samedi 26 novembre 2011

American Nomads Series

Découverte du talent du photographe Daryl Peveto qui a cherché, avec cette série “American Nomads”, à s’approcher de nomades là où la possession d’un domicile fait parti du “rêve américain”. Une série de clichés splendides à découvrir dans la suite de l’article.




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Timber Timbre - Demon Host



Timber Timbre est un groupe de folk-rock canadien.



Formé en 2005, il est composé de Taylor Kirk, Simon Trottier et Mika Posen.
Timber Timbre a sorti quatre albums, autoproduisant les deux premiers avant de signer pour un label indépendant, Out of This Spark, en janvier 2009 puis chez Arts & Crafts Productions, à Toronto, en mai de la même année.
« Sombres mais pas déprimantes », les chansons de Timber Timbre ne sont pas sans rappeler un autre enfant du pays, Léonard Cohen.










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Neysa McMein...(2)

Neysa McMein
peintures antérieures  ici

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"Les carnets de Malte Laurids Brigge..".

Times Like These...by *dingodave




"Il faut avoir vu beaucoup de villes, beaucoup d’hommes et de choses, il faut connaître les bêtes, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir le mouvement qui fait s’ouvrir les petites fleurs au matin.
Il faut pouvoir se remémorer les routes dans des contrées inconnues, des rencontres inattendues, et des adieux prévus depuis longtemps – des journées d’enfance restées inexpliquées, des parents qu’il a fallu blesser un jour qu’ils vous ménageaient un plaisir qu’on n’avait pas compris (c’était un plaisir destiné à un autre…),des maladies d’enfance, qui commençaient étrangement par de profondes et graves métamorphoses, des journées passées dans des chambres paisibles et silencieuses, des matinées au bord de la mer. Il faut avoir en mémoire la mer en général et chaque mer en particulier, des nuits de voyage qui vous emportaient dans les cieux et se dissipaient parmi les étoiles – et ce n’est pas encore assez que de pouvoir penser à tout cela. Il faut avoir le souvenir de nombreuses nuits d’amour, dont aucune ne ressemble à une autre. Il faut se rappeler les cris des femmes en train d’accoucher […]. Il faut aussi avoir été au côté des mourants, il faut être resté au chevet d’un mort […].

 Red Dawn :.by *dingodave



Et il n’est pas encore suffisant d’avoir des souvenirs. Il faut pouvoir les oublier, quand ils sont trop nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent.
Car les souvenirs ne sont pas encore ce qu’il faut. Il faut d’abord qu’ils se confondent avec notre sang, avec notre regard, avec notre geste, il faut qu’ils perdent leurs noms et qu’ils ne puissent plus être discernés de nous-mêmes ; il peut alors se produire qu’au cours d’une heure très rare, le premier mot d’un vers surgisse…"

by *dingodave


Rainer Maria Rilke.
Les carnets de Malte Laurids Brigge.





Rainer Maria Rilke (1875-1926) est un écrivain de langue allemande né à Prague, qui s'est consacré essentiellement à la poésie, plus apte, selon lui, à décrire les "méandres de l'âme".
Mais il a aussi écrit un roman : "Les Cahiers de Malte Laurids Brigge". Malte est un jeune poète danois qui arpente le pavé parisien à la recherche de la réalité. Le personnage de Malte, double de Rilke, symbolise la difficulté de vivre et d'écrire.
Rilke mit six années (1904-1910) à venir à bout de ce récit extraordinaire de 200 pages.



