autour de sa personne ; il déclara alors que la vérité était « un pays sans chemin », dont l’accès ne passait par aucune religion, aucune philosophie ni aucune secte établies.
    Tout le reste de sa vie, Krishnamurti rejeta obstinément le statut de gourou que certains voulaient lui faire endosser. Il ne cessa d’attirer un large public dans le monde entier, mais sans revendiquer la moindre autorité ni accepter aucun disciple, s’adressant toujours à ses auditeurs de personne à personne. A la base de son enseignement était la conviction que les mutations fondamentales de la société ne peuvent aboutir qu’au prix d’une transformation de la conscience individuelle. L’accent était mis sans relâche sur la nécessité de la connaissance de soi, et sur la compréhension des influences limitatives et séparatrices du conditionnement religieux et nationaliste. Krishnamurti insista toujours sur l’impérative nécessité de cette ouverture, de ce « vaste espace dans le cerveau où est une énergie inimaginable ». C’était là semble-t-il, la source de sa propre créativité, et aussi la clé de son impact charismatique sur un public des plus variés.
    Krishnamurti poursuivit ses causeries dans le monde entier jusqu’à sa mort à l’âge de quatre-vingt-onze ans. Ses entretiens et dialogues, son journal et ses lettres ont été rassemblés en plus de soixante volumes.

    Ses enseignements en ligne ici:
     
     
     
     
     
    Source de l'article, un blog que j'aime beaucoup et comme l'article est parfaitement illustré, je le reprends tel quel. J'espère qu'il inspirera certains à aller le visiter dans son ensemble :
     
     
     
     
     

    Je ne désire pas ajouter aux nombreux systèmes existants de nouvelles théories, de nouvelles formules, ou de savantes explications. Toutes les formules « toutes faites », les « explications », les « théories » ne sont que des moyens habiles pour vous évader de vos propres conflits. La plupart des esprits désirent imiter, suivre, copier parce qu’ils ne savent plus penser fondamentalement par eux-mêmes. Pour la plupart la douleur, le conflit est si intense, qu’ils préfèrent plutôt s’évader dans les religions, les systèmes, les théories, ces cristallisations de la pensée humaine. Pour moi, la solution réelle de vos problèmes, se trouve dans la profondeur de votre Intelligence, qui doit fonctionner simplement, librement, spontanément.

    Emzari Kiknavelidze

    Emzari Kiknavelidze est un artiste contemporain né en 1964 en Géorgie. Il peint, sculpte, et vit actuellement à Odessa en Ukraine












     


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    Artisme Collective

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    S’inspirant du travail des références Banksy ou JR, voici ce collectif d’artistes réalisant des collages en s’exposant sur les murs des villes. Issu de l’école des Beaux arts de Caen, ce groupe Artisme présente des portraits et des regards sur ces hommes que plus personne ne regarde.




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