lundi 20 juin 2011

Marjorie Miller


Marjorie Miller a été une illustratrice de contes pour enfants et dans des périodiques entre 1924-1935. Période Art-Déco

La figure allongée des personnages et la composition démontrent une influence japonisante dans son travail

"Some day you will be old enough
to start reading fairy tales again."
~ CS Lewis~






2AK (500x677, 91Kb)
1AK (453x600, 190Ko)

4ak (402x557, 94Kb)

MarjorieMiller_thumb7 (402x560, 497Kb)

3AK (446x600, 55Kb)

4ak (413x600, 41Kb)

Gérard Garouste "Walpurgisnachtstraum"



Gérard Garouste "Walpurgisnachtstraum"
08 septembre 2011 -> 29 octobre 2011

Galerie Daniel Templon
T : +33 (0)1 42 72 14 10
30, rue Beaubourg
75003 Paris
France

info@danieltemplon.com
www.danieltemplon.com/#
Trois ans après sa dernière exposition, Gérard Garouste présente à la galerie Templon un nouvel ensemble d'œuvres inspirées par le célèbre Faust de Gœthe.
Gérard Garouste a choisi d'explorer le mythe de Faust tel que Gœthe le représente en 1808, celui d'un homme qui dispute son destin au Diable et à Dieu. Huiles sur toile, gouaches et bronzes interrogent les grands thèmes de la tragédie : la quête de la connaissance, le désir de jouissance, la nature du Mal, la question du "pari" et du "pacte" avec les puissances maléfiques et alchimiques, l'accomplissement individuel.
La peinture baroque de Gérard Garouste, tour à tour inquiétante et joyeuse, se peuple de variations sur différents protagonistes et d'un bestiaire fantastique. Comme dans ses expositions précédentes, l'artiste emprunte le visage de proches pour incarner les différents personnages. On reconnaît également de nombreux autoportraits, en métamorphose permanente entre Méphisto et Faus, qui rappellent sa récente autobiographie

************

Fichier:Garouste.png
Gérard Garouste, né le  10 mars 1946,  est un peintre, illustrateur, décorateur et sculpteur français.

Il est devenu, au cours des années 80 , l'un des peintres français les plus importants et internationalement reconnus. Depuis 1979, il vit et travaille à Marcilly-sur-Eure dans l'Eure, où il a fondé une association d'action éducative et sociale d'aide aux enfants par l'art nommée La Source.