"O sort bienheureux de celui qui est assis dans la chambre silencieuse d'une maison familiale, entouré d'objets calmes et sédentaires, à écouter les mésanges s'essayer dans le jardin d'un vert lumineux, et au loin l'horloge du village. Etre assis et regarder une chaude trainée de soleil d'après midi, et savoir beaucoup de choses sur les anciennes jeunes filles, et être un poète.
Et dire que j'aurais pu devenir un tel poète, si j'avais pu habiter quelque part, quelque part en ce monde, dans une de ces maisons de campagne fermées où personne ne va plus. J'aurais eu besoin d'une seule chambre (la chambre claire sous le pignon). J'y aurais vécu avec mes aciennes choses, des portraits de famille, des livres.Et j'aurais eu un fauteuil, et des fleurs et des chiens, et une canne solide pour les chemins pierreux.
Et rien de plus. Rien qu'un livre, relié dans un cuir jaunâtre, couleur d'ivoire, avec un ancien papier fleuri pour feuille de garde. J'y aurais écrit. J'aurais beaucoup écrit, car j'aurais eu beaucoup de pensées et des souvenirs de beaucoup de gens.
Mais la vie en a disposé autrement, Dieu sait pourquoi. Mes vieux meubles pourissent dans une grange où l'on m'a permis de les placer, et moi-même, oui, mon Dieu, je n'ai pas de toit qui m'abrite, et il pleut dans mes yeux."

jeudi 24 novembre 2011

Les "ponts vivants" du Meghalaya



Le Meghalaya  est un État du Nord-Est de l'Inde.
Développement durable, architecture verte!
Dans le Meghalaya (nord-est de l'état de l'Inde) les gens construisent des «ponts vivants» en utilisant les racines vivantes des figuiers. C'est un fait remarquable de voir des gens qui vivent dans une telle harmonie avec la nature.

living bridge 1
living bridge 2
living bridge 3

Pour la petite et grande histoire.....Dans cet état tribal matriarcal c'est les femmes qui mènent le jeu, comme propriétaires et décideures dans les affaires. Dans presque chaque ménage, c'est les femmes qui sortent pour travailler et sont salariées, alors que leurs hommes restent à la maison et s'occupent des enfants....

