samedi 15 octobre 2011

Anish Kapoor à Monumenta

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Monumenta 2011 : Anish Kapoor

 

MONUMENTA a marqué le retour d’Anish Kapoor à Paris, trente ans après sa première exposition dans la capitale. Il est considéré comme l’un des plus importants sculpteurs d’aujourd’hui. Son travail a profondément renouvelé l’étendue des possibilités de la sculpture contemporaine tant par sa maîtrise de l’échelle monumentale que par la sensualité colorée et l’apparente simplicité qui se dégagent de ses oeuvres. Celles-ci contribuent à la fascination qu’elles exercent sur tous les publics comme le montre, par exemple, le succès populaire du Cloud Gate de Chicago.

Né en 1954 à Bombay, il est installé à Londres depuis le début des années 1970. Son travail a rapidement gagné une considération internationale célébrée par de nombreux prix dont le fameux Turner Prize qu’il remporta en 1991. Sa démarche fit depuis l’objet de nombreuses expositions personnelles dans les musées les plus prestigieux du monde dont le Guggenheim, le Louvre, la Royal Academy, la Tate Modern, etc. Il lui a été récemment commandé de concevoir le signal marquant les prochains Jeux Olympiques à Londres, une sculpture de 116 mètres de haut intitulée « Orbit ».

L’oeuvre qu’il prépare pour MONUMENTA est décrite ainsi par l’artiste : « Un seul objet, une seule forme, une seule couleur ». Il ajoute : « Mon ambition est de créer un espace dans l’espace qui réponde à la hauteur et la lumière de la Nef du Grand Palais. Les visiteurs seront invités à entrer dans l’oeuvre, à s’immerger dans la couleur et ce sera, je l’espère, une expérience contemplative et poétique ». Conçue avec les technologies les plus audacieuses, l’oeuvre ne s’adressera pas au seul regard mais invitera le visiteur à faire une découverte sensorielle et mentale globale. Défi technique et poétique sans équivalent dans l’histoire de la sculpture, cette oeuvre remet en question ce que nous croyons savoir de l’art, de notre corps et de notre vécu le plus intime, de nos origines. Spectaculaire et profonde, elle répond à ce que l’artiste considère être l’enjeu de son travail : « Parvenir par des moyens strictement physiques à proposer une expérience émotionnelle et philosophique inédite ».

La suite sur le site de l’exposition Monumenta 2011.

L’artiste Anish Kapoor a créé une structure impressionnante dans le cadre de Monumenta : une oeuvre inédite à l’intérieur de la Nef du Grand Palais.

Voici une sélection de photographies par Franck Bohbot, ainsi qu’une vidéo produite par Fubiz illustrant le service Monumenta / UrbanDive.




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Les mystérieux crânes préhistoriques de Motala

Les mystérieux crânes préhistoriques de Motala


Les amateurs de polars ont peut-être lu Roseanna, le premier roman de Maj Sjöwall et Per Wahlöö paru en 1965. Pour résumer l’intrigue, on peut dire que l’équipe de l’inspecteur Beck découvre le cadavre d’une jeune inconnue dans le canal de Motala, dans la province d'Östergötland (Ostrogothie en français) au sud-est de la Suède. Aujourd'hui la réalité rejoint presque la fiction puisque une autre énigme a émergé de l'ancien lac de Kanaljorden à Motala. Des crânes, montés sur des piquets en bois, ont été placés dans le lit du lac, il y a plus de 8 000 ans.


L'équipe de Fredrik Hallgren de la Stiftelsen Kulturmiljövård Mälardalen, la fondation pour la préservation du patrimoine de la région de Mälardalen (berceau des Suiones, à l'origine du peuple suédois), réalise des fouilles sur le site préhistorique de Kanaljorden depuis 2009.





