dimanche 8 mai 2011

Le violon dans la peinture... Florilège

Poynter
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Guido Reni
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Jan Kupetsky
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Gerrit van Honthorst
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Pietro LONGHI
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Fritz Sonderland
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Dario Campanile
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Jean-Michel Benier
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Jean-Michel Benier
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Xue Yanqun
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Matthew Pasquarello
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Josef Tali
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Paul Kelley
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Morgan Weistling
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Velemir Trnski Whitaker William
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Mark Keller
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Mark Keller
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C. Ballantyne
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Sukiasian Grant
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Sukiasian Grant
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Rajka Kupesic
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Rajka Kupesic
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Gleb Nazarov
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Michael Cheval
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Michael Cheval
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Meadow Gist
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Vladimir Olenberg
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Dmitry Brodetsky
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Yuri Dubinin
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Ivan Marchuk
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Ivan Marchuk
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Theo van Rysselberghe
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Théo Van Rysselberghe
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Cayetano De Arquer-Buigas
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Dalhart Windberg
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David Hettinger
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Joseph DeCamp
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Zoe Chernakova
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Zoe Chernakova
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Kelly O'Neill
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Poynter, Sir Edward
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Boris Dubrov
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Thomas Baker
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Thomas Baker
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Meir Levinger
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Thanks

Paroles indiennes....

Merci à Jean Marc pour ce magnifique poème et la découverte de Jean Morisset

Suzan Seddon Boulet

mémoire de tous les non-dits de l’hiver

raconte-moi je t’en prie
tout ce qu’ils n’ont pas cessé de se cacher pour vivre
sans s’avouer qu’ils en mourraient déjà

mémoire des pas qui se promènent
dans la cuisine des petits canadas nice & wasp
derrière la fenêtre de l’assimilation

eux qui avaient parcouru l’amérique de fond en comble bien avant l’arrivée des yanquis n’avaient qu’une seule hantise se départir de leur archéologie première oublier leur histoire par le culte même du passé afin de devenir de vrais-américains-de-la-dernière-heure — tout comme les Grecs Italiens Portugais ou Chinois — et avoir enfin droit au plaisir de la même ségrégation démocratique que tous les autres

«Oh tell me, please tell me, don’t you remember? Tell me that language you were murmuring to me when I was a kid! It was so soft. Fresh as a pillowslip. Oh, tell me again that chanson you were singing so quietly in the twilight’s rocking chair. That lullaby. Lul-la-by! That libellule. Li-Bell-Youle. You don’t know anymore? You have forgotten again the word libellule. I can’t believe it. It had taken you a full month to extract it from the basement of your fading memory and you lost it again. I just can’t… Your name is the last drop of french I got. Nothing else. Why have you quitted speaking my own language? You should have quitted smoking instead. Why have you quitted dreaming our own memory? Why? Why? Why? Why have we let so quietly our own heritage be wiped off?»

Libellule. Libellule. Li-Bell-Youle. Oh, what a splendid lullaby we used to be!

*

memoria memoria

memory of other languages
I’ve once spoken
et dont j’ai oublié tous les grelots

mémoire d’un autre langage
disparu sous la ligne de flottaison

mots hurons
mots iroquois
mots muskégons
mots partis en canot
sur la géographie de la toundra
pour ne jamais revenir
nee-zee t’sontsi-tzé
bou-tchi-à-tcho
maçi tcho

mots-frasil humectant les lèvres
de la rivière enragée
chansons esquimaudes dansant
sur les aurores boréales de février

tell me brother
quelle langue rêvaient nos ancêtres
sur la marée du fond des bois
quelle langue traçaient nos ancêtres
en ouvrant la trail après la tempête

fala para me irmazinha
quelle langue causaient les anciens
aux racoûnes en fleur et aux renards croisés
quelle langue rêvaient les sorciers de l’île d’orléans
juste avant de se transformer en wendigos

mech’ mech’ mech’ don’

marche marche marche donc
glottaient les vieux esquimaux-koutchines du koyoukon
à leurs chiens-loups

ravages chicoutées michipichou
nâgane barcanes bouscueils

d’où me viennent tous ces mots
ayant échappé au contrôle académique

ouapiti chikok carcajou
aglou oumiak eekalou

mais d’où me viennent donc
tous ces sons

*

mémoire d’une perte de rivière
mémoire d’une résurgence géographique
frimousses marines
glaciers jongleurs
forêts galeries




