dimanche 27 novembre 2011

L'Italie vue par Paolo Pagnini


http://pphotographyb.blogspot.com/2011/05/amazing-landscape-photography-by-paolo.html

Paolo Pagnini, talentueux photographe italien de Livorno


Фотограф Paolo Pagnini)



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Olga Suvorova, in memories of.....


Olga Suvorova Olga Suvorova , artiste russe contemporaine, née en 1966 à Saint Petersbourg. Le père d'Olga, la mère et son mari sont aussi des artistes.

Olga Suvorova est né à Saint-Pétersbourg en 1966 et a étudié la composition monumentale à l'Institut célèbres Repin des Beaux-Arts à Saint-Pétersbourg. Elle a été influencée par ses parents, Igor et Natalya, les deux artistes très apprécié à Saint-Pétersbourg. D'autres influences incluent Gustav Klimt, Piero della Francesca, et traditionnelles icônes russes. Les talents Olga ont été récompensés par une exposition unique à l'Institut au printemps de 1990; en 1993, elle a reçu le premier prix pour son année.
Olga est diplômée de l'Ecole Ilya Repin en 1989 et a eu un one-woman show de 30 œuvres en 1990. Elle a également remporté le prix l'artiste Boris Eltsine lors d'une compétition de 3.000 artistes.
 
Olga peint des paysages, des représentations historiques et les femmes dans des scènes de jardin, souvent avec un chat ou d'autres animaux.

Son style peut être plus réaliste dans les représentations historiques, mais est fortement impressionniste, dans  d'autres. Elle expose régulièrement à Paris et à Londres. Ses œuvres sont dans des collections à travers le monde.




Annonciation


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Diseur de bonne aventure


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Bleu Arlequin


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En mémoire de Rembrandt


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Musique


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Pays de vacances


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Femme avec un chat


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“Ladoga lake”
“Flowers and a cat”
“Two cats”

“Friends”
“Carnival”
“Mother and daughter”

“Angel”

“Pierrot's dream”

“Annunciation”

“Music”
“Chess competition”

You are welcome to Elsinore.....

Mário Cesariny de Vasconcelos, né à Lisbonne, le 9 août 1923 et mort à Lisbonne, le 26 novembre 2006 est un peintre et poète, considéré comme le principal représentant du surréalisme portugais.



Fichier:Mario Cesariny.png


You are welcome to Elsinore
De nous aux mots il y a du métal en fusion
de nous aux mots il y a des hélices qui marchent
et peuvent nous donner la mort nous violer arracher
du plus profond de nous le plus utile des secrets
de nous aux mots il y a des profils embrasés
des étendues remplies de gens le dos tourné
de hautes fleurs vénéneuses des portes à ouvrir
et puis des escaliers et des poinçons et des enfants assis
qui attendent leur temps qui attendent leur précipice

Tout le long de la muraille que nous habitons
il y a des mots de vie il y a des mots de mort
il y a des mots immenses, qui sont en attente de nous
et d'autres, fragiles, qui ont renoncé à attendre
il y a des mots incendiés comme des barques
et il y a des mots hommes, des mots qui mettent en réserve
leur secret et leur position

De nous aux mots, très sourdement,
les mains et les murs d'Elseneur

Et il y a des mots et de nocturnes mots gémissements
des mots qui nous montent illisibles à la bouche
des mots diamants des mots jamais écrits
des mots qu'il est impossible d'écrire
puisque nous n'avons pas sur nous des cordes de violon
ni tout le sang du monde ni toute l'étreinte de l'air
et les bras des amants écrivent au plus haut
bien plus loin que l'azur où meurent oxydés
des mots maternels qui ne sont qu'ombre et sanglot
qui ne sont que spasmes et amour et solitude déchirée

de nous aux mots, les emmurés
et de nous aux mots, notre devoir parler

Mário Cesariny
 
 
********
 
you are welcome to elsinore Entre nós e as palavras há metal fundente
entre nós e as palavras há hélices que andam
e podem dar-nos morte violar-nos tirar
do mais fundo de nós o mais útil segredo
entre nós e as palavras há perfis ardentes
espaços cheios de gente de costas
altas flores venenosas portas por abrir
e escadas e ponteiros e crianças sentadas
à espera do seu tempo e do seu precipício