Cette campagne d'archéologie préventive, menée sur le tracé de la future ligne de chemin de fer, a pris une tournure inattendue avec la découverte de 11 squelettes humains (hommes, femmes, enfants et nourrissons compris). Il semblerait que l'ancien lac, peu profond, était utilisé pour recevoir les restes de sacrifices rituels. Pratiquement aucun squelette n'était complet. Les archéologues ont trouvé essentiellement des crânes, ainsi que des fragments d'os humains ou d'animaux. Deux crânes étaient encore plantés dans leurs tiges en bois mais il y en avait sans doute davantage, ainsi que le montre les traces de perforations sur les autres squelettes.

Tomas Westberg gräver i våtmarken. Foto: Anna Arnberg.

Ce type de pratique semble unique à l'ère mésolithique. La plupart des exemples connus, sont des rituels pratiqués par les colons sur les populations indigènes. Il existe également des rituels funéraires où les crânes sont placés sur des piques et exposés comme trophées. Néanmoins, ces traditions sont bien postérieures aux sacrifices de Motala.
Les scientifiques suédois ont fait une seconde découverte bien étrange : un crâne féminin contenant les débris de l'os temporal d'une autre femme. Les analyses ADN permettront de montrer s'il s'agit de deux membres de la même famille, ainsi que le suppose les chercheurs.
Fredrik Hallgren, qui enseigne l'archéologie à l'Université d'Uppsala, a déjà élaboré plusieurs théories. Il pourrait s'agir, selon lui, de rites funéraires secondaires. Les ossements auraient été déterrés de leurs tombes après la décomposition des tissus, pour être inhumée une seconde fois, dans un autre endroit. L'exposition des crânes sur une tige en bois serait une étape de ce rituel compliqué. Cette pratique de double-inhumation a été observée sur un autre site suédois datant du mésolithique.
La seconde hypothèse est plus macabre. Le professeur Hallgren envisage en effet la possibilité que les crânes appartiennent à des ennemies tués sur le champ de bataille. Les vainqueurs auraient rapporté leurs trophées de guerre à la maison. Pour connaître la réponse, il va falloir attendre le résultat des analyses isotopiques pratiquées en laboratoire. Les chercheurs pourront ainsi déterminer si les propriétaires des crânes étaient des représentants locaux ou des étrangers, venus de lointaines contrées.
L'équipe doit néanmoins tenir compte du fait que les hommes du mésolithique était des peuples nomades, parcourant de façon saisonnière les forêts et les rivages pour se rendre de leur camp d'hiver à leur camp d'été. Ils chassaient le sanglier, le cerf, le wapiti et l'ours brun, mais pratiquaient également la pêche et la cueillette. Fredrik Hallgren pense que le site de Motala était un lieu de rassemblement pour ces peuples dispersés, sans doute un endroit sacré où ils se retrouvaient ponctuellement.


Les 4 saisons selon Irina Kotova


Irina Kotova est née en 1976 à Minsk en Biélorussie. Après des études secondaires où l’art tenait déjà une place importante, elle est entrée en 1996 à l’Académie d’Etat des beaux-arts de Biélorussie à Minsk. Elle obtient le diplôme du cycle complet, avec la spécialisation « Art graphique », en 2002. La même année, elle est admise au sein de l’Union des artistes de Biélorussie. Durant cette période, elle a également effectué des séjours en France, notamment à Paris, dans le cadre de recherches sur « Les artistes biélorusses en France du 19e siècle à nos jours ». En 2003, installée à Paris, elle étudie à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge jusqu’à l’obtention du diplôme de licence en 2007. En 2009, elle a obtenu le diplôme du Master 2 dans le domaine de l’histoire de l’art byzantin à l’Ecole pratique des hautes études à Paris.