mémoire morène
mémoire-marrow
mémoire-marronne

mémoire de la peau

a pele como memoria
o sotaque como pele

la peau comme un accent
la mémoire comme couleur







Jean Morrisset


Surnommé « L’Homme aux racines de vent » en raison de son attachement à son terroir natal, Saint-Michel de Bellechasse (région de Chaudières-Appalaches), et de sa passion des voyages, l’écrivain et poète Jean Morisset a bien voulu me confier une nouvelle fois1 la présentation d’un extrait des carnets de voyages qu’il tient depuis une vingtaine d’années. Professeur de géographie à l’UQÀM (Université du Québec à Montréal), où il a fondé en 1990 un cours devenu très populaire auprès des étudiants, « Géographie et Imaginaire », il poursuit depuis plus de trente ans l’écriture d’une œuvre originale dans le prolongement de l’esprit visionnaire de Louis Riel2 : Les Chiens s’entredévorent… Indiens, Blancs et Métis dans le Grand Nord canadien ; Canada : Indianité et lutte d’espace ; Les Métis et l’Idée du Canada ; Ni Blanc ni Indien ; L’Identité usurpée ; L’Homme de glace ; Mathias Carvalho : Louis Riel, poèmes amériquains, suivi de Louis Riel, écrivain des Amériques ; Amériques ; Vision et visages de la Franco-Amérique ; Chants polaires ; Le Mensonge identitaire (à paraître)3
NOTES

1.Voir « La Longue piste de la Saskatchéouanne » par Jean Morisset (présentation d’Ismène Toussaint sous le titre « Jean Morisset, l’Homme aux racines de vent »), La Nation autochtone du Québec, 13 mars 2006, http://www.autochtones.ca (rubrique Organisation-Autochtones-Métis-Documents de référence) ; « Poème de Jean Morisset » dans le reportage d’Ismène Toussaint et de Raymond Cyr : « Le rêve de Louis Riel se réalise – Reconnaissance officielle des Métis de l’Est par les Métis de l’Ouest – 11 octobre 2005 : « La révolution métisse est en marche ! » déclare Ismène Toussaint lors du lancement de son livre, Louis Riel : Journaux de guerre et de prison », La Nation autochtone du Québec, 19 octobre 2005, http: //www.autochtones.ca (rubrique Organisation-Autochtones-Métis-Articles).

2. Louis Riel (1844-1885). Chef métis canadien-français et écrivain. Né à Saint-Boniface (colonie de la rivière Rouge), il effectua ses études au collège des sulpiciens de Montréal puis, après un bref passage dans un bureau d’avocat, prit en 1869 la tête du mouvement de résistance des Métis de la rivière Rouge contre le gouvernement canadien-anglais qui tentait de s’accaparer leurs terres. Devenu président du gouvernement provisoire en février 1870, il négocia le 15 juillet suivant l’entrée de son pays dans la Confédération, sous le nom de « Manitoba » (en langue crie « le lieu où souffle l’Esprit »), et réclama une amnistie pour ses compatriotes. Mais l’expédition punitive qui fut lancée par les autorités d’Ottawa contre sa province le contraignit à s’exiler aux États-Unis le 24 août 1870. En 1875, quoique ayant été élu député du comté de Provencher (Saint-Boniface), il fut banni du Dominion en raison de l’exécution du voyou orangiste Thomas Scott qui avait été perpétrée par son gouvernement cinq ans plus tôt. Durant les huit années qui suivirent, il mena une vie errante et souvent misérable aux États-Unis puis s’établit comme instituteur dans le Montana. En 1884, les Métis qui avaient immigré en Saskatchewan à la suite du vol de leurs terres au Manitoba, firent appel à lui pour rédiger une liste de leurs droits. Toutefois, une fois parvenu en Saskatchewan, Riel ne put contrôler leur révolte, qui éclata le 18 mars 1885. Le jour suivant, il fonda l’Exovidat, un gouvernement provisoire fondé sur des bases religieuses très personnelles qui était destiné à rapprocher les catholiques et les protestants, et dans lequel il ne jouait que le rôle d’un inspirateur ou « exovide » (du latin exovidus, celui qui est en dehors du troupeau). Cependant, cette autorité politico-spirituelle devint vite impopulaire tant auprès des autorités et de l’Église locales que des Métis eux-mêmes. Le 12 mai 1885, l’opposition du chef métis à la guérilla de Gabriel Dumont, jointe au manque de munitions des combattants, entraîna la sanglante défaite de Batoche. Condamné pour haute trahison au terme d’un simulacre de procès, Riel fut pendu à Régina (Saskatchewan) le 16 novembre 1885. Il repose aujourd’hui dans le cimetière de Saint-Boniface et demeure l’un des symboles de la déchirure entre le Québec et le Canada, les francophones et les anglophones, l’Est et l’Ouest, les autochtones et les Blancs. Il est également l’auteur d’une œuvre considérable, quoique inachevée, qui a été réunie en 5 volumes : Les Écrits complets de Louis Riel, Edmonton, Les Presses de l’Université l’Alberta, 1985 (dir. George Stanley). De nombreux livres lui ont été consacrés, dont Louis Riel, le Bison de cristal, d’Ismène Toussaint, Éditions Stanké, Montréal, 2000 ; Louis Riel, Journaux de guerre et de prison, présentation, notes et chronologie métisse 1604-2006 d’Ismène Toussaint, Montréal, Éditions Stanké, 2005. Voir également de la même auteure : « Louis Riel, écrivain », L’Encyclopédie du Canada 2000, Montréal, Éditions Stanké, 2000. En 2005, l’œuvre politique de Louis Riel a donné naissance à un mouvement d’Union entre les Métis de l’Est et les Métis de l’Ouest du Canada.