Ao longo da muralha que habitamos
há palavras de vida há palavras de morte
há palavras imensas, que esperam por nós
e outras, frágeis, que deixaram de esperar
há palavras acesas como barcos
e há palavras homens, palavras que guardam
o seu segredo e a sua posição

Entre nós e as palavras, surdamente,
as mãos e as paredes de Elsinor

E há palavras nocturnas palavras gemidos
palavras que nos sobem ilegíveis à boca
palavras diamantes palavras nunca escritas
palavras impossíveis de escrever
por não termos connosco cordas de violinos
nem todo o sangue do mundo nem todo o amplexo do ar
e os braços dos amantes escrevem muito alto
muito além do azul onde oxidados morrem
palavras maternais só sombra só soluço
só espasmos só amor só solidão desfeita

Entre nós e as palavras, os emparedados
e entre nós e as palavras, o nosso dever falar
Mário Cesariny

(de Pena Capital, 1957)
 
 
 
 
 
 
********************
 
you are welcome to elsinore
Between us and words there’s molten metal
between us and words there are spinning propellers
that can kill us ravish us wrench
from our inner depths the most worthwhile secret
between us and words there are burning profiles
spaces full of people with their backs turned
tall poisonous flowers closed doors
and stairs and ticking clocks and seated children
waiting for their time and their precipice

Along the walls in which we live
there are words of life words of death
there are vast words that wait for us
and other, fragile words that have stopped waiting
there are words lit up like boats
and there are words that are men, words that conceal
their secret and their position

Between us and words, without a sound,
the hands and walls of Elsinore

And there are words of night words that are moans
illegible words that rise to our lips
diamond words unwritten words
words that can’t be written
because here we don’t have any violin strings
we don’t have all the world’s blood or the air’s whole embrace
and the arms of lovers write high overhead
far beyond the blue where they rust and die
maternal words just shadow just sobbing
just spasms just love just solitude’s dissolution

Between us and words those who are walled in,
and between us and words our duty to speak
 
 
Mario Cesariny - Óleo sobre cartão

samedi 26 novembre 2011

Al Berto, l'âme du Portugal

Al Berto (Une découverte et j'en remercie Jean Marc)





Un des grands poètes portugais du XXe siècle (1948-1997), l'un des plus populaires aussi.

 
Né en 1948 à Coïmbra, sous le nom d’Alberto Pidwell Tavares, le poète a passé son enfance à Sines (Alentejo), ville qu’il a évoqué dans Mar de Ceva (1968). D’abord étudiant aux Beaux-Arts, Al Berto a quitté le Portugal pour la Belgique. Il n’est revenu à Lisbonne qu’en 1975, ville où il est mort 22 ans plus tard. Al Berto était poète, peintre, libraire, rédacteur littéraire, traducteur. Al Berto collabora à diverses revues et publia plusieurs recueils de poésie, influencés par Rimbaud et Genet, mais aussi par par les mouvements libertaires et par la génération beatnik américaine.




« Tandis que, dans une première phase, sa poésie descend aux enfers d´une jeunesse errante et marquée par un univers urbain souterrain, où l´excès s´exprime, par exemple, dans le champ d´expériences marginales, comme celle des drogues ou à travers un fort érotisme homosexuel, à partir des années 1980, apparaît toute la mélancolie nomade et désillusionnée de quelqu´un qui nous donne un témoignage confessionnel, une sorte d´autobiographie émotive d´un homme qui semble progressivement entrer dans un spleen fait d´ennui et de solitude, mais aussi d´un narcissisme blessé qui l´entraîne à s´enfermer dans un cocon, où il s’abrite du monde extérieur en ayant recours à une écriture sereine et contemplative. » (L’Institut Camõens)

« Al Berto, né en 1948, est une figure emblématique de la poésie portugaise contemporaine. Son œuvre s'affirme explicitement comme héritière du romantisme et du symbolisme. Un classique, en somme. » (L’Escampette)




