mardi 4 octobre 2011

Theo van Rysselberghe et la lumière en pointillés....

Théo Van Rysselberghe, né à Gand le 23 novembre 1862 et mort à Saint-Clair (Var) le 13 décembre 1926, est un peintre belge, connu pour avoir été l'un des principaux représentants du pointillisme en Belgique. Il a fait partie du deuxième courant, pointilliste, de l'école de Laethem Saint Martin.


Parcours
C’est à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, dès 1880, que Van Rysselberghe fait ses classes. Le jeune peintre s’exprime dans le style de l‘époque, étalant largement une matière riche. Puis peu à peu il se hasarde à une facture nouvelle accrochant la lumière. Trois voyages au Maroc répondant à la vogue de l’orientalisme vont le métamorphoser.
Il peint de nombreuses scènes marocaines, de plus en plus abouties, matérialisant sur la toile la chaleur et le scintillement de la lumière. Matisse avait été fasciné par cet Orient éclatant de mille feux. Seul Van Rysselberghe a immortalisé le Maroc en pointillés ("Maroc", "La porte de Mansour".
En 1886, l’Impressionnisme vient frapper en plein cœur l’avant garde bruxelloise emmenée par le Cercle des XX dont Octave Maus, avocat et critique, fut une locomotive. Invités à l’exposition des XX, Monet et Renoir font sensation tant par leur liberté d’expression que par la clarté des coloris utilisés. C’est le choc…
Van Rysselberghe remet en question la vieille technique du clair-obscur et expérimente le procédé de multiplication des touches de couleurs. Il exécute quelques portraits (dont "Octave Maus au chapeau" peint en plein air et en pleine lumière) et quelques marines (dont "Le Zwin à marée basse") rayonnantes de tons et de touches fluides. On sent l’artiste troublé et séduit. "Le dimanche après-midi à la grande jatte" de Seurat provoque une véritable émeute. Nous sommes en 1887.
Théo Van Rysselberghe ne peint plus dorénavant que selon la technique Néo-Impressionniste ou divisionnisme terriblement astreignante.
Peu à peu, au tournant du siècle, l’artiste acquiert son propre style. C’est ici qu’explose le grand Van Rysselberghe, celui qui donne d’avantage de mouvement et de volume à ses sujets, qui diminue le contraste entre les couleurs, allonge les touches, travaille à l’instinct et crée l’harmonie sans souci d’observer des règles établies.
C’est l’époque des personnages familiers et pleins de charme, des scènes de groupe dans un jardin. Fleurs, vêtements souples, meubles aux lignes courbes, coloris tendres d’un raffinement extrême se donnent le mot pour faire de la vie quotidienne des moments de pur bonheur.
Epinglons, ici, les charmantes dames de "L’Après midi d’été", fleuron du Musée d’Ixelles dont nous ne manquons jamais d’aller humer les senteurs estivales chaque fois que l’occasion d’y passer se présente. Le portrait de "Madame Octave Van Rysselberghe" au regard mutin sous sa capeline fleurie. Le superbe "Port de Cette, les Tartanes" témoignant d’un sens presque abstrait de la composition, du rythme et de la pose des couleurs. Et, dans un autre registre "Emile Verhaeren dans son cabinet", rigoureuse image de l’ami aux lorgnons toujours au travail.
Mais vers les années 1910, le Néo-Impressionnisme cesse d’intéresser Van Rysselberghe. Il s’adonne à un style plus réaliste et plus coloré. Ce sont alors paysages, portraits et nus féminins dont la rigueur n’atteint pas la cheville du mouvement qui l’a propulsé au faîte de la réussite.
Van Rysselberghe s’installe à Saint Clair, dans le Midi, y peint encore beaucoup et y meurt en 1926.

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The Garden of Felicien Rops at Essone 1910


Vase of Flowers 1907



Vase of Flowers 1917



Vase of Flowers 1923


Portrait of Alice Sethe 1888.



Maria Sethe at the Harmonium 1891



Anna Boch in Her Studio 1893




Portrait of Irma Sethe 1894



Portrait of Laure Fle 1898



Self Portrait with Palette 1916



Madame Edmond Picard in Her Box at Theatre de la Monnaie 1886



Portrait of Octave Maus 1885



Portrait of a Lady with a Fan 1881




Portrait of Jean Cepeinick 1881



Dario de Regoyos Playing the Guitar 1882



Woman in a Green Dress 1885




Portrait of a Woman in Black 1886-8

The Family in an Orchard 1890

Madame Theo van Rysselberghe and Her Daughter 1899



Elizabeth van Rysselberghe in a Cane Chair 1916

Portrait of a Young Girl in Red 1886-8
Portrait of Marguerite van Mons 1886





+5
The Children of Francois van Rysselberghe 1885



The Schlobach Sisters 1884



Little Denise 1889



Portrait of Helene and Michette Guinotte 1901



Elisaeth van Rysselberghe in a Straw Hat 1901



Young Woman on the Sand Shore, 1901

 


À défaut d'enfance ....

A défaut d’enfance il nous reste
Des collines qui prennent leur temps
Des ruisseaux qui savent leurs prières
Des quincailleries prodigieuses
Où l’on parle à voix basse
Et le pouvoir de ressusciter les morts
D’un seul coup d’œil dans le cellier de la mémoire
Alors que la sève doit peiner
Vingt ans pour faire un chêne digne de foi


(1913 - 2004)




Homme de mots et homme de l’être, Jean Rousselot pénètre les forêts intérieurs de l’homme comme bien peu l’ont fait, avec autant d’engagement et de sincérité. L’œuvre en vers et en prose (près de cent volumes et plaquettes) est puissante, généreuse, fraternelle et lyrique. Elle a été saluée par Max Jacob, Pierre Reverdy, Paul Eluard, ainsi que par les générations suivantes.

Si l’Ecole de Rochefort (dont il fut l’une des plus fortes personnalités) est une étape importante pour Rousselot, elle ne constitue néanmoins qu’une étape de la vie et de l’œuvre. La poésie est au plus près de la vie. Un humanisme exemplaire.

Quelques titres : Panorama critique des nouveaux poètes français (Seghers, 1952), Les Moyens d’existence - Œuvre poétique 1934-1974 (Seghers, 1976), Histoire de la poésie française (P.U.F, 1976), Poèmes choisis - Œuvre poétique 1975-1996 (Rougerie, 1997), Passible de... (Autres Temps, 1999), Est resté ce qui l’a pu (Autre Temps, 2002), Proses (Multiples, 2002).
Christophe Dauphin


 

RETOUR

Malgré moi je me souviens des mansardes sombres
Que l’ennui décora de sourires figés
Des linges qui sèchent au-dessus de l’âtre
De la cuvette usée et des vitres chevrotantes

Malgré moi j’ai pitié des cours visqueuses
Sans oiseaux délinquants, sans feuilles qui jasent
Et du pétrin invisible qui geint en bas
Toute la nuit comme un forçat

Malgré moi j’ai pitié des vieilles repasseuses
Aux jambes variqueuses aux yeux rougis
Et de l’ivrogne rentré tard qui bat sa femme
Dans l’entresol sans feu
Malgré moi ma mémoire restera vêtue
D’oripeaux pourris, d’airs usés
De pluies anciennes comme le monde
Qui disputent les fenêtres à la suie

Il serait bon encore de rêver dans l’obscur
La joue contre le plâtre le menton sur le poing
Et d’attendre sachant qu’il ne viendra personne
Attendre très tard perdu dans le nuage énorme de la misère


Il serait bon d’être encore penché
Sur l’escalier d’où monte le remugle
Attentif aux soupirs aux tintements furtifs
Et de jouer à cache-cache avec la faim

Il serait bon de croire que les maisons vont fondre
Dans le brouillard qui tôt le soir vient les saisir
Que les hommes demain seront nus et visibles
Que tout peut s’arranger avec un peu d’amour

Je dirai que l’espoir est au fond des avenues mortes
Et qu’il y faut frapper obstinément
Du poing du pied du cœur jusqu'à ce qu’on l’emporte
Au nom des temps enfouis dans la langue et les yeux.



(Le Poète restitué, 1941)

The Water Is Wide....


1-The water is wide, I cannot get o'er
And neither have I wings to fly.
Oh give me a boat that will carry two
And both shall row my love and I



2-Down in the meadow the other day
a-gathering flowers both fine and gay
a-gathering flowers both red and blue
I little thought what love can do



3-I leaned my back against an oak,
Thinking that he was a trusting tree.
But first he bent and then he broke,
and so did my false love to me.



4-A ship there is, and she sails the sea,
She's loaded deep as deep can be,
But not so deep as the love I'm in
I know not if I sink or swim.



5-O love is handsome and love is fine,
And love’s a jewel while it is new
But when it is old it groweth cold
And fades away like morning dew.





« The Water Is Wide "(également appelé" O Waly, Waly ») est une chanson folklorique d'origine écossaise ou anglaise qui a été chantée depuis les années 1600 et a vu une popularité considérable à travers le 2Oème siècle. Elle est liée à la Child Ballad 204 ( numéro de Roud 87), Jamie Douglas , qui à son tour se réfère au mariage malheureux de James Douglas, 2e marquis de Douglas à Lady Barbara Erskine . Cecil Sharp recueilli cette chanson lors de son voyage en Amérique en Première Guerre mondiale .

Mihail Aleksandrov, le mysticisme

Mihail Aleksandrov

Aleksandrov est né en 1949 à Vilnius, en Lituanie et a immigré aux États-Unis en 1980, s'installant à New York. Il a eu de nombreux one-man shows aux US et ses collections ont été présentées dans plus de vingt pays dans le monde.

Ses toiles vibrent d'une énergie spirituelle assez inhabituelle. Il n'oublie jamais ses racines russes, qui forment le cadre mystique de ses peintures. Ses peintures reflètent aussi sa conviction personnelle que la foi est au centre de notre existence.




Icônes anciennes, le concept de la Renaissance, l'art et la beauté et le mouvement Avante Garde russe influencent son travail. Il fusionne les formes géométriques et le corps humain dans des configurations symboliques de carrés, des cercles et des triangles.

Il crée en permanence un arrangement parfait de chiffres dans un mouvement rythmique chorégraphié. Grâce à ses peintures, Aleksandrov désire de transcender la réalité et atteindre un plus haut royaume spirituel.

Ses œuvres sont conservées dans les collections du Musée d'Etat russe à Saint-Pétersbourg, en Russie, et Moscou Musée d'Art Contemporain.

Christine Sperber
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Harmony

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Rebecca

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At Home

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The Island

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Noah

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Woman

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To the Open Space

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The Dream

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Woman and 3 Birds

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Angel above the City

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Two on a Wolf

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Virgin and Unicorn

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The Building

Thebuilding,


Chariot

Chariot

David and Lion

DavidandLion

Girlbirds

Girlbirds


Herdsman

Herdsman

Soldier

Soldier

Columbus

Columbus

Angel

Angel

Butterfly
Butterfly

Lillie Langtry, Le Lys de Jersey






Lillie Langtry (18531929), née à Jersey sous le nom d'Émilie Charlotte Le Breton, était une actrice britannique qui a connu de grands succès.
Lillie Langtry 

Fichier:Lillie Langtry, 1875.gif
D'une beauté reconnue, elle a été surnommée "Jersey Lily" (le lys de Jersey : Amaryllis belladonna)



et a eu de nombreux amants célèbres, dont le futur roi Édouard VII.

File:Lillielangtry1.jpg
Lillie Langtry - 1899
"The Degenerates

File:Langtry deBathe c1915.jpg
Langtry as Lady de Bathe c. 1915

Lillie as Rosalind
Lillie as Rosalind
Lillie as Cleopatra
Lillie as Cleopatra
Lillie Langtry as Cleopatra 1891



Lillie at Regal Lodge, 1899
Lillie at Regal Lodge, 1899


Fichier:Lillie Langtry by Millais.jpg
Portrait par John Everett Millais




Dans le film de John Huston Juge et hors-la-loi, elle est interprétée par Ava Gardner.

Life and Times of Judge Roy Bean

Le personnage principal, le juge Roy Bean, campé par Paul Newman, y voue une véritable dévotion à "Jersey Lily". Elle est également présente, sans vraiment l'être, dans la bande dessinée de la série "Lucky Luke", puisque comme dans le film de John Huston, elle y est l'égérie et l'inspiratrice du juge Roy Bean. Elle aurait inspiré à Pete Townshend, guitariste des Who, la chanson Pictures of Lily.

The Life of Lillie Langtry

Matisse, Cézanne, Picasso . . . L’aventure des Stein

Matisse, Cézanne, Picasso . . . L’aventure des Stein

Matisse, Cézanne, Picasso . . . L’aventure des Stein
Pablo Picasso, Nu à la serviette, 1907 - © Succession Picasso 2011
Un ensemble exceptionnel d'œuvres des différentes collections des Stein est présenté du 5 octobre 2011 au 16 janvier 2012, au Grand Palais
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Ils s'appellent Léo, Sarah, Michael et Gertrude, Ils sont américains et s'installent à Paris au début du XXème siècle. Collectionneurs d'art, ils ont su flairer les artistes importants d'art moderne au point de posséder l'une de plus importantes collections de l'époque. A travers huit sections, l'exposition propose de retracer le parcours de ces quatre collectionneurs hors pairs qui ont su imposer une nouvelle norme en matière de goût dans l'art moderne.

Si l'exposition raconte d'abord comment Léo Stein a été l'un des premiers à déceler le talent chez Manet, Degas, Renoir et Cézanne, artistes fondateurs de l'art moderne et à être sensible à une œuvre emblématique du courant fauviste « La Femme au chapeau » de Matisse (qui a fait scandale à l'époque), elle revient ensuite sur leurs habitations dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés abritant des œuvres d'artistes contemporains tels que Matisse, Picasso ou Man Ray attisant la curiosité et la convoitise du tout Paris.

L'exposition revient ensuite sur le flair de Sarah et Michael Stein qui ont été les premiers à défendre l'art de Matisse et à le soutenir pour dévoiler son art au grand public. De la même manière, Gertrude s'était liée d'amitié avec Picasso et l'a accompagné pendant la genèse des Demoiselles d'Avignon.

Dans les années 20, les Stein ont même encouragé le Post-Cubisme et les Néo-Romantiques. Gertrude Stein, notamment, a défendu un groupe de jeune peintres, appelés les Néo-humanistes et à soutenir les peintres hyperréalistes.
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"Deux femmes au bar", tableau de Pablo Picasso (1902).


Leo Stein (1872-1947) et sa sœur Gertrude (1874-1946) d’origine américaine, font partie des millions de touristes qui se rendent à l’Exposition universelle à Paris au cours de l’été 1900. Ils décident d’y rester. En janvier 1904, Michael le frère aîné (1865-1938) et sa femme Sarah, les rejoignent.
Cultivés, sensibles, peu soucieux des normes sociales, plus proches de la bohème artistique que de la grande bourgeoisie américaine, les Stein vont se révéler être des collectionneurs audacieux et atypiques. Ils développant un mécénat qui se double d’une complicité artistique et intellectuelle.

Présentation de l’exposition

Jusqu’au 16 janvier 2012, les Galeries Nationales du Grand Palais à Paris, proposent aux visiteurs des œuvres des différentes collections des Stein : Renoir, Cézanne, Picasso, Matisse, Manguin, Bonnard, Vallotton, Laurencin, Juan Gris, Masson, Picabia…


Le parcours de l’exposition, articulé en huit sections, permet d’apporter un éclairage sur chacun des membres de la famille.

Salle 1 - L’art moderne et ses sources

De 1900 à 1902, Leo Stein s’installe à Florence, où il découvre des collections qui le guideront pour construire la sienne selon une esthétique spécifique : Manet, Cézanne, Renoir et Degas constituent le socle fondateur de l’art moderne.
Lorsqu’il décide de vivre à Paris pour apprendre la peinture, il loue une maison-atelier, rue de Fleurus et achète ses premiers tableaux de Cézanne ainsi que des lithographies de Renoir et Degas.

Salle 2 - Le Paris des avant-gardes

Leo découvre pleinement l’impressionnisme à travers le legs Caillebotte au Musée du Luxembourg. Il découvre l’œuvre de Picasso à une exposition et lui achète, dès lors, dessins et toiles

Il réunit un ensemble autour du thème du nu allongé – parmi lesquels le chef d’œuvre de Matisse le Nu bleu (souvenir de Biskra). Au Salon d’Automne de 1905, Leo acquiert l’œuvre qui fait le scandale de la salle des Fauves, la Femme au chapeau, toile de Matisse.

Salle 3 - "Les samedis" des Stein
Michael et Sarah habitent au 58 de la rue Madame tandis que Gertrude et Leo sont installés au 27 rue de Fleurus.
Ces deux lieux deviennent des salons prisés du Tout-Paris artistique qui s’y réunit afin de voir la plus belle collection de tableaux de Cézanne de Paris, les dernières œuvres de Picasso et surtout de Matisse, commentés par Leo ou par Sarah.

Salle 4 - Michael et Sarah Stein, premiers "matissiens"

Le couple se lie à Matisse et seront les premiers grands défenseurs de son art. Ils réunissent avant guerre une collection exceptionnelle
Vers 1907, la collection des Stein s’organise exclusivement autour de Matisse, avec des toiles majeures achetées directement à l’artiste, comme ou Le Madras rouge ou, en janvier 1912, Intérieur aux aubergines.

Salle 5 - L’Académie Matisse

En janvier 1908, Sarah Stein qui, tout comme Leo, pratique la peinture et bénéficie des corrections occasionnelles de Matisse incite ce dernier à ouvrir une académie (1908-1910).
L’académie Matisse prend place au Couvent des Oiseaux, rue de Sèvres, à côté de l’atelier de Matisse puis, au printemps 1908, au Couvent du Sacré-Cœur.

Salle 6 - Le Corbusier : une villa pour les Stein (1928-1935)

Sarah et Michael Stein décident en 1926 de faire construire une villa, ils font alors appel à Le Corbusier, choix moderniste, digne de collectionneurs de l’avant-garde
Avec l’irruption de la guerre en août 1914 et après de nombreuses vicissitudes, ils se voient contraints de vendre leurs tableaux en 1920-21, dispersant ainsi une collection exceptionnelle. Devant la montée des périls fascistes, ils rentrent définitivement aux Etats-Unis, en 1935.
Salle 7 - Gertrude Stein et Picasso
L’amitié de Gertrude Stein et de Picasso est scellée par le portrait qu’il réalise en 1906 et qui fixe à jamais les traits de l’écrivain. Elle et son frère acquièrent vers 1907-08 un ensemble de quatorze études pour les Demoiselles d’Avignon et le Nu à la draperie.
Après la guerre, alors que les prix des œuvres de Picasso ne sont plus à sa portée, elle soutient toutefois la production "post-cubiste" et se tourne dans les années 1920, vers Juan Gris et André Masson, deux artistes défendus par le galeriste Kahnweiler.

Salle 8 : Gertrude Stein, portraits et hommages

Alors que Léo s’est installé en Italie, Michael et Sarah sont rentrés à San Francisco, Gertrude Stein partage son temps entre Paris et sa maison dans l’Ain. Elle défend un groupe de jeunes peintres, les Néo-romantiques.
Depuis son engagement auprès de la Croix rouge américaine pendant la guerre, avec sa compagne Alice Toklas , Gertrude est devenue une figure populaire. Ses portraits sont nombreux et contribuent à la construction d’un mythe.
Elle disparaît en 1946 non sans avoir assisté à l’émergence d’une nouvelle abstraction informelle, avec les toutes premières œuvres de Jean-Michel Atlan (1913-1960)

Les éditions numériques et audiovisuelles autour de l’exposition

e-catalogue de l’exposition : cette application permet de retrouver sur iPad l'intégralité du catalogue d'exposition dans une interface simple et ergonomique qui tire pleinement parti de capacités graphiques de la tablette tactile.
e-album de l’exposition : la collection e-album est la première collection de livres d'art pour iPad.

Informations pratiques

  • Grand palais, Galeries nationales
  • 3 avenue du Général Eisenhower - 75008 Paris (entrée Champs-Elysées par le square Jean Perrin)
  • +33 (0)1 44 13 17 17 (serveur vocal)
  • www.rmngp.fr
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D’origine américaine, les Stein s’installent à Paris au début du XXe siècle : Gertrude, écrivain d’avant-garde, avec son frère Léo, rue de Fleurus ; Michael, l’aîné, avec son épouse Sarah, rue Madame. Premiers acheteurs de Matisse et de Picasso, ils accueillent chez eux toute l’avant-garde artistique et constituent ainsi une des plus étonnantes collections d’art moderne.

L’exposition revient sur l’histoire de cette famille hors norme. Elle éclaire l’importance de son patronage pour les artistes et montre comment elle a contribué à imposer une nouvelle norme en matière de goût dans l’art moderne, à travers : le regard de Léo sur les sources de la modernité, ainsi que ses échanges avec les intellectuels de l’époque ; l’amitié de Gertrude avec Picasso ; son écriture poétique et le cubisme ; les liens de Sarah avec Matisse ; les collaborations entre Gertrude et les artistes dans les années 20 et 30...
Cette importante manifestation réunit un ensemble exceptionnel d’œuvres des différentes collections des Stein : Renoir, Cézanne, Picasso, Matisse, Manguin, Bonnard, Vallotton, Laurencin, Gris, Masson, Picabia....
Le parcours articulé en huit sections permet d’apporter un éclairage sur chacun des membres de la famille : Leo, Sarah et Michael et enfin, Gertrude.

I « The Big Four » : Manet, Renoir, Degas, Cézanne, piliers de l’art moderne.
Léo Stein, jeune américain fasciné par l’art européen, s’installe à Paris en 1902 et construit son regard à travers des échanges avec des théoriciens et des historiens de l’art tels que Berenson et les expositions du Paris du début du siècle - éducation du regard qui le guidera pour construire sa propre collection selon une esthétique spécifique : Manet, Degas, Renoir et Cézanne constituent le socle fondateur de l’art moderne.

II La tradition classique à l’épreuve de la modernité
Léo, rejoint par sa sœur Gertrude puis par son frère Michael et son épouse Sarah, est à l’origine de leurs premières acquisitions qui ressortent d’un goût pour une modernité classique dans la lignée de Manet et de la grande peinture italienne : Manguin, Vallotton, Maurice Denis, les Picasso de la période bleue et rose. Il rassemble un ensemble étonnant autour du thème classique du nu allongé - parmi lesquels le chef d’œuvre de Matisse le Nu bleu, souvenir de Biskra - autant de réminiscences pour Leo du schéma prégnant de la Vénus d’Urbin revisité par l’Olympia de Manet.

III La révélation « fauve », salon d’Automne 1905.
Léo achète La Femme au chapeau, toile de Matisse qui a fait scandale au Salon d’Automne de 1905. Une acquisition emblématique de l’audace de la collection Stein, placée sous le signe de l’avant-garde.

IV Les « Samedis des Stein ».
Michael et Sarah Stein habitent avec leur fils Allan au 58 de la rue Madame tandis que Gertrude et Leo sont installés au 27 rue de Fleurus. Ces deux lieux deviennent des salons prisés du Tout-Paris artistique : étrangers de passage, intellectuels et artistes parisiens s’y pressent afin de voir surtout les œuvres des deux champions de la collection - Matisse et Picasso. Braque, Apollinaire, Picabia, Duchamp, Man Ray, Gris, Laurencin, Masson, mais aussi les écrivains américains, Hemingway, Sherwood Anderson, Fitzgerald... s’y croisent et y découvrent La Joie de vivre et le Nu bleu de Biskra de Matisse, Le Garçon au cheval et Les Trois Femmes de Picasso, le Portrait de Madame Cézanne de Cézanne et les tableaux de Renoir ou de Gauguin.

V Matisse. Une collection sensible et complète.
Sarah et Michael Stein se lient à Matisse et seront les premiers grands défenseurs de son art. Ils réunissent avant guerre une collection exceptionnelle. Sarah le convainc d’ouvrir une académie où elle suit les cours du maître aux côtés de nombreux artistes étrangers. Elle soutient Matisse dans sa volonté d’expliciter son art à travers écrits et enseignement. En 1914, les Stein acceptent de prêter dix-neuf de leurs plus belles toiles à Berlin pour une exposition dans la galerie de Fritz Gurlitt. La guerre bloquera leurs œuvres en Allemagne, qui ne seront jamais récupérées. Ils s’installent en 1928 dans une villa qu’ils font construire par Le Corbusier, à Garches, jusqu’en 1935 alors qu’ils décident de rejoindre les Etats-Unis face à la montée des périls fascistes.

VI Gertrude Stein et Picasso.
Gertrude Stein, dont Picasso se propose de faire le portrait en 1906, se découvre une véritable amitié avec le peintre. C’est à ce moment-là qu’elle commence l’écriture de son ouvrage monumental The Making of Americans, profondément marquée par la peinture de Cézanne, notamment le Portrait de Femme acheté chez Vollard, et les échanges avec Picasso. Préoccupés tous deux par la question du réalisme et de l’objet, chacun élabore une écriture relativement hermétique - l’une, littéraire, fondée sur la répétition, et l’autre, picturale, sur la décomposition des volumes. Ainsi, Gertrude et son frère accompagnent Picasso pendant l’aventure de la genèse des Demoiselles d’Avignon, acquérant un carnet d’études exceptionnel et le grand tableau, Nu à la serviette (1907). Lorsque le frère et la sœur se séparent en 1913, Gertrude continue d’acheter des toiles cubistes de Picasso.

VII Années 1920 - 1930 : le Post-Cubisme et les Néo-Romantiques.
Après la guerre, les artistes que les Stein ont soutenus sont devenus très célèbres, et leurs cotes, inaccessibles. Gertrude Stein, proche de Kahnweiler, soutient toutefois dans les années 1920 la production « post-cubiste » de Gris, Braque, Masson... Alors que Léo s’est installé en Italie, Michael et Sarah sont rentrés à San Francisco, Gertrude partage son temps entre Paris et sa maison dans l’Ain, à Bilignin ; elle défend un groupe de jeunes peintres, les Néo-humanistes, Francis Rose, Bérard, Tchelitchew, mais aussi la production tardive de Picabia, les « Transparents » et les peintures hyperréalistes. Elle disparaît en 1946 non sans avoir assisté à l’émergence d’une nouvelle abstraction informelle, avec les toutes premières œuvres d’Atlan.

VIII Gertrude Stein, Portraits et Hommages.
Depuis son engagement auprès de la Croix rouge américaine avec sa compagne Alice Toklas pendant la guerre, elle est devenue une figure populaire, célébrité qui ne fait que croître avec la publication en 1933 de L’Autobiographie d’Alice Toklas. Ses portraits (Vallotton, Cecil Beaton, Man Ray, Jo Davidson, Jacques Lipchitz, Dora Maar, Marcoussis, Picabia, Rose, Tchelitchew, Nadelman...) sont nombreux et contribuent à la construction d’un mythe.



L’exposition est organisée par la Rmn-Grand Palais, le Museum of Modern Art de San Francisco et le Metropolitan Museum of Art de New York.
Renseignements, achat de billets et téléchargement des audio guides (3 €) sur www.rmn.fr

Illustration : Femme au chapeau - Henri Matisse - San Francisco Museum of Modern Art, don d’Elise S. Haas, San Francisco, USA - © Succession H. Matisse. Photo : Moma, San Francisco, 2011