A lire sur le blog de Tierry Savatier une étonnante analyse de son oeuvre

Michel Onfray regarde Gérard Garouste

Un proverbe chinois affirme : « Quand le sage montre la lune, le sot regarde le doigt. » Tentons de transposer : confronté à un tableau, le même sot ne regarderait que le tableau en tant qu’objet, s’arrêterait au premier degré, celui du graphisme, de la composition, de l’harmonie des couleurs, sans tenter de comprendre le message de l’artiste, les forces qui le sous-tendent, l’histoire dans laquelle il s’inscrit.
Michel Onfray n’a rien d’un sot. Dans un essai passionnant au titre énigmatique (lire l’ouvrage permet de résoudre cette énigme), L’Apiculteur et les Indiens (Galilée, 128 pages, 24 €), le regard qu’il porte sur l’œuvre du peintre Gérard Garouste ne se limite donc pas à ce « premier effet rétinien ». Comme il le souligne, « la rétine, c’est aussi et surtout du cerveau projeté en interface du monde et de l’être. De sorte qu’il existe un effet rétinien second, celui du sens. Après l’effet du saisissement plastique pur, on débouche, normalement, dans la clairière de la signification. »
Mais, avec Gérard Garouste, face à son œuvre baroque, complexe et tourmentée, se trouve-t-on vraiment dans une clairière ? Peut-être, mais, pour y parvenir, il faut auparavant traverser une forêt dense, accepter de s’égarer un peu, de s’égratigner aux ronciers du questionnement et, surtout, savoir lire les signes qu’il a déposés tout au long du chemin – en d’autres termes, interpréter les indices qu’il a discrètement placés dans ses toiles. Michel Onfray nous aide à parcourir ce labyrinthe, avec, pour fil d’Ariane, la vie du peintre, son terrible secret – de ces secrets de famille qui font les délices de Claude Chabrol lorsqu’il croque, dans tous les sens du terme, l’honorable bourgeoisie.
Ces signes, quels sont-ils ? L’auteur les identifie dans une liste non exhaustive : « Créatures fantasques, anamorphoses de corps pneumatiques, physiologies oniriques, chimères mentales, créatures extravagantes, situations abracabrantesques, visages grimaçants sur des corps fragmentés, schémas corporels réinventés, bestiaires magiques, flore mystique, danse de figures talmudiques et autres révolutions plastiques du réel –, emportés dans un vortex sans fin. » On pense à Jérôme Bosch, à Goya, à Francis Bacon. J’y reviendrai.
Car, avant d’aller plus loin, il faut lever le voile sur ce secret : le père de l’artiste appartient à la « catégorie du salaud » : farouchement antisémite par conviction, il avait construit sa fortune (dans l’industrie du meuble) par spoliation des biens des Juifs pendant l’Occupation et en tirait plus de fierté que de remords. Garouste naît juste après la Libération, il n’est pas responsable de son ascendance mais qu’importe, la figure de ce père, violent, cynique, le hante, le ronge, le détruit. Jusqu’à la folie – une folie temporaire, dépressive, mais qu’il faut toutefois prendre au sens asilaire du terme.
 Avec la sympathie évidente qu’il éprouve pour le peintre, Michel Onfray se livre à l’exploration de plusieurs de ses tableaux, dont la plupart sont reproduits dans le cahier d’illustrations. Il en décrypte les symboles, à l’aide d’informations livrées par Gérard Garouste lui-même. Cette approche n’a rien de simple car, si le peintre sème quelques cailloux blancs sur son sentier, il en dissimule d’autres parfois, obligeant à un constant jeu de piste qui, tout le long du livre, tient le lecteur en éveil.
On comprend vite quelle importance occupe le secret de famille dans l’œuvre de l’artiste. Ce fils d’antisémite, élevé par lui dans un catholicisme rigoureux, voire étouffant, va apprendre l’hébreu pour lire et étudier l’Ancien Testament et le Talmud dans le texte, pour échapper à la traduction fautive – issue de « traductions de traductions » ou volontairement erronée – qui en est donnée par l’Eglise : « Mais comment l’Eglise pourrait-elle entendre la vérité de Gérard Garouste, qui est vérité pure, quand il affirme, à juste titre, que le christianisme se constitue par la spoliation du texte vétérotestamentaire dans le dessein de prouver la vérité de l’existence de son Messie en l’affublant des qualités dont le texte ancien disait qu’elles seraient celles de l’homme attendu pour sauver l’humanité ? » Un exemple ? La traduction délibérée d’almah par « Vierge », en lieu et place de « jeune fille nubile ».
Il serait difficile d’énumérer ici les symboles relevés par l’auteur ou d’en livrer ses interprétations sans risquer de dénaturer son propos et dérober au lecteur le plaisir de sa lecture. En revanche, on ne peut passer sous silence la belle définition que Michel Onfray donne de cet artiste : « un marrane inversé », et qu’il justifie ainsi :
« Certes, il ne se convertit pas, mais il pratique la sagesse juive au grand jour en se faisant l’exégète scrupuleux et très savant de quelques versets du Talmud sur lesquels il travaille longtemps pour en peindre l’aventure. De sorte que son projet de déchristianiser le judéo-christianisme le conduit à inverser la position habituelle du marrane qui est officiellement catholique, mais judaïsant en secret : lui paraît judaïsant dans son œuvre de peintre, mais catholique, non pas en secret, mais par la grâce pénible du baptême familial et du formatage de sa psyché par la religion de son père antisémite. »