« J’habite Lisbonne, comme si j'habitais à la fin du monde, quelque part où seraient réunis des vestiges de toute l'Europe. À chaque coin de rue, je trouve des morceaux d'autres villes, d'autres corps d'autres voyages. Ici, il est encore possible d'imaginer une histoire et de 1a vivre; ou de rester 1à, immobile, à regarder le fleuve, à feindre que le temps et l'Europe n'existent pas - et probablement Lisbonne non plus. » (l’auteur)

Son œuvre a été traduite en français par celui qui fut son ami,Michel Chandeigne et publié par les éditions L’Escampette.

Bibliographie en français

Le Livre des retours (L'Escampette, 2004)

Trois nouvelles de la mémoire des Indes (L’Escampette, 2001)

Jardin d’incendie ( L’Escampette, 2000)

Lumineux noyé (L’Escampette, 1998)

La secrète Vie des images (L’Escampette, 1996)

La Peur et les Signes (L’Escampette, 1993)

les bateaux sont la dernière image qui nous reste pour fuir
mais seules les paroles nous enivrent
ce sont les longues flammes qui dévorent les bateaux et la mémoire
où nous voyageons
nous oublions ce qu’on nous a enseigné
et si par hasard nous ouvrions les yeux
l’un vers l’autre
nous trouverions une autre immobilité un autre abîme
un autre corps raidi
palpitant dans l’imperceptible et nocturne blessure
*
je passe la nuit dans la vie précaire du feu
cette rumeur de mains qui effleure le corps
endormi dans la surface du miroir
je suis saisi du désir trouble de te réveiller
et de la peur de vouloir encore tout réinventer

c’est dans le silence
que je sais déjouer la mort
non
je ne m’accroche à rien
je reste suspendu à cette fin de siècle
je réapprends les jours pour l’éternité
parce que là où s’achève le corps doit commencer
une autre chose un autre corps
j’entends la rumeur du vent
va
mon âme va-t-en
là où tu voudras t’en aller
*
les mains pressentent la légèreté rougeoyante de la flamme
répètent des gestes semblables à des corolles de fleurs
des vols d’oiseau blessé dans le clapotis de l’aube
ou restent ainsi bleues
brûlées par l’âge séculaire de cette lumière
échouée comme un bateau aux confins du regard
tu lèves de nouveau ces mains lasses et sages
tu touches le vide de nombreux jours sans désir et
l’amertume humide des nuits et tant d’ignorance
tant d’or rêvé sur la peau tant de ténèbres
presque rien
CARTE GÉOGRAPHIQUE
tu ouvres la carte de l’europe et
tu indiques l’endroit perdu près de la mer – le soleil
foudroie la bécassine et le lait sage des mères
a caillé en un goût de plancton et d’humus
dans la jardinière de la fenêtre tournée vers la mer
ont séché les giroflées des navigateurs et un chardon jaune
a surgi hirsute et ferme – le temps pluvieux
se répand dans les ruelles en s’insinuant dans l’âme
un gros crachin de houle – l’europe s’éloigne
avec ses désillusions au son des tambours d’eau


by ~tiagojsilva

tu te rappelles ainsi la nuit échouée au seuil des grands froids
le corps carbonisé qui a perdu sa nationalité
les villes sans nom l’accident l’autoroute
le message laissé au café la bière renversée
l’alarme de la nuit la fuite
la terre des glaces éternelles le voyage sans fin le couteau
contre la gorge et les trains et le pont reliant
les ténèbres aux ténèbres
un pays à un autre pays – où nous avons dit des choses qui tuent
et laissent des traces d’acier dans les paupières
mais
dans la fatigue du voyage du retour dans le découragement général
la carte de l’europe est restée ouverte à l’endroit
où tu as disparu
j’entends l’atlantique hurler d’abandon
tandis que mes doigts se fatiguent peu à peu
en écrivant lentement un journal – ensuite
je ferme la carte et je m’en vais
dans la cruauté de cette décennie sans passion
Al Berto