Les hommes d’une tribu matrilinéaire en Inde réclament l’égalité des sexes
Chez les Khasi, la mère transmet son nom à ses enfants et les filles héritent du patrimoine, sans pour autant accéder aux postes-clés du pouvoir
Julien Bouissou
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60 ans passés, Kaith Pariat ne veut plus « jouer aux baby-sitters » et encore moins subir la loi de sa belle-mère. Il vit cet enfer depuis déjà trop longtemps. Depuis le premier jour de son mariage, exactement.
L’homme d’affaires, enfoncé dans un fauteuil de cuir, a le regard qui s’assombrit quand il plonge dans ses souvenirs : « Imaginez le traumatisme : vous quittez le domicile maternel pour devenir, du jour au lendemain, un paria dans la famille de votre belle-mère. Vous vivez sous ses ordres. Vous devenez un domestique, un bon à rien. »
La tribu des Khasi, qui compte environ un million de membres dans l’Etat du Meghalaya, à l’est de l’Inde, est l’une des rares communautés du pays à respecter la tradition matrilinéaire. La plus jeune des filles hérite du patrimoine, la mère transmet son nom de famille à ses enfants et, enfin, le fils, une fois marié, doit partir habiter chez sa belle famille.
« C’est uniquement la mère ou la belle-mère qui s’occupe de son enfant. L’homme n’a même pas le droit de participer aux réunions de famille. Il a contre lui un clan : celui de sa femme, de sa belle-mère et de ses enfants. Alors, il ne lui reste plus qu’à jouer de la guitare, chanter, tomber dans l’alcoolisme et mourir jeune », conclut d’une voix grave Kaith Pariat.
Au Meghalaya, les hommes appartiendraient au sexe faible. D’où le combat que mène Kaith Pariat contre la toute-puissance des femmes grâce à l’Association pour la réforme de la structure familiale. Et son combat va même au-delà de l’égalité de sexes. « L’homme est doté d’un leadership naturel. Il doit protéger la femme, qui, en retour, doit le soutenir », affirme-t-il.
La tradition matrilinéaire remonte à des temps immémoriaux, au point d’être ancrée dans la structure même de la langue khasie. Le genre masculin est réservé aux objets inanimés, qui n’ont pas encore pris forme. Le bois découpé des arbres est masculin, tandis que celui transformé, sculpté, a droit au genre féminin.
D’après Valentina Pakyntein, anthropologue à l’université de Shillong - la capitale du Meghalaya -, le système matrilinéaire daterait d’avant l’institution du mariage, quand les Khasi avaient des partenaires sexuels multiples et qu’il était difficile de déterminer la paternité des nouveau-nés. Mais les membres de l’Association pour la réforme de la structure familiale penchent plutôt pour cette autre explication : leurs ancêtres partaient trop longtemps sur les champs de bataille pour pouvoir s’occuper de leur famille.
Les Khasi jouissent encore aujourd’hui de nombreux privilèges, en tant que tribu répertoriée par l’Inde, et leurs lois sont protégées par le Khasi Hills Autonomous District Council. Leur taux d’imposition est moins élevé, les terres situées dans les zones tribales leur sont préservées, et ils bénéficient de quotas à l’entrée des universités ou dans l’administration.
« Les hommes de la plaine, des étrangers peu scrupuleux, se marient avec les femmes khasies pour profiter de tous ces privilèges », s’agace Kaith Pariat. Autant de privilèges qui mettraient donc en péril la survie de la tribu. « Mais c’est, de toute façon, la femme qui transmet l’héritage et le nom de la famille, tempère Patricia Mukhim, la directrice du quotidien régional Shillong Times. Je crois plutôt que les hommes khasis se sentent diminués dans leur virilité en se comparant aux étrangers. C’est dommage, car c’est ce qui nous distingue des autres. »
A Shillong, les femmes s’habillent en jupe pour aller à la messe, portent du rouge à lèvres et conduisent, les vitres baissées, en écoutant du rock. Elles n’hésitent pas à revendiquer les plaisirs du célibat. Une exception, dans un pays où la pression du mariage est omniprésente, quelles que soient la couche sociale ou la génération à laquelle on appartient.
« Pourquoi s’embarrasser d’un mari ? J’ai déjà une famille et je veux consacrer mon temps à ma carrière professionnelle », explique Rosanna Lyngdoh, une femme de 38 ans qui vit avec sa grande famille dans une maison de 21 chambres.
En Inde, où 35 % des femmes sont victimes de violences domestiques, la condition des Khasi est-elle à envier ? « Au contraire. Parce que l’on appartient à une société matrilinéaire, les gens croient que l’on est privilégié. Mais c’est faux », répond Hasinah Kharbih, directrice de l’organisation non gouvernementale Impulse Network, qui ajoute que les décisions d’une Khasie doivent obtenir l’aval de son oncle maternel.
Le système matrilinéaire n’est pas à confondre avec le matriarcat et les femmes khasies n’ont jamais détenu le pouvoir. Les anciens rois de la tribu laissaient leurs trônes... au fils de leur soeur cadette.
Depuis l’indépendance de l’Etat du Meghalaya, en 1972, les ministres en chef ont tous été des hommes. Et les conseils de village comprennent peu de femmes. « Les dernières de la fratrie sont confinées à des rôles domestiques et condamnées à rester la maison », témoigne Hasinah Kharbih.
Mais Kaith Pariat, qui rêve justement de voir un jour les hommes khasis materner leurs enfants, n’est pas prêt à abandonner son combat. Il revendique 1 000 membres dans son association, dont beaucoup d’hommes influents, qui gardent l’anonymat par crainte d’être ostracisés par la société et par leur belle famille.
L’association compte même des femmes, dont la plupart sont des mères originaires du Bengale occidental, l’Etat voisin. « Elles redoutent de voir leurs fils céder à la tentation des femmes khasies, et de tomber sous leur emprise », explique ce militant de la cause masculine.