Ses œuvres ont été présentées lors de nombreuses expositions en Russie, Biélorussie, Italie, France, Canada, Etats-Unis. Elle a entre autres participé en 1994, à Ottawa au Canada, à l’exposition internationale organisée par le Fonds des victimes de Tchernobyl ; en 2003, en Italie, à l’exposition internationale « Alberobello arte » ; à plusieurs salons internationaux et manifestations des arts en France (entre 2003 et 2006). En 2005, une exposition lui a été consacrée à Charleston en Caroline du Sud (Etats-Unis) ainsi qu’en 2007 à l’ambassade de Biélorussie à Paris où ses œuvres avaient déjà été exposées en 2006 lors de l’exposition des artistes biélorusses. Dernièrement, en avril 2009, certaines de ses œuvres ont été présentées à la galerie du Palais de la République à Minsk dans le cadre de l’exposition internationale annuelle. Le 2 juin de la même année, son parcours artistique a fait l’objet d’un exposé illustré à l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) à Paris.
Nouvelles récentes: voir la page "Evènements".

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Printemps


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Hiver



L'exposition au Musée national des beaux-arts de Biélorussie à Minsk
8 décembre 2010 - 31 janvier 2011



Voici l'affiche de l'exposition qui vient de débuter à Minsk. Elle est ouverte jusqu'au 8 janvier. L'annonce sur le site du Musée: en anglais, en russe, en biélorusse. Exemples de l'annonce dans les médias: 1, 2, 3, 4. Le discours de l'ambassadeur de France, Son Excellence Michel Raineri, en biélorusse, est proposé sur cette page avec une photographie. Quelques photographies sont vernissage se trouvent sur le site du Musée. Un grand défilé de mode, inspiré par Paris, est organisé, le 15 décembre, en lien avec l'exposition, voir cette page. La télévision biélorusse a présenté ce projet, pour visionner la vidéo de l'entretien avec la conceptrice de celui-ci, cliquez ici.
Plusieurs centaines de personnes étaient présentes le 8 décembre au vernissage (photographie ci-dessous). Parmi celles-ci plusieurs ambassadeurs et des personnalités biélorusses. Le 13 décembre, la télévision biélorusse a diffusé un reportage (présentation en anglais) que l'on peut visionner ici et (et sur Youtube). Pour répondre au succès, l'exposition, dont la durée initiale était d'un mois, a été prolongée jusqu'au 17, puis jusqu'au 31 janvier. Deux grands entretiens ont été publiés, dans ce quotidien (2), avec le professeur Adam Maldzis, grand spécialiste de la culture biélorusse, et l'autre dans ce bi-hebdomadaire. De nombreux articles, en ligne, ont relaté l'exposition, quelques exemples: 1, 2, 3, 4 (un autre entretien), 5, 6, 7, 8 (en anglais). Le principal site orthodoxe biélorusse, Sobor, a publié, le 24 janvier, un article sur l'exposition, le parcours d'Irina Kotova et l'album "Paris imaginaire". Pour accéder à l'article, cliquez ici. Il est complété par cette galerie. Selon les statistiques du musée, plus de 22 000 personnes ont visité l'exposition.

jeudi 13 octobre 2011

Jin Hongjun, les couleurs de la Chine contemporaine

Jin Hongjun, peintre contemporain chinois           

Source: http://www.nipic.com/design/zhuanti/786786.html et http://en.artkoo.net/painter.asp?artistPath=jinhongjun

 

























Cent poèmes de Thomas Hardy


Cent poèmes
Né en 1840 dans une province rurale du sud ouest de I'Angleterre, élevé dans la musique folklorique traditionnelle ainsi que dans la lecture active de la Bible et des grands classiques anglais, latins. grecs et français, passionné d'histoire, de peinture, de sculpture et de musique, architecte spécialisé dans la restauration d'églises médiévales, romancier régionaliste, peintre de son Dorset natal et témoin indigné des injustices humaines, philosophe de l'absurde et de la fatalité, dénonciateur de toute violence, amoureux de la nature, de la vie et de ses vrais plaisirs simples, Thomas Hardy est le plus universel des poètes anglais du vingtième siècle.