 L’Apiculteur et les Indiens est nourri d’érudition, mais aussi d’un enthousiasme chaleureux. Il offre un bel exemple de lecture de l’œuvre peint de Gérard Garouste. Pourquoi « de lecture » et non « de la lecture » ? Tentons de définir la nuance. L’œuvre d’un artiste est le fruit d’une rencontre entre l’histoire (la sienne, ici marquée par le secret de famille), l’Histoire (la grande, dominée ici par le XXe siècle) et l’histoire de l’art, dont la connaissance reste déterminante pour que l’œuvre puisse s’y inscrire, mais aussi par les jeux d’influences, d’inspirations, de références qu’elle dévoile. Méfions-nous toutefois des mots. Influences, inspirations, références ne signifient ni plagiat, ni copie. L’œuvre de Gérard Garouste s’impose dans son originalité propre. Mais le regard que peut porter sur elle l’historien de l’art différera forcément de celui du philosophe. Entre ces deux regards, il ne saurait être question de hiérarchie, encore moins d’opposition, mais bel et bien de complémentarité. Michel Onfray réagit en philosophe et en ami, il cherche à percer les secrets de l’œuvre à travers les fêlures et les fractures de l’homme, sa recherche d’identité ; il s’intéresse donc davantage à l’histoire et à l’Histoire. Sans négliger ces paramètres, l’historien de l’art s’arrêtera plus longuement sur les aspects relevant de son domaine : le grand mouvement d’évolution de l’art, les passerelles lancées, à travers le temps et l’espace, entre les créateurs.
C’est pourquoi, devant les toiles de Garouste, je ne puis m’empêcher de penser à Bacon (et à ses souffrances), à Chagall (ses personnages comme suspendus dans l’air, la présence fréquente d’animaux, son interprétation de la peinture juive qu’il avait parfaitement assimilée). Cependant, j’ai le sentiment que les inspirations de ce peintre illustrateur de Don Quichotte viennent de plus loin et, avant tout, d’Espagne. Difficile, en effet, de ne pas rapprocher son graphisme et sa palette de ceux du Gréco ; mêmes cieux tourmentés, gammes approchantes de rouges, d’ocres, de bleus, manières voisines de traiter le derme et, souvent, l’ombre et la lumière.
Difficile aussi de ne pas associer à ces corps fragmentés, disloqués, la Prémonition de la guerre civile de Dali (1936) et certains tableaux de Picasso (Guernica bien sûr, mais pas seulement). La guerre semble consubstantielle à bien des tableaux de Gérard Garouste. Et, d’ailleurs, comment tenter d’expliquer sa manière de peindre ses personnages (bras et jambes inversés, parfois mutilés, têtes posées dans un hasard étudié à de multiples endroits du corps…) sans se référer à la guerre ? Plus précisément, où trouver une scène bien réelle offrant cette même représentation de corps et de membres démantelés, livrés au désordre de l’amoncellement, sinon dans les photographies des charniers d’Auschwitz ? Et comment ne pas songer à leur lien, direct ou indirect, avec un père dont le fils s’est fixé comme but de réparer les erreurs ?
 Mais il est plus difficile encore de comprendre certaines peintures reproduites dans L’Apiculteur et les Indiens sans se référer à Goya et, plus spécifiquement, à sa célèbre série de 80 gravures réunies sous le titre Les Caprices (Los Caprichos, 1799) qui lui valut interdiction de la censure et confrontation avec l’Inquisition. En voici un exemple parmi d’autres : dans son essai, Michel Onfray donne une intéressante interprétation de l’âne – exactement opposée à la symbolique populaire – en le présentant comme une métaphore du sage, de la sagesse. Evoquant une toile, L’Etudiant et l’autre lui-même, il écrit : « L’étudiant, Garouste lui-même, arbore le visage attentif et tendu de celui qui apprend ; en même temps qu’il est chargé, non pas comme un baudet, mais d’un baudet. » Or, on retrouve dans Les Caprices plusieurs gravures (notamment les planches 37 à 42) qui viennent étayer son propos. Ainsi en est-il de la planche 37 (Si sabrá más el discípulo?) dans laquelle un âne enseigne l’alphabet à un ânon. Quant à la planche 42 (Tú que no puedes), il suffit de la comparer à L’Etudiant et l’autre lui-même pour que la communauté d’inspiration devienne évidente ; elle prouve que Garouste a assimilé Goya pour se livrer, en toute liberté, à sa propre création, originale entre toutes.
Michel Onfray s’agace que des commentateurs fassent « de Gérard Garouste un peintre réactionnaire, conservateur, emblématique d’un retour à la figure comme antidote arrivant fort à propos pour guérir de la modernité issue de Marcel Duchamp. » Retour à la vieille querelle des anciens et des modernes ! Il a raison. Loin de jouer à rassurer, cet artiste questionne. Ses compositions déroutent et inquiètent d’autant plus que sa technique se rapproche précisément de celle des classiques. Il invite à la réflexion dans chacune de ses toiles. Et il nous invite, finalement, à nous rapprocher de la vraie sagesse de l’âne.

Illustrations : Gérard Garouste, Isaïe d'Issenheim, 2007 - Gérard Garouste, L'Etudiant et l'Autre lui-même, 2007 - Goya, Les Caprices, planche 42, gravure.

Gérard Garouste
La prostituée aux anamorphoses
1999/00. Huile sur toile, 89x116cm.
Galerie Templon
Gérard Garouste
Gérard Garouste
L'antipode, 1999/00. Huile sur toile, 130x90cm.
Galerie Templon Paris

dimanche 19 juin 2011

Les couleurs de Bernard Courtalon

Bernard Courtalon, peintre contemporain aquarelliste


Né le 25 juin 1938 à AVALLON (yonne).
Depuis son enfance,il est attiré par le dessin,les couleurs et toute forme d'expression graphique.
En 1990, il décide de se passionner davantage pour l'art et en profite pour s'inscrire
à l'école d'arts plastiques de CHALON SUR SAONE (71)jusqu'en 2004.
Depuis 2001,il fait partie de l'académie lyonnaise de peinture.
Il est inscrit à la maison des artistes et coté à Drouot-cotation.
Il a pu ainsi participer à divers salons en FRANCE.
Son style peut se classer contemporain, en figuration libre
Ses créations font partie de collections en France-Allemagne-Angleterre-Hollande-Belgique.


 



Imagination voilée



Une rue une Ibiza



Une rue marchande



Vivante, rue Une



Promenade dans la rue



Sous la pluie



Bleu et Jaune



Bord de Leau



Harmonie de couleurs



La ville nouvelle



Le port ocre



Jaune Nature et mauves



Ruines de l'UA échine



Transparence



Voiliers en folie



Paysage imaginaire


***



Ma chatte


© Bernard Courtalon

Portraits de Franz Dvorak



Franz Dvorak, peintre autrichien d'origine hongroise (1862 - 1927)

(Franz Dvorak est né en 1862, dans ce qui était alors l’empire austro-hongrois. Dans le numéro de L’Illustration, daté du 25 février 1888, figure la reproduction d’un de ses tableaux. Signé « F. Dvorak 1887 », il est intitulé « A cache-cache » : « L’auteur de ce tableau on ne peut plus original (…) a montré que les plus heureuses qualités de l’imagination s’allient chez lui à un talent des plus sérieux. Au milieu des fantaisies de la composition, le côté réaliste est loin d’être négligé (…). On peut rendre cette justice à l’auteur qu’il a fait œuvre à la fois de poète et d’artiste », peut-on lire dans les colonnes du magazine, alors dirigé par Lucien Marc. ) 

via    




Franz Dvorak ak (503x610, 56Ko)
© Franz Dvorak

Dame aux Roses
1 ak (400x316, 25Kb)
Femme aux pivoines
2AK (640x491, 47Kb)
Femme avec une couronne de fleurs
1 ak (640x532, 74Kb)
Dans la contemplation
2AK (363x600, 50Kb)
1 ak (640x418, 50Kb)

Pureté et Passion

2AK (428x323, 43Kb)
L'Ange des Oiseaux
1 ak (350x700, 39Kb)
Dans le verger
1 ak (470x700, 200Ko)
Une jeune fille avec des roses blanches
1 ak (278x610, 44Kb)
Des fleurs pour le nourrisson
3a ak (600x484, 193Ko)
At The Races
1 ak (600x512, 96Kb)
Bedrich Smetana et ses amis
3a ak (600x458, 83Kb)
Printemps
1 ak (511x607, 86Ko)
Les frères et sœurs
1 ak (300x500, 35Kb)
Peinture Les Oiseaux
3a ak (399x610, 69Kb)
Un petit Cupidon
1 ak (462x583, 49Kb)
Un Portrait d'une petite fille
2AK (503x562, 50Kb)

Sleeping At Last - Dear True Love



Sleeping at last est un groupe de rock formé en 1998 dans l'Illinois aux USA.



Jeune trio américain emmené par les deux frères O'Neal, Ryan et Chad (accompagné donc par leur copain Dan Perdue à la basse).



Biberonnés au son rock des années 90, les trois jeunes gens ne peuvent qu'avouer l'influence flagrante de groupes marquants tels Radiohead, R.E.M ou les Smashing Pumpkins. D'ailleurs, c'est grâce à une rencontre providentielle avec Billy Corgan et à son fort soutien que Sleeping At Last publie son premier album en 2004 chez Interscope, après un E.P resté confidentiel en 1999.

Le fils du vent (Henning Mankell)


 

Présentation de l'éditeur


Vers 1875, Hans Bengler, jeune entomologiste amateur quitte la Scanie pour l'Afrique australe et le désert du Kalahari, en quête de quelque insecte inconnu. Mais sa principale découverte dans un comptoir de Namibie est un jeune boschiman orphelin. Bengler décide de l'adopter, de lui donner un nom, Daniel, et de le ramener en Suède, d'une part pour en faire "un homme véritable", d'autre part pour prouver à ses compatriotes ignares qu'il existe bien des êtres à la peau noire.
Pendant la traversée commence l'apprentissage de la civilisation, du suédois, du christianisme. Bengler exige de l'enfant qu'il oublie tout de son passé, alors que Daniel n'a qu'un rêve :
apprendre à marcher sur l'eau pour retourner achever l'antilope gravée par son père, et entrer en communication avec ses parents morts à travers des rêves et des signes.
Le retour en Suède est difficile. Bengler gagne sa vie, un temps en exhibant Daniel comme une bête de foire, puis l'abandonne en Scanie chez un couple de paysans compatissants. L'enfant se lie d'amitié avec Sanna, une attardée mentale et tente de fuir vers la mer. Lors de la deuxième tentative, il emmène avec lui Sanna, qui, lorsqu'ils sont rattrapés, l'empêche de se noyer, et de rejoindre ainsi ses ancêtres. Par vengeance ou sous l'empire de la fièvre, car il est déjà atteint (probablement) de tuberculose, il égorge la fillette. Il meurt peu de temps après.
Dans la veine de Comédia Infantil (Seuil, 2003), voici un très beau conte philosophique "africain" sur le thème de l'enfant sauvage, voire sur le sujet : qu'est-ce qu'un être humain ?
Mankell y fait appel à l'onirisme : Daniel est en contact avec les esprits de ses parents et de ses ancêtres, qui le motivent dans ses actes et ses efforts obstinés pour rentrer en Afrique. Mankell l'Occidental sceptique fait passer un souffle "animiste" sur ce livre, en accord avec le sujet. Il nous montre à quel point il s'est adapté à son milieu africain d'adoption et qu'il n'est pas uniquement un auteur de romans policiers à succès. --

L'auteur vu par l'éditeur


Né en 1948 dans le Härjedalen, marié à Eva Bergman, la fille du grand Ingmar, Henning Mankell est déjà célèbre dans le monde entier grâce à ses romans policiers. On ne compte plus les prix - Grand Prix de l'Académie suédoise pour la littérature policière, Deutsche Krimi-Preis, CWA Gold Dagger anglais, Prix Mystère de la critique, Prix Qualibre 38 et Trophée 813 en France - venus récompenser la série d'enquêtes menées par l'inspecteur Wallander et son équipe du commissariat d'Ystad.
Depuis 1988 Henning Mankell partage son temps entre la Suède et le Mozambique où il dirige, à Maputo, la troupe du Teatro Avenida. "L'Afrique a fait de moi un meilleur Européen. J'ai besoin de vivre en Afrique pour comprendre l'Europe, et réciproquement. Chacune est la tour d'où je vois l'autre."
Nombre de ses ouvrages pour la jeunesse, contes philosophiques, récits stigmatisent les maux de l'Afrique : les ravages causés par la guerre civile qui frappent de plein fouet les enfants, la misère, la famine, le sida.
Après Comédia Infantil (Seuil 2003), finaliste du Grand Prix nordique (1996), couronné par plusieurs prix et adapté au cinéma en 1998 par Solveig Nordlund (Prix Spécial, Cannes junior 1999), Le Fils du vent est le 2ème ouvrage ayant trait à l'Afrique à paraître en France.



 
 
extrait :

"Ce ne sera pas compliqué, reprit-il. Je monterai sur une petite estrade et j'exposerai les insectes en indiquant sur une carte leurs différentes provenances. Toi, tu seras assis à côté de moi. Quand je prononcerai ton nom, tu te lèveras, tu t'inclineras et tu diras : "Je m'appelle Daniel. Je crois en Dieu". Rien d'autre. Quand je te demanderai d'ouvrir la bouche, tu le feras. Quand je te dirai de rire, tu riras, mais pas trop longtemps, ni trop fort. Quand je te demanderai de gonfler tes joues comme un animal, tu le feras aussi. Puis tu sauteras à la corde pour montrer ton agilité. C'est tout. Si jamais quelqu'un dans l'assistance veut te toucher, tu accepteras en te disant qu'il ne te veux pas de mal. Mais tu dois surtout te dire que çà nous permettra de nous payer une meilleure chambre. As-tu bien compris ?
Daniel fit oui de la tête. En réalité, il n'avait pas compris un seul mot, mais Père lui avait parlé gentiment. Un peu comme Be quand elle voulait faire la paix avec Kiko après une dispute."

***************

Cette histoire, fabuleusement contée, la détresse de cet enfant draciné, et l'issue qu'il trouve pour retrouver la paix sa liberté par la mort, m'a profondément bouleversée. Il s'agit là, sans conteste d'un grand roman qui génère une émotion profonde comme j'en ai peu ressenti en littérature.
En effet, en ces périodes troubles actuelles, où tout ce qui est étranger semble faire peur, il est intéressant de retourner au 19 ème siècle et au comportement des occidentaux face à ces civilisations découvertes en Afrique.
Ces êtres qu'ils rencontrent sont ils des humains, ou bien des objets de curiosité qui font peur, des monstres de foire....? Car de sujets d'études, ils deviennent vite des objets à exposer pour rapporter simplement de l'argent..... Ils ne sont pas humains tant ils sont différents de nous, les « civilisés » comme s'il n'y avait de civilisation que l'occidentale...

Mais sommes nous actuellement si loin dans la vision étroite du monde di civilisé, et des "autres" si loin de ces manifestations primaires?

Ce roman de Hennig Mankell n'est pas un polar, mais une incroyable étude l'âme humaine et de ses dérives...... on y découvre l'attitude ambiguë d'un jeune scientifique qui perçoit l'humanité de celui qu'il « adopte » mais qui en même temps, par appât du gain et surtout de la notoriété, veut le « dresser » à l'occidentale, en n'écouant e rien de ce que l'autre peut lui communiquer à travers son comportement...
Le retour en Suède est difficile, et l'alcool fait des ravages sur ce jeune scientifique, ainsi que ses désirs pour les femmes.... Il a besoin d'argent pour survivre.... Alors son action première, partie d'une idée relativement humaniste se transforme en déviance et perversion, où seul le gain prime.
Ce sera sa chute, qui se termine par la trahison ultime: l'abandon de cet enfant en terre inconnue dans un milieu paysan rigide, religieux et tout simplement raciste de base par la peur de l'inconnu.... 
Dialogue de sourd même sans parole. Incompréhension et trahison. Et finalement une tragédie qui vous brise le coeur....

J'ai vraiment beaucoup apprécié ce roman, et je ne peux que le recommander comme un oeuvre exceptionnelle (au passage un grand merci à la traductrice qui a si bien su transcrire les émotions de la langue de Mankell en français!)