3. Ces ouvrages ont respectivement paru aux Éditions Nouvelle Optique, Montréal, 1977 ; Études et recherches, Montréal, UQÀM, 1983 ; Ottawa, The Canadian Journal of Native Studies, vol. 2, nº 1, 1983 ; Vancouver, National Pulp Press, 1984 ; Éditions Nouvelle Optique, Montréal, 1985 ; Éditions du Cidihca, Montréal, 1995 ; Éditions des Trois Pistoles, Québec, 1997 ; Éditions de L’Hexagone, Montréal, 2001 (en collaboration avec Eric Wadell) ; Éditions Québec/Amérique, Montréal, 2002 (en collaboration avec Dean Louder et Eric Wadell) ; Éditions Actes Sud, Arles (France), 2003 ; Éditions Lux, Montréal, date non fixée.



L'invité d'honneur
était le poète et géographe Jean Morisset

Natif de Bellechasse-en-Canada, fils de pilote sur la Grande rivière de Canada (Catarakoui ou Saint-Laurent), Jean Morisset n'a cessé de poursuivre une vaste interrogation sur l'identité et le destin des Amériques. Matelot sur les brise-glace dans le Grand Nord canadien et chargé de relevés large de la toundra, durant les années 60, il s'est ensuite embarqué pour la Caraïbe, le Pérou et le Brésil, le Guatemala et l'Alaska, le Manitoba et Haïti, le Pantanal et l'Amazonie, mettant le cap sur la géographie aborigène, la flibuste, les affleurements autochtones et la mythologie géologique.











Juste en passant....

A Bichkek, la capitale du Kirghizistan, plusieurs couples participent à une cérémonie matrimoniale pour célébrer leur union.
Reuters

Yves de Kerouallan, Ombres et lumières en Bretagne



YVES DE KEROUALLAN (1895-1984), ombres et lumières en Bretagne
Du 29 janvier au 22 mai




Après la dernière exposition « Yves de Kerouallan », du vivant de l’artiste, en 1984 à Redon, le Musée de Pont-Aven souhaite faire découvrir ce peintre en Finistère. L’exposition vise à montrer comment Yves de Kerouallan, influencé par l’École de Pont-Aven, a exprimé la rudesse du travail de la mer, les processions et pardons de Bretagne par l’intermédiaire d’un trait épais, de compositions très structurées, de grands personnages. Tantôt lumineux, tantôt plongés dans la pénombre, ses sujets sont rehaussés de touches vives conférant une grande singularité à sa peinture.

Yves de Kerdouallan - Chantier naval
Chantier naval
 
 

Marins aux cirés jaunes
 
 
Pêcheurs à la balise
 
 

Ramasseuses de palourdes
 
 

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Y V E S   D E   K E R O U A L L A N   P E I N T R E   A U X   H A R M O N I E S   S O U R D E S 


Le peintre Yves de Kerouallan né à Pluvigner à la Porte-Couédic, le 17 août 1895 et décédé à Redon le 17 août 1984, fait l'objet d'une rétrospective au musée des Beaux-Arts de Pont-Aven.

Cet artiste discret et modeste qui suivit ses études à Saint-Sauveur de Redon, se retrouva sur le front de l'Est lors de la Première Guerre Mondiale et y perdit son bras droit en 1916. Cela ne l'empêcha pas d'assouvir son goût du dessin et de la peinture. Il devient professeur de dessin à Saint-Sauveur de Redon et à Saint-François Xavier de Vannes.

Les œuvres présentées au Musée des Beaux-Arts ont été réalisées chez lui, rue de l'Union, dans le quartier du port à Redon. Il donnait rarement un titre à ses toiles, ne les signait presque jamais et les offrait à des proches, des amis.


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Pont-Aven met en lumière Kerouallan le discret


Le peintre redonnais, décédé en 1984, fait l'objet d'une rétrospective au musée des Beaux-Arts de Pont-Aven. Un coup de projecteur sur un talent presque oublié, ancien professeur à Saint-Sauveur.

L'initiative« Habituellement, il faut deux mois pour répertorier toutes les oeuvres d'un peintre. Pour Yves de Kerouallan, cela m'a pris deux ans. » En une phrase, Hervé Duval, collectionneur d'arts originaire de Redon, résume l'énigme Yves de Kerouallan.
Un artiste discret, modeste. Né à Pluvigner en 1895, dans une famille de marins, il suit ses études à Saint-Sauveur. Première Guerre mondiale. Yves de Kerouallan se retrouve sur le front de l'Est. Il y perd son bras droit en 1916.
Il en gardera la frustration ne pas pouvoir sculpter. Mais cela ne l'empêche pas d'assouvir son goût du dessin. Il suit les Beaux-Arts à Nantes, se nourrit de l'influence de l'Ecole de Pont-Aven et devient professeur de dessin à Saint-Sauveur. Une salle du lycée, attenante au cloître, porte d'ailleurs son nom.
« Des machins »
Chantal Noblet, adjointe au maire chargée du patrimoine, se souvient « d'un grand monsieur avec beaucoup de prestance. A l'époque, je ne savais même pas qu'il était peintre ». Comme beaucoup. Car Yves de Kerouallan parle peu de ses toiles. « Ses machins », comme il disait.
Il les peignait chez lui, rue de l'Union, dans le quartier du port. A l'huile, au pinceau, parfois au pouce ou au chiffon. Amputé d'un bras, il ne pouvait pas conduire. « Des amis l'emmenaient sur la côte ou ailleurs. Il avait coutume de dire qu'après être resté de longues heures devant le spectacle, il avait le tableau presque fini dans sa tête », raconte Chantal Noblet.
Il donnait rarement un titre à ses toiles, ne les signait presque jamais. Toujours, il les offrait à des proches, des amis... Bref, la quête d'Hervé Duval a été un vrai casse-tête. Heureusement, Yves de Kerouallan avait fait l'objet d'une exposition à Redon en 1984. Quelques mois avant sa mort.
L'un des initiateurs de cet hommage, l'érudit local Prosper Divay, avait photographié une quarantaine de toiles. « Cela a été un vrai socle pour débuter mes investigations », reconnaît Hervé Duval.
Il parle d'Yves de Kerouallan à Estelle Guille des Buttes-Fresneau, conservatrice du musée des Beaux-Arts de Pont-Aven. « Elle n'était pas restée insensible à sa peinture, mais il fallait réunir un nombre conséquent de tableaux pour monter une exposition », précise Hervé Duval.
Un jeu de piste
De fil en aiguille, il retrouve la trace de 70 toiles. Chez des habitants du Pays de Redon ou de plus loin. Un vrai jeu de piste. « Mais je n'ai essuyé aucun refus. C'est rare », note Hervé Duval. Cela a permis d'offrir un fonds suffisant à une rétrospective au musée de Pont-Aven, du 29 janvier au 22 mai.
L'exposition a aussi bénéficié d'un coup de pouce du Lions Club local. « Nous avons apporté 2 000 € pour aider à la restauration des tableaux qui en auraient besoin », note son président, Claude Sachot. Une délégation redonnaise se rendra d'ailleurs, samedi, au vernissage de l'exposition. En attendant d'autres visites programmées par l'Université du Temps libre, l'APPHR, le Lions Club...
Pour admirer l'hommage à « un grand talent resté dans l'ombre », estime Hervé Duval. Plus pour longtemps ? Fin décembre, à Morlaix, une des peintures d'Yves de Kerouallan a été vendue aux enchères 12 000 €. Pas mal pour des « machins ».
Philippe MATHÉ