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Thomas Hardy ( 1840 1928) est un poète et romancier anglais appartenant au courant naturaliste. Auteur devenu aujourd'hui classique, il a particulièrement influencé D. H. Lawrence. Il a reçu l'ordre du Mérite en 1910.
Il se considérait lui-même d'abord comme un poète, n'écrivant des romans que pour gagner sa vie. La majorité de son œuvre, qui se déroule essentiellement dans la région fictive du Wessex, dépeint des personnages en lutte contre leurs passions et les circonstances. Sa poésie, publiée après ses 50 ans, est jugée d'une qualité égale à ses romans, surtout depuis sa relecture par un groupe d'écrivains anglais, The Movement, dans les années 1950 et 1960.

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Thomas Hardy – L’Homme qu’il a tué (The Man He Killed, 1902)


« Si seulement nous nous étions rencontrés
Près de quelque vieille auberge,
Nous nous serions assis pour prendre ensemble
Quelques petits verres !

« Mais en position de fantassin,
Nous observant face à face,
J’ai tiré sur lui, lui sur moi,
Et je l’ai tué net.

« Je l’ai abattu parce que -
Parce que c’était mon ennemi,
C’est ca : il était bien mon ennemi ;
C’est assez clair : alors que

« Il a pensé à s’engager, peut-être,
A la va-vite – tout comme moi -
N’avait plus de travail – avait vendu ses hardes -
Il n’y a pas d’autre raison.

« Oui ; la guerre est bizarre et étrange !
Vous tuez un homme
Que vous auriez rencontré à quelque comptoir
Ou dépanné d’une demi-couronne
. »



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Cent poèmes Thomas Hardy (A sauts et à gambades)

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Tout le monde connaît l’écrivain mais beaucoup moins le poète, faute de traduction disponible sans doute.
La parution de cette anthologie bilingue datant de 2008 est venue à point.
Les deux traducteurs sont enseignants en Suisse et c’est un éditeur Suisse qui permet cette parution.
Dans l’introduction les traducteurs font la longue liste des admirateurs du poète : Virginia Woolf, D.H. Lawrence, W.H. Auden, Ted Hughes, Philip Larkin, Seamus Heaney, certains d’entre eux le considère comme un modèle.

Le poète plein d’empathie pour les expériences humaines, se fait chantre universel de l’homme, de ses rêves, des sa sensibilité.
On retrouve dans les poèmes des thèmes abordés dans les romans : généalogie, mémoire, tourment de l’homme révolté, et tout l’amour de Thomas Hardy pour les landes et les forêts, les animaux "Les plus humbles créatures de Dieu! Eux connaissent des secrets de la Terre que moi, je ne connais pas"
Ils sont nombreux chez Thomas Hardy " Un faucheux, un papillon de nuit et un scarabée" ce sont des invités permanents " Mes hôtes barbouillent la ligne que je viens d’écrire"
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Thomas Hardy et sa seconde femme Florence

Des poèmes hommages : à son éditeur Leslie Stephen (père de Virginia Woolf) , à « La poussière de l’alouette que Shelley entendit » poème hommage à Gibbon dont il admire l’oeuvre.
Poèmes influencés par les poètes antiques, Ovide, Horace...
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La Voie Romaine s’avance droite et nue,
A travers la lande. Et des hommes pensifs
Opposent son Aujourd’hui à son Jadis

Sa femme Emma est à la source de plusieurs écrits celle qui « Ouvrit pour moi la route du Romanesque » et très souvent le thème de la maison où vivre :
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Je veux bâtir un manoir sans tarder.
Et l’orner de deux tourterelles,
Et d’un large escalier à pilastres,
Et d’un puits frais pour de l’eau cristalline;
Oui je vais bâtir un manoir sans tarder,
Planter des rosiers qui nourrirons l’amour,
Et des pommiers et des poiriers.

Les poèmes sont classés par thèmes : jeunesse, guerre, la mort, la méditation ....
L’anthologie est enrichie de repères biographiques et d’un cahier de photographies des lieux habités par Thomas Hardy et pour les amateurs le livre est accompagné d’un CD proposant une sélection de poèmes bilingues.

Le livre : Cent poèmes - Thomas Hardy - Choisis et traduits par Eric Christen et Françoise Baud - Editions de